Le Consentement. V. Springora

Le consentement

Le premier livre de Vanessa Springora vient de paraître en poche après un succès retentissant. Ce récit bouleversant retrace les mécanismes d’une relation sous emprise qui a débuté trente ans auparavant. Vanessa a quatorze ans lorsqu’elle tombe amoureuse d’un célèbre écrivain français quinquagénaire, pédophile et éphébophile ; Gabriel Matzneff. En 1985, Vanessa grandit, sans son père, aux côtés d’une mère qui évolue dans un microcosme littéraire parisien. La jeune fille est précoce, à la fois mature et naïve. Séduite par l’écrivain, elle se lance à corps perdu dans une relation qu’elle suppose sublime. Ni ses parents divorcés, ni les plaintes anonymes déposées à la police n’arriveront à la protéger de ce prédateur qui a laissé une empreinte indélébile dans sa vie de femme. Sans jamais le nommer, elle décrit ce séducteur, manipulateur et menteur qui n’avait aucun scrupule à coucher sur le papier ses relations pédophiles (« Les moins de seize ans » …). Au moment où leur relation se dégrade, Vanessa le quitte, déprime, rate de justesse ses études. L’emprise physique devient, alors, psychologique lorsque Matzneff la harcèle, la poursuit, lui écrit des lettres d’amour…Ce livre d’introspection permet de lever le voile sur le tabou d’une société permissive, à une époque de déni, et de nous interpeller à propos de l’âge du consentement. Excellent moment de lecture. Grand Prix des Lectrices du « Elle » 2020. Prix Jean-Jacques Rousseau 2020. 

L’inconnu de la poste. F. Aubenas

Les faits-divers passionnent le public depuis longtemps. Après quelques films, séries et romans reprenant des affaires célèbres, Florence Aubenas a choisi de s’emparer du mystère de « l’inconnu de la poste ». Le 19 décembre 2008, la postière de Montréal-la-Cluse, Catherine Burgod, ouvre son agence. A 8h37, Catherine se prépare un café et envoie un sms à une amie. A 9h05, deux clients entrent dans la poste et la découvrent assassinée, poignardée, baignant dans une marre de sang. Catherine Burgod avait 41 ans, mère d’une petite fille et enceinte de 5 mois. Que s’est-il passé ? Qui a commis ce crime atroce ? Consciencieusement, Florence Aubenas retrace l’enquête en n’omettant aucun détail. Rapidement, l’ex-mari de la postière est soupçonné ainsi qu’un acteur marginal du cinéma français, Gérald Thomassin, qui devient le suspect numéro un. Meilleur espoir masculin pour son rôle dans le film de Jacques Doillon « Le petit criminel », l’acteur venait d’emménager juste en face du bureau de poste et passait ses journées à boire et se droguer au Subutex. Incarcéré pendant deux ans, puis relâché faute de preuves, l’acteur est finalement mis hors de cause. Dix ans après les faits, le nom d’un nouveau suspect apparaît soudainement dans le dossier. La veille du procès d’assises, Florence Aubenas a rendez-vous avec Gérald Thomassin mais celui-ci disparaît mystérieusement dans la région de Nantes. Florence Aubenas nous offre, ici, le portrait d’une France rurale, une vallée d’usines de plastique peuplée de désœuvrés. Grâce à son style littéraire, la journaliste nous embarque totalement en maintenant le suspense dans son récit. Au fil des pages, la lectrice retrouve tous les ingrédients d’un bon polar : un crime, un décor, des personnages et de multiples rebondissements. Excellent moment de lecture.

Le Licencié de verre. Cervantès

Variations autour du licencie de verre de cervantes

L’œuvre de Cervantès se résume souvent à « Don Quichotte ». Les variations autour du « Licencié de verre » nous font découvrir une des « Nouvelles exemplaires » de l’illustre auteur espagnol. En première partie de l’ouvrage, Jean-Michel Wissmer (essayiste, romancier, dramaturge et hispaniste) propose une analyse afin de nous éclairer sur les enjeux du texte par rapport au Siècle d’or espagnol, la vie et l’œuvre de Cervantès. Au centre du livre, « Le Licencié de verre » se définit comme un voyage passionnant à travers l’Empire espagnol qui s’étend du côté de l’Espagne, de l’Italie, des Flandres et du monde arabe. Le personnage principal, Thomas, est un héros malheureux, empoisonné par un philtre d’amour qui lui donne la folle sensation d’être un homme de verre. Sur son chemin, il va répondre aux questions de nombreux personnages sous forme de paradoxes, paraboles et quelques aphorismes. A la fin de l’ouvrage, Jean-Michel Wissmer propose une pièce de théâtre aux accents carnavalesques qui apporte une touche contemporaine à cette nouvelle inédite. Finalement, ce triptyque érudit nous parle avec lucidité de notre humanité. Bon moment de lecture. Editions Métropolis. Sortie le 11 mars 2021.

Ceci est notre post-partum. I. Weizman

Ceci est notre post-partum

Vous êtes maman ? Comment s’est passé votre accouchement ? En février 2020, Illana Weizman a lancé #MonPostPartum avec trois militantes féministes pour, enfin, dénoncer les souffrances psychiques et physiques des jeunes mères. Aujourd’hui, elle publie cet essai, rédigé en écriture inclusive, afin de défaire les mythes et les tabous de notre société, aider les femmes à mieux vivre la période du post-partum. J’ai, moi même, connu une dépression sévère à la naissance de mon fils et ce sujet me tient tellement à cœur que j’espère bientôt publier un témoignage. Soulignons que 20% des mères souffrent d’une dépression après l’accouchement et que la majorité de ces femmes sont complètement démunies face à la souffrance. Le problème réside notamment dans le manque d’informations et de préparation des futures mères mais aussi d’un suivi médical insuffisant, en France. Illana Weizman a totalement raison de vouloir lever un tabou. Espérons qu’elle soit entendue malgré le ton ultra féministe de son essai qui finalement peut desservir cette cause. Ecrire que nous sommes, nous les mères, « de petites soldates de la domination masculine » est, selon moi, trop radical. Au fil des pages, Illana Weizman ne cesse de rendre des comptes aux femmes qui ne sont pas de son avis et justifie leurs propos par le fait qu’elles sont assujetties, victimes de la force manipulatrice masculine. N’est-ce pas réducteur pour toutes les femmes ? Ne faut-il pas s’entraider au lieu de s’entre-dévorer ? Ce qu’il faut retenir de cet essai c’est l’appel à ne plus se taire, à appeler à l’aide si vous souffrez après la naissance de votre enfant. Malheureusement, ce ne sont pas seulement les hommes qu’il faut blâmer mais tous les acteurs et maillons de notre société individualiste :  votre mari, vos parents, vos amis, vos sœurs, vos médecins, votre employeur, nos institutions….Heureusement, Illana Weizman termine son essai en nous proposant des pistes politiques qui permettraient de soutenir les mères au cours de cette période si sensible du post-partum. Ensemble, donnons-nous la main pour lever, enfin, le voile sur la part sombre de la maternité.

La familia grande C. Kouchner

La familia grande - Couverture - Format classique

Après un long silence, Camille Kouchner publie ce récit afin de livrer un terrible secret familial : l’inceste. A l’origine, la vie était belle pour les membres de la famille Kouchner. Camille a un frère jumeau, Victor, et un grand frère Colin. Leurs parents divorcent mais, malgré la tristesse, la vie continue. Les enfants aiment se retrouver dans l’appartement de leur mère, Evelyne Pisier, et chez leur père, Bernard Kouchner. Les vacances d’été se déroulent désormais à Sanary dans la propriété du nouveau beau-père, un homme solaire, intelligent, charmeur. Camille et ses frères sont à nouveau heureux près de ce politologue réputé, Olivier Duhamel. Tout le monde aime se rassembler sous le soleil de ce paradis : « la familia grande ». Puis, c’est le coup de tonnerre. Le monde de Camille s’écroule à l’adolescence : Victor lui confie que, certains soirs, le beau père vient le rejoindre dans son lit. Camille comprend que quelque chose de grave se joue et en même temps elle ne sait pas exactement de quoi il est question. Victor lui demande, à la fois, de se taire et de l’aider. Que faire ? Camille choisit le silence pour ne pas trahir son frère jumeau. Pourtant, plus le temps passe, plus ce silence pèse sur les deux adolescents qui subissent également les suicides successifs de leurs grands parents. En 2008, Camille et Victor décident de tout raconter à leur mère. Sous emprise et malheureuse, celle-ci commence par nier la gravité des faits puis accuse ses enfants de l’avoir trompée. La naissance du premier enfant de Camille provoque un déclic. Elle décide de se délivrer, de libérer la parole pour les siens en publiant ce récit bouleversant de sincérité qui est également un cri d’amour pour sa mère décédée. Sans jamais nommer son beau-père, l’auteure y décrit méticuleusement les mécanismes de l’emprise, la souffrance, la culpabilité qui pèse et l’abandon progressif de sa mère. Excellent moment de lecture.

Souvenirs d’une morte vivante. V. Brocher

Voici le journal intime de Victorine Brocher, ambulancière et combattante sous la commune (1871), à Paris. Cette sacrée bonne femme témoigne de ce qu’elle a vécu entre 1848 et 1872. Jeune fille, Victorine habitait avec ses parents dans le quartier des Halles. Son père faisait partie de la Garde nationale et de plusieurs comités. La vie familiale militante est agitée, la situation à Paris dégénère, c’est la déchéance de Louis Philippe qui part en exil à Bruxelles. La Révolution gronde en 1848 mais Victorine survit, fonde une famille et note chaque évènement qui mène la République à la Commune et ses atrocités. Ce document est également le journal d’une femme du peuple qui raconte son quotidien, la perte de ses enfants en bas âge dans un Paris insalubre et affamé. Condamnée à mort, en 1871, elle échappera de justesse à la sentence. Victorine confie ses espoirs, ses amours, les privations, la Semaine sanglante…elle retrace ses luttes pour défendre la République en rendant un vibrant hommage aux parisiens qui ont contribué à la marche du progrès pour un meilleur avenir ; notre présent.

Le territoire du vide. A. Corbin

Le territoire du vide

Alain Corbin est un spécialiste de l’histoire des sens. Dans ce document, il nous parle de la naissance des plages au XVIIIème siècle ; un nouveau territoire. Pour débuter, l’auteur nous explique ce que représente l’océan dans l’inconscient collectif et pourquoi l’homme a longtemps ignoré les plaisirs de la villégiature maritime. Au XVIIIème siècle naît le désir de rivage en Europe du nord, spécifiquement à travers la beauté des paysages hollandais. En dehors des considérations religieuses, des médecins britanniques s’intéressent aux propriétés thérapeutiques de l’eau de mer ; la nature comme remède. D’autre part, les premiers voyages en Italie, dans la baie de Naples, éveillent les sens, conforte l’élite dans sa maîtrise de la nature, des flots. Un public de connaisseurs de peinture des paysages s’agrandit et les premiers guides touristiques apparaissent ; le dessin d’un nouveau plaisir. Le XVIIIème siècle se caractérise par une certaine mélancolie et le fameux spleen. Dès lors, les curistes se ruent sur les rivages d’Angleterre et d’Allemagne, encouragés par les médecins et les hygiénistes. L’invention de la plage accompagne les vertus de l’eau de mer et de l’air pur. Malgré la mode balnéaire, peu de gens savent nager et les femmes craignent le viol oculaire en se cachant au fond des cabines de bain. Parallèlement, les costumes de bain évoluent au fil du temps : chemises, pantalons, peignoirs, jupons, tricots…et finalement, toutes les catégories sociales se confondent au milieu des vagues. Le XIXème siècle marque la naissance des stations balnéaires, notamment en France, et d’un spectacle social. Considéré comme un classique, ce document assez pointu, renseigne à propos des représentations de la mer et du rivage en faisant référence aux mythes antiques.

Terra Incognita. A. Corbin

Terra incognita : une histoire de l'ignorance XVIIIe-XIXe siècle

Dans cet essai, Alain Corbin retrace l’histoire de l’ignorance des hommes autour des questions scientifiques. Au XIXème siècle, par exemple, les fonds marins étaient encore silencieux, mystérieux et dangereux. Heureusement, les abysses sous-marines stimulaient le rêve et la littérature (Jules Verne, Victor Hugo…). Pour bien comprendre notre passé, il faut comprendre l’état de l’ignorance de nos ancêtres et des savants. Longtemps, les événements météorologiques sont restés énigmatiques. Un ouragan, l’explosion d’un volcan ou un tremblement de terre signifiaient un signe de Dieu. Avant l’ascension du Mont Blanc, les montagnes représentaient principalement des obstacles et personne n’est allé aux pôles ou a atteint la stratosphère avant le 20ème siècle. Le savoir évolue dans le temps grâce aux découvertes. Aujourd’hui, nous sommes loin de tout connaître. L’émergence de la Covid-19 n’est-elle pas la meilleure preuve de cette ignorance ? Historien du sensible, Alain Corbin nous renseigne, ici, à propos de différentes questions scientifiques comme l’importance des pôles qui s’impose dans cet essai savant. Bon moment de lecture.

Le détail du monde. R. Bertrand

Pendant le confinement, nous avons assisté à l’éclosion d’un printemps singulier où la nature a repris ses quartiers : le chant des oiseaux à la place des voitures, la dissipation de la pollution au-dessus de nos villes, l’éclatante floraison des arbres et des fleurs au grand bonheur des abeilles…un émerveillement qui a ravivé notre besoin de nous reconnecter à un environnement malmené. Trop souvent inattentifs au monde, nous avons oublié les mots pour décrire une simple fleur, un oiseau, un paysage. Dans cet essai, Romain Bertrand évoque notre rapport à la nature, cette méconnaissance et cette incapacité à détailler le monde tout en dressant la chronique de son oubli. L’auteur revient sur le parcours des naturalistes, formidables portraitistes et philosophes, soucieux de bien décrire le monde afin d’en prendre soin, même si ces passionnés ont finalement basculé de la contemplation à la mise à mort. Car à l’époque de Charles Darwin et Alfred Russel Wallace, les érudits rêvaient aussi le monde entre quatre murs décorés de trophées : animaux empaillés, collections de papillons épinglés… Romain Bertrand dénonce ici le paradoxe de ces pionniers habités à la fois par le désir insensé d’inventorier la nature et de se l’approprier ; l’amour apache. Dans un style poétique, l’auteur explore le territoire de l’histoire naturelle au temps de Goethe et Humboldt lorsque les sciences se combinaient à la poésie, la peinture et la littérature ; une littérature abondante dans laquelle l’homme ne prenait pas le dessus car tout comptait infiniment (« Les voyages de Gulliver » de Jonathan Swift, « Robinson Crusoé » de Daniel Defoe…). Plus tard, Francis Ponge exprime à travers ses poèmes, son incapacité à rester dans le ton et la texture du monde. Captivé par son sujet, Romain Bertrand nous fait voyager dans le temps et dans de lointaines contrées en ravivant des sensations bucoliques. Au fil des pages, l’auteur nous incite à renouer le dialogue avec la nature. Bon moment de lecture.

Mon premier jeûne en pratique. N. Sacreste

Mon premier jeûne en pratique - Nathalie Sacreste - Leduc.s Pratique

Notre corps est une fabuleuse machine qui peut facilement se détraquer. Nathalie Sacreste est une diététicienne-naturopathe qui livre, ici, sa méthode afin de jeûner intelligemment. Réflexe ancestral, le jeûne thérapeutique permet de nous auto-guérir en remettant les compteurs de notre métabolisme à zéro. Sur base d’études cliniques et différents ouvrages médicaux, la naturopathe nous donne 15 bonnes raisons de jeûner grâce à différents programmes : 16 heures, 24 heures ou quelques jours. Enfin, des recettes saines, pour mieux s’alimenter, viennent compléter ce guide salutaire.

La mer. Dr. D. Cracknell

Si vous passez vos vacances au bord de la mer, vous devinez à quel point le littoral vous fait du bien. L’auteure de ce joli livre bleu a grandi en Angleterre dans la ville côtière de Plymouth. Spécialisée en biologie marine et microbiologie, Deborah Cracknell a longtemps travaillé dans un aquarium où elle a pu observer les multiples bienfaits de l’univers marin sur les visiteurs. Dans son ouvrage illustré, l’auteure s’appuie notamment sur des études internationales pour révéler le rôle réparateur des océans sur notre santé. En nous invitant à optimiser ces effets bénéfiques, grâce à nos sens, la biologiste encourage à protéger les océans sur le long terme. Moment de lecture salutaire.

Éloge de la faiblesse. A. Jollien

Éloge de la faiblesse par Jollien

Alexandre Jollien est un philosophe, né handicapé en 1975. Sous forme de dialogues avec Socrate, ce récit philosophique (publié en 1999) retrace son douloureux cheminement : de sa naissance à ses années de pensionnaire au sein d’un centre spécialisé pour infirmes moteurs et cérébraux. Loin de sa famille, Alexandre Jollien décrit sa vie en communauté, entouré de camarades handicapés et d’éducateurs. Curieux, philosophe et perspicace, il s’interroge à propos de la normalité et démontre comment il a transformé sa « faiblesse » en force. Au fil des pages, Alexandre Jollien nous dévoile, avec humour et intelligence, sa joie d’évoluer malgré les obstacles. Prix Mottart. Prix Montyon de l’Académie française. Bon moment de lecture.

 

Sauvons les oiseaux ! D. Boone

Danièle Boone - Sauvons les oiseaux ! - 10 actions pour (ré)agir !.

Ce petit livre, publié avec le soutien de la Ligue pour la Protection des Oiseaux, nous propose dix actions pour réagir face à la diminution des populations de volatiles : préserver les haies, installer des mangeoires, mettre de l’eau à disposition, bannir les pesticides… à la campagne comme en ville. D’après les scientifiques, l’état des lieux est alarmant. En cause : le réchauffement climatique et l’émergence de nouveaux virus, l’utilisation intensive de pesticides, la multiplication des chats domestiques, le manque de refuges… Engagée dans la défense de la nature, Danièle Boone tire le signal d’alarme et nous invite à participer au sauvetage de nos oiseaux. Nous pouvons tous y contribuer en nous rapprochant des associations et en agissant concrètement pour respecter la faune de notre région.

Flamboyant Second Empire ! X. Mauduit et C. Ergasse

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La France est entrée dans la modernité entre 1852 et 1870, sous le Second Empire et grâce à Napoléon III, longtemps décrié par Victor Hugo ou Emile Zola. Homme complexe et visionnaire, l’empereur a cherché à améliorer la vie de ses concitoyens et à réduire la misère. Sous son impulsion, le Baron Haussmann transforme Paris, le chemin de fer se développe, le niveau de vie des français s’accroît, les femmes accèdent à l’enseignement supérieur, la révolution industrielle est en marche et les sciences évoluent. Sous Napoléon III, les inventions pullulent, l’art foisonne, les affaires et les fortunes se développent. L’impératrice Eugénie contribue également au rayonnement de la France grâce à la mode et aux fêtes impériales. Le patrimoine culturel français provient de cette période singulière, inspirante pour les peintres, architectes ou écrivains. D’ailleurs, l’empreinte de cette ère créative est encore visible aujourd’hui partout en France. Une époque flamboyante à redécouvrir grâce à ce livre écarlate, bourré d’humour. Bon moment de lecture.

L’empreinte. A. Marzano-Lesnevich

Couverture L'Empreinte

Alexandria Marzano-Lesnevich, étudiante en droit à Harvard, raconte comment ses convictions vacillent le jour où elle se retrouve confrontée au cas d’un pédophile, condamné à mort : Ricky Langley a assassiné un garçon de six ans dont le t-shirt est maculé de sperme. La jeune étudiante en droit analyse cette affaire qui vient la confronter inopinément à sa propre histoire : durant l’enfance, son grand-père a abusé d’elle et de sa petite sœur. Ce qui captive, dans ce récit singulier, c’est tout d’abord l’angle choisi par l’auteure pour retracer l’affaire criminelle. Dans sa longue et minutieuse enquête, son propre récit croise et entrecroise celui du meurtrier en nous interpellant sur des questions fondamentales : un avocat peut-il rester impartial ? Une enfance douloureuse peut-elle « excuser » un crime ? L’enfance nous détermine -t-elle inexorablement ? En s’appuyant sur des archives judiciaires, articles de journaux, reportages télévisés, et même une pièce de théâtre, l’auteure façonne sa narration et tente de rester au plus près de la réalité. La lectrice est impressionnée par le style, l’intelligence et la maîtrise de l’auteure. Ce récit auto-biographique est un témoignage bouleversant, empreint de violence, de secrets de famille et de mensonges. Prix du Livre Etranger JDD/France Inter. Excellent moment de lecture.

Vital ! Dr. F. Saldmann

Couverture

Voici un recueil de bons conseils pour optimiser votre santé. Le docteur Saldmann publie un nouveau livre ; lui qui est passé maître dans l’art de vulgariser la médecine. Avec humour, il nous parle d’hygiène : laver son corps, sa bouche, ses ongles et son anus ! En s’appuyant sur des études scientifiques, il explique comment la saleté nous empoisonne et pourquoi la poussière fait grossir. Le mental et le physique étant étroitement liés, Frédéric Saldmann nous invite à vieillir jeune en adoptant un nouveau mode de vie. Après quarante ans, diminuons nos portions alimentaires, pratiquons un sport et le twist pour éviter la constipation ! Savez-vous à quel point la lumière est précieuse pour le bon fonctionnement de votre métabolisme ? L’importance du sommeil, de l’alimentation et du sexe sont des sujets abordés sans complexe. D’après l’auteur, le bonheur soigne alors arrêtons de nous faire du mauvais sang, de mentir ou de subir à longueur de journée ; câlinons-nous. En refermant cette bible, il reste à appliquer ces grands principes au quotidien afin de renforcer notre capital santé, c’est vital !

Dictionnaire du Bassin d’Arcachon. O. de Marliave

Olivier de Marliave - Dictionnaire du bassin d'Arcachon.

Vous aimez la baie d’Arcachon ? Savez-vous ce qu’est un gaillet ? L’oyat ? Connaissez-vous les origines de la dune du Pilat ? Ce dictionnaire illustré nous renseigne sur l’histoire, les traditions, la faune et la flore de cette magnifique région du Sud Ouest de la France. Olivier de Marliave, son auteur, nous fait découvrir ceux qui ont fait la renommée du Bassin d’Arcachon : les frères Pereire, Xavier Mouls, Sophie Wallerstein… et, avant eux, les hommes à l’origine de la pisciculture, l’ostréiculture, la sylviculture…Grâce à ce livre passionnant, nous découvrons aussi l’hydraulique, les techniques de pêche et les activités nautiques du bassin ; un milieu sauvage et dangereux pour les marins au niveau des passes. Cet ouvrage captivant est indispensable à ceux qui souhaitent s’informer à propos de ce lieu de villégiature paradisiaque.

Porsche. Un art de vivre. T. Cortesi – M. Levivier

Porsche, un art de vivre

Aimez-vous les belles voitures ? Si la réponse est positive, vous prendrez du plaisir à feuilleter ce magnifique ouvrage, l’album de la grande famille des passionnés de l’univers Porsche. À travers ce livre grand format, à la couverture patinée, la lectrice découvre les témoignages de ceux qui font revivre des modèles devenus iconiques : Dominique raconte la restauration de sa Porsche 356 SC, Peter retrace la création de la marque « Lightspeed Classic », Régis cultive sa passion de collectionneur et dévoile sa 718 RSK Spyder de 1959…Chacun y détaille les performances techniques et mécaniques de son modèle préféré. Le journaliste Michaël Levivier (Moto Journal) collabore, ici, avec le photographe Thomas Cortesi pour nous faire rêver….en attendant la Porsche 100% électrique. Un livre à glisser sous le sapin…

Les émotions cachées des plantes. D. Van Cauwelaert

Les émotions cachées des plantes

Récemment, un garde forestier allemand, Peter Wohlleben, a dévoilé la part cachée des forêts dans son best-seller : « La vie secrète des arbres. » Didier Van Cauwelaert, fils d’une horticultrice et Prix Goncourt (1994), nous propose de découvrir les émotions des plantes. Après la lecture de son livre, vous ne regarderez plus votre plante verte de la même manière (et elle non plus). D’après les chercheurs, les plantes sont sensibles, capables d’émotions. Preuves à l’appui, l’auteur vulgarise toutes sortes de données scientifiques impressionnantes pour mieux nous renseigner sur le sujet. Ainsi, une plante serait capable de modifier sa structure, sa composition chimique et son apparence en vue de se défendre ou de séduire. D’après la revue « Science », le mécanisme de communication des végétaux s’apparente à notre système nerveux. Pour s’exprimer, les plantes disposeraient de différents niveaux de langage : odeurs, couleurs, molécules volatiles, signaux chimiques, signaux écho-acoustiques…Le chapitre consacré à l’influence de la musique sur les plantes est passionnant. D’après les chercheurs, la musique classique stimule non seulement la croissance mais aussi la résistance et la floraison de plantes qui réagissent aux vibrations. À l’heure où l’homme paie cher les dégâts causés par les pesticides, il est question de développer des engrais sonores ; mélodies thérapeutiques. Dans ce formidable plaidoyer pour le règne végétal, Didier Van Cauwelaert propose de restaurer une certaine harmonie, de bousculer nos repères et de cesser de trahir le règne végétal avant qu’il ne se retourne contre nous en nous privant d’oxygène. Bon moment de lecture. 

L’échange des princesses. C. Thomas

L'échange des princesses par Thomas

Chantal Thomas nous propose un livre qui s’apparente à un document et non pas à un roman. En s’appuyant sur de nombreuses archives et correspondances, la romancière nous raconte le véritable échange qui s’est déroulé, en 1722, entre les royaumes de France et d’Espagne. Conformément à une stratégie politique, la princesse de Montpensier se fiance, à douze ans, à Don Luis (futur roi d’Espagne) et l’infante d’Espagne, âgée de quatre ans seulement, est promise à Louis XV. Grâce à une profusion de détails et anecdotes, Chantal Thomas fait revivre ce chassé-croisé, tombé dans l’oubli. Le début du livre captive la lectrice, le récit historique est romancé à souhait et l’enfance sous la royauté est un thème passionnant. Pourtant, au fil des pages, l’auteure reproduit trop de documents illisibles qui finissent par hacher la lecture. « L’échange des princesses » a été adapté au cinéma, par Marc Dugain, en 2017.

Brasseries de Flandre. M-H Chaplain et S. Dhote

Les deux auteurs de ce livre illustré nous invitent à retracer la longue histoire de la bière depuis la Flandre française ; de la plaine maritime aux Trois-Monts. Terre natale de Marguerite Yourcenar, la Flandre est un pays de brasseurs qui cultivent l’orge et le houblon (la vigne du Nord) depuis des siècles, sous la protection de Saint-Arnould. Bière blanche, blonde, brune, rousse, aromatisée…nous découvrons, ici, une palette de goûts et de techniques ancestrales. Le chapitre consacré à la publicité et au graphisme des marques passionne et réveille le souvenir de soucoupes-éponges (sous-bocks en carton) devenues « vintage ». Les deux guerres mondiales ont participé au déclin de l’industrie brassicole. Pourtant, quelques familles représentent l’exception, à l’image de la brasserie « Ricour ». Aujourd’hui, grâce au renouveau des bières artisanales, l’activité reprend forme avec plus de 30 litres consommés par français et par an. Véritable patrimoine de la Flandre, la bière fait surtout partie d’un folklore à découvrir gaiement au fil des pages de ce livre-hommage.

Les jardins parisiens d’Alphand. S. Depondt, B. Leclerc, E. Burie

Paris est une ville magique ; une ville promenade où il est agréable de flâner dans les  allées des jardins publics au mobilier iconique. C’est l’ingénieur Jean-Charles Adolphe Alphand (1817-1891) qui est à l’origine de ces belles réalisations et aménagements sous le baron Haussmann :  le Bois de Boulogne, le Bois de Vincennes, le parc des Buttes-Chaumont, le parc Montsouris…Acteur essentiel de l’histoire de l’urbanisme de Paris, Alphand a contribué à faire entrer la nature dans la ville en réinventant le paysage urbain pour transformer la ville lumière en ville verte.  Plus de 127 ans après sa mort, l’héritage d’Alphand nous inspire pour le futur « Grand Paris »  car les parcs publics répondent toujours à un intense besoin de nature. Dans la même veine qu’Alphand, il convient désormais d’articuler les territoires, réinventer un espace public à partager pour assurer l’avenir d’une ville « durable ». Les trois auteurs de ce livre, magnifiquement illustré, se penchent judicieusement sur le parcours et l’oeuvre d’Alphand en s’interrogeant sur son influence à l’ère métropolitaine.

La beauté naturelle. Goop

Beauté naturelle par Goop

Préfacé par l’actrice Gwyneth Paltrow, ce livre a pour objet la beauté naturelle ou comment se nourrir, se maquiller, se coiffer et se laver sainement. « Goop » est une marque américaine (Los Angeles), créée et dirigée par cette ravissante actrice depuis 2008. La marque « trendy » rassemble, dans ce manuel illustré, de nombreux avis d’experts à propos d’un mode de vie plus intelligent et plus respectueux. Les recettes, les conseils et les gestes de beauté sont simples et incitent à une véritable prise de conscience. Au-delà d’une mode, cette philosophie de vie peut nous aider à vivre mieux tout en nous protégeant des effets néfastes de la pollution et du stress. Un joli traité de la beauté qui vient de l’autre côté de l’Atlantique.

C’est moi qui l’ai écrit! L. Ortegat

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J’ai rencontré Laurence Ortegat dans le cadre du concours « Fintro, écritures noires » de Bruxelles. En tant que finaliste du concours, j’ai pu bénéficier des précieux conseils de ce coach d’auteurs belge. Ecrire un livre est un grand projet et, parfois, l’auteur néglige ses droits. Heureusement, Laurence connaît parfaitement les rouages du milieu de l’édition en France et en Belgique. Fondatrice de « la Compagnie de Lecteurs et Auteurs », elle accompagne le futur écrivain, offre son regard sur le texte et donne des pistes pour l’améliorer;  des conseils adaptés à chaque projet. Dans son livre, Laurence livre sa méthode des « 6R » pour aller jusqu’au bout d’un projet d’écriture en détaillant les différentes étapes de la chaîne du livre: de l’auteur au lecteur. Une approche avisée à consulter si, vous aussi, vous rêvez d’écrire un livre.

Yoga Cook Book. G. Bardel

Vous pratiquez le yoga? Comme vous le savez, cette discipline apaise le mental en unissant le corps, le souffle et l’esprit. Mais pourquoi ne pas aller plus loin, dans votre pratique, pour mieux goûter la vie? Garlone Bardel s’est inspirée de textes anciens avant de publier ce livre aux 108 recettes basées sur les principes de l’alimentation yogique, une nourriture riche en prana (l’énergie vitale). Loin des modes fantaisistes, l’auteure allie nos habitudes occidentales, le yoga et l’Ayurvéda pour nous inciter à consommer des ingrédients sattviques : fruits biologiques, légumes biologiques, lait, beurre, céréales, légumineuses, oléagineux, miel, eau, tisane…En collaboration avec une naturopathe, Garlone Bardel envisage des perspectives respectueuses de notre planète : acheter différemment, privilégier les circuits courts et le végétarisme en mangeant local et sain. De l’aube au crépuscule, diverses pratiques de yoga sont présentées avec des recettes faciles, sans viande ni poisson, pour nous offrir de nouvelles opportunités culinaires. Délicieux moment de lecture.

Gratitude. Journal IX. C. Juliet

Le neuvième journal de Charles Juliet couvre la période 2004-2008. La lectrice y découvre les notes et observations d’un homme curieux, soucieux de lutter contre l’oubli et le temps qui passe. Obsédé par la perte de sa mère, alors qu’il était enfant, Charles Juliet partage, ici, d’autres témoignages bouleversants mais aussi des rencontres et de nombreux souvenirs. Lucide, l’écrivain dévoile la part d’ombre de la nature humaine tout en manifestant son empathie et sa compassion. Ce récit autobiographique, dense, nous révèle la personnalité d’un homme humble et sincère qui manifeste sa gratitude pour la vie. Bon moment de lecture.

 

Les bouées jaunes. S. Toubiana

Les bouées jaunes par Toubiana

Dans ce récit poignant, Serge Toubiana témoigne de son chagrin, celui d’un homme qui a perdu la femme de sa vie. Président d’UniFrance et critique de cinéma, il décrit le bonheur d’avoir partagé la vie d’Emmanuèle Bernheim, la romancière française. Dès la première page, l’homme revoit sa femme nager avec vitalité, au large du golfe du Morbihan, longeant la ligne de bouées jaunes. Avec pudeur, il nous raconte leur histoire d’amour, repasse le film du quotidien dans la ville lumière et dans « la maison du bonheur » sur l’île aux Moines. Au cœur de l’intime, un homme nous parle du mystère de la femme aimée mais, aussi, de ses blessures secrètes. Avec une précision excessive, il rapporte les derniers instants d’Emmanuèle comme pour ne rien omettre. Avide de sincérité, Serge Toubiana expose un monde privilégié qui peut agacer. Malgré elle, la lectrice se retrouve dans la chambre 25 de l’hôpital Bichat où défile, désolé, le gratin du cinéma français. Alors, la lectrice referme le livre, les larmes aux yeux, en se souvenant que l’unique richesse est celle d’aimer et d’être aimé. Bon moment de lecture.

 

L’amour après. M. Loridan-Ivens

L'amour après par Loridan-Ivens

A quatre-vingt-neuf ans, Marceline Loridan-Ivens poursuit son oeuvre de mémoire en racontant son retour à la vie après l’enfer des camps. Dans cet essai émouvant, elle s’interroge sur l’amour, le désir et la liberté en compagnie de Judith Perrignon (journaliste et romancière). Marquée par l’empreinte de la mort, Marceline Loridan-Ivens a lutté pour sa dignité après avoir tant souffert aux côtés de Simone Veil et d’autres camarades. Mais quel était le sens du mot « amour » après les camps? En retrouvant une valise pleine de correspondances, Marceline Loridan-Ivens se remémore ses nombreux amants et son grand amour, le réalisateur Joris Ivens. Sans pudeur, elle raconte, ici, son corps blessé, sa sexualité, sa difficulté à être heureuse et à s’abandonner dans les bras d’un homme. Grâce à sa liberté d’esprit et à la culture, cette survivante continue de témoigner et délivre un message d’amour, d’espoir et de liberté. Bon moment de lecture. 

En camping-car. I. Jablonka

Dans ce livre solaire, Ivan Jablonka raconte des vacances de jeunesse en camping-car, un art de vivre naturiste. A partir d’archives personnelles, l’historien retrace ses longues expéditions estivales à l’image des romans d’aventures de Jules Verne ou de Jack London. Cependant, le Combi Volkswagen représente, ici, bien plus qu’un simple véhicule sorti des usines allemandes après la guerre. Pour l’auteur et sa famille, marquée par la Shoah, cette caravane correspond à la découverte d’un exil propre à l’histoire du peuple juif. A la première personne du singulier, l’auteur sublime ses souvenirs et transforme l’autobiographie en récit collectif ; portrait d’une génération. Au fil des chapitres, la lectrice sillonne les routes de Californie et du sud de l’Europe en compagnie de cette joyeuse bande ; retour vers les décennies 1980-1990. En filigrane, Ivan Jablonka propose une réflexion subtile sur le bonheur et la liberté de notre enfance. Excellent moment de lecture. Prix France Télévisions 2018.

Origines de l’homme, origines d’un homme. Y. Coppens

Origines de l'Homme, origines d'un homme

Yves Coppens est un archéologue français passionné, paléontologue et père de Lucy, célèbre australopithèque (3,2 millions d’années). Au fil des pages de cet essai illustré, le scientifique retrace son parcours en trois parties ; 83 années de recherches : de ses premières expériences sur le littoral breton aux confins du monde. Fasciné dès l’enfance par les tessons de poterie, les os, les fossiles et les Menhirs, ce citoyen du monde fut tour à tour surnommé par les médias « Monsieur Mammouth », « L’homme du Tchad » et « L’homme de l’Omo ». D’ailleurs, la liste de ses titres et de ses fonctions est longue comme l’histoire de l’humanité. Avec curiosité, la lectrice découvre la logistique et l’intendance des sites de fouilles : des transports aux équipements de safari (tentes, couchages…) en passant par la cantine et les petits soucis de santé (malaria, piqûres de scorpion, bave de serpent …).Soucieux de reconstituer l’histoire de l’humanité, et la sienne, Yves Coppens détaille comment, grâce aux fossiles et aux cailloux, il a pu constituer une mémoire qu’il enseigne et transmet. Généreux, Yves Coppens n’oublie pas de rendre hommage à ceux qui ont croisé sa route. Finalement, après avoir admiré la beauté de tant de paysages, le scientifique admet avoir aimé, avant tout, le contact avec les populations locales. A travers ses mémoires et malgré le temps qui passe, Yves Coppens exhume les vestiges du passé tout en gardant intact son émerveillement d’enfant. Bon moment de lecture.