La bête. C. Hermary-Vieille

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A partir de faits  et personnages historiques concernant l’histoire de la bête de Gévaudan, Catherine Hermary-Vieille brode une histoire entre mythe et réalité. Vers 1764, le petit village de La Besseyre Sainte Marie (Lozère) est terrorisé par un animal sauvage qui attaque et tue des habitants. Rapidement, des rumeurs circulent, jusqu’à Versailles, à propos de la raison de ces attaques: résultat du châtiment divin ou d’un maître maléfique qui dresse pour tuer? Des chasses et battues sont organisées par des troupes royales. Mais d’où vient cette bête? Qui la tuera? L’auteure excelle dans sa manière de raconter cette histoire à suspense. Au fil des saisons et avec beaucoup de précision et de détails, nous voici dans un petit village de France au XVIIIème siècle.

La ballade de Lila K. B. Le Callet

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Ce roman, publié en 2010, m’a totalement échappé. Mon amie Aurore vient de me le prêter en précisant: « il est bien, tu verras. » J’ai littéralement dévoré les cinquante premières pages de ce roman sur la ligne 9 du métro entre Trocadéro et Nation. Le roman débute par une scène coup de poing où des hommes en noir s’emparent de Lila (six ans) et de sa mère. Placée dans un centre, opérée et soignée, Lila grandit à l’abris du monde, loin de sa maman. Le talent de Blandine Le Callet est de distiller méticuleusement les personnages et les indices de ce roman aux allures de policier: Mr Kauffmann sera l’éducateur érudit; Justinien, un collègue qui se révélera en chimère; la gardienne effrayante vipère; les amis Fernand et Lucienne etc… Derrière les mots, la voix de Lila se fait entendre; elle raconte l’histoire de sa reconstitution à Milo. Amnésique, notre héroïne grandit dans un centre. Déterminée et surdouée, elle est à la recherche de son passé et de sa mère. Le thème central est bien l’amour filial entre Lila et sa mère. Le style décalé de Blandine Le Callet plaît énormément. En effet, l’histoire se passe dans une centaine d’années à Paris. Intra-muros, la sécurité est assurée par un tas de caméras et robots. En dehors, en banlieue, il s’agit de « la zone » où rien ne va plus. Il y a donc à travers ce roman une réflexion sur la société et son avenir. Mais il y a aussi des éléments comme le chat arc en ciel qui apporte indéniablement une poésie au texte. Malgré la noirceur profonde du roman, l’humour tient aussi une place prépondérante. Enfin, il est également question d’une troublante histoire d’amour qui sert de fil conducteur à la lectrice. Un roman coup de coeur! Prix du Livre numérique, prix des Bibliothèques pour tous, Prix des Lecteurs du Livre de Poche…

L’indien du placard. L. R. Banks

Omri, un jeune garçon, reçoit  des cadeaux pour son neuvième anniversaire dont un petit indien en plastique et un placard miniature. Le lendemain, il découvre que l’indien est bel et bien vivant dans le placard et une belle aventure commence! Beaucoup de suspense et une bonne dose d’humour dans ce livre qu’il faut également voir dans sa version cinématographique. Une comédie familiale sur le sens des responsabilités. Conseillé vivement aux 10-12 ans!

Joe millionnaire. D. Walliams

 

C’est l’histoire de Joe patate, 12 ans, l’enfant d’un riche industriel qui a inventé un papier toilette révolutionnaire. Joe voudrait avoir un ami mais ça ne s’achète pas. Il tente de passer incognito et fait la connaissance de Bob, un garçon qui lui ressemble. Ce roman anglais est surprenant et traite avec humour de l’amitié et du lien entre un fils et son père.

Le royaume de Kensuké. M. Morpurgo

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C’est l’histoire d’un garçon qui embarque avec ses parents sur un voilier pour faire le tour du monde. Une nuit, il tombe à l’eau avec son chien pendant une grosse tempête. Le lendemain, ils se réveillent sur le sable d’une île déserte. Afin de survivre, il fait le tour de l’île et retrouve, chaque matin au même endroit, des victuailles pour lui et son chien. Un mystérieux japonais du nom de Kensuké devient son ange gardien. Un jour, un bateau passe au large et…à suivre. Une aventure qui captive les enfants de 10-12 ans. Un suspense bourré d’émotions. A lire au fond de son petit lit.

L’été des lucioles G. Paris

L'été des lucioles, Gilles Paris

Ce roman me fait penser à l’oeuvre de Pagnol: « le château de ma mère ». Gilles Paris nous plonge, ici, dans une fiction très actuelle où le héros est un garçon de neuf ans, Victor. Guidée par sa voix et ses pensées, la lectrice va le suivre tout au long de ses pérégrinations estivales. Les parents de Victor sont séparés; il vit à Bourg-en-Bresse avec deux mamans et une soeur, ce qui n’est pas banal. Sa mère biologique est libraire et blogueuse. Son père vit à Paris mais tient une place importante dans la tête et le coeur de notre petit héros. En secret, Victor observe et commente les amours de sa soeur Alicia. En vacances au Cap-Martin, il arpente le chemin des douaniers accompagné de son copain Gaspard. L’aventure commence avec la rencontre des jumeaux Tom et Nathan. La baronne Hedwige est un personnage attachant qui va permettre à Victor d’élucider quelques mystères familiaux. Un roman sur l’amitié, l’amour et les secrets de famille. Le style est enfantin; Gilles Paris prolonge son enfance à travers une écriture empreinte de tendresse, d’émotions et d’humour. Un roman comme une porte ouverte sur son jardin secret plein de lucioles.

Parfois on tombe S. Bakowski

Couverture du livre Parfois on tombe

Arrivé par la poste, ce roman, à la couverture un peu trop colorée, ne m’interpellait pas spécialement. Je décidais pourtant de le lire sans être certaine de terminer ma lecture. En résumé, Sarah est une jeune mère trentenaire qui s’épuise dans le stress de la vie active. Un jour, elle perd pied et se retrouve brutalemment séparée de sa fille de cinq ans et de son mari. Après avoir fuit son métier et en pleine dépression, Sarah prend un avion pour la Chine et part à la rencontre d’elle même et de ce pays qu’elle connaît déjà. C’est ce voyage initiatique, fait de déceptions et de petits bonheurs, qui donne de la profondeur au roman. Solène Bakowski nous raconte une histoire qui ne lasse pas et c’est là son principal atout. Comme un journal de bord, le style est parfois très direct; l’écriture étonne par sa simplicité et sa sincérité. Une expérience de vie dans laquelle beaucoup de lectrices se retrouveront. Un roman-réalité qui redonne espoir.

Moment d’un couple N. Alard

Ce roman traite principalement d’infidélité et d’abus. Juliette est ingénieur en informatique; Olivier, son mari est journaliste et ils ont deux jeunes enfants. La petite famille bobo-bohème vit à Paris sous un beau soleil jusqu’à l’annonce d’une relation adultère entre Olivier et une certaine Victoire. Nelly Alard dissèque, ici, la trahison, le glissement du désir et le combat d’un couple pour survivre à leur histoire très contemporaine, illustrée par des mails, textos etc…L’auteur porte un regard lucide et indulgent sur ses personnages et fait référence à l’affaire Marie Trintignant. Un roman haletant même si tout au long de la lecture une envie de dire « stop! » prédomine. Juliette s’obstine dans son mariage face à la trahison et laisse la situation perdurer jusqu’à agacer la lectrice. Une guerre psychologique dans un triangle amoureux classique. Prix Interallié 2013.

Pourquoi être heureux quand on peut être normal? J. Winterson

Pourquoi être heureux quand on peut être normal ?

Au moment de terminer la lecture de ce roman autobiographique, j’ai vu la pièce « Sonate d’Automne » d’Ingmar Bergman au théâtre de l’Oeuvre. Rachida Brakni y joue le rôle d’Eva avec justesse et donne la réplique à Françoise Fabian dans le rôle de Charlotte, la mère. Le thème principal coïncide étonnement avec le roman puisqu’il s’agit de la relation mère-fille. Jeanette Winterson, l’auteure du livre, a connu le succès en Angleterre avec son premier roman: « les oranges ne sont pas les seuls fruits ». Dans un style proche de celui de Gertrude Stein, à qui elle fait référence, cette auteure anglaise homosexuelle écrit avec fantaisie, ironie et cruauté à propos de sa relation avec sa mère adoptive Mrs Winterson. Issue du prolétariat de Manchester, à la fin des années cinquante, l’auteure a mené plusieurs combats: la quête de ses origines, de son bonheur, de sa liberté et de sa vérité. Pour y parvenir, Jeanette Winterson donne, très tôt, une place prépondérante à la littérature, cache une bibliothèque clandestine et se réfugie à la bibliothèque municipale. Mrs Winterson,obèse, malade et proche de la démence, fait obstacle avec violence aux projets de Jeanette. La mère adoptive n’est d’ailleurs épargnée à aucun moment: son portrait de mère indigne est empreint de colère et de férocité. Jeanette Winterson nous raconte l’humiliation, les brimades et la souffrance depuis son adoption. « Pourquoi être heureux quand on peut être normal » est la réponse de Mrs Winterson lorsque Jeanette tentera de justifier son homosexualité. Eperdue de liberté, elle fuit le milieu familial hostile pour se retrouver dans des conditions matérielles particulièrement précaires. Tardivement, elle se met à la recherche de sa mère biologique et nous donne un récit sous forme d’enquête qui passionne. Ce livre est un parcours d’émancipation raconté à travers des anecdotes et souvenirs d’une femme, intellectuelle, légèrement mégalo, qui se perd parfois jusqu’à la folie. La religion, le sexe, l’identité et le temps qui passe sont des thèmes d’ importance qui captivent tout au long d’une lecture qui se situe entre tragédie et humour. Prix Marie-Claire du roman féminin 2013.