Paris se lève. A. Delpierre

Paris se lève par Delpierre

Coïncidence ou pas, le premier roman d’Armand Delpierre est publié au moment où sort « Novembre », un film axé sur la traque de terroristes au lendemain des attentats de novembre 2015. Pour sa part, la fiction d’Armand Delpierre se déroule du 5 au 11 janvier 2015, une période qui englobe les premiers attentats de « Charlie Hebdo » et de « l’hyper casher »  de Vincennes. Avant ces terribles évènements, le lieutenant Pierre-Louis Madec intègre le commissariat de la Défense et mène l’enquête à propos de deux affaires : une dame âgée sauvagement assassinée et une jeune femme violée sous GHB. Loin du anti-héros, le lieutenant Madec est un flic ordinaire qui aime le venti latte et possède du flair. Heureusement car un criminel se prépare à frapper fort quelque part dans Paris. Bien construit, le thriller repose sur des faits historiques marquants. Tout en maîtrisant son sujet, l’auteur concentre l’action et nous immerge dans le quotidien de policiers, au cœur des forces de police. Le rythme soutenu de la fiction ne manque pas de suspense et procure un long moment de lecture ; une traversée dans un Paris agité. La fin ouverte du roman laisse supposer une suite et, pourquoi pas, une trilogie. Bon moment de lecture. 

P’tite hirondelle D. Zachary

P’tite hirondelle par Zachary

Dominique Zachary est un journaliste belge, auteur de nombreux ouvrages. C’est un fait divers éminemment poétique qui ouvre les pages de son dernier roman : le sauvetage d’hirondelles surprises par une tempête de neige dans les Alpes. En 1913, les moines d’un monastère avaient ouvert portes et fenêtres afin de secourir les oiseaux frigorifiés ; offrir leur hospitalité. Mais une autre belle surprise attend la lectrice. La préface de « P’tite hirondelle » est signée de la main de Yasmina Khadra qui a aimé ce conte. Pour la lectrice, il s’agit aussi d’une fable écologique mettant en lumière l’homme, la nature et les hirondelles. D’ailleurs, l’oiseau sert de fil rouge en survolant les pages du roman. Dominique Zachary nous raconte l’histoire touchante de Mécanette et de sa fille adoptive, Finette. L’orpheline s’appelle en réalité Myao Kaung ce qui signifie « La fille de l’hirondelle ». Dans un pays lointain, la petite fille vivait déjà dans une maison peuplée d’hirondelles. Ensemble, Mécanette et Finette vont défendre la cause des oiseaux afin qu’ils puissent continuer à survoler leur village du sud-ouest de la France. Grâce à sa jolie plume, Dominique Zachary nous parle de loyauté, d’amitié et d’amour. Au fil de la lecture, la lectrice ne se lasse pas de découvrir de magnifiques citations et textes courts dont le ravissant « chant du merle » de Vinciane Despret ; une autre compatriote. Bon moment de lecture.

HHhH. L. Binet

HHhH

Voici un roman singulier, récompensé pour son originalité mais aussi sujet à polémique. Publié en 2010, le premier roman de Laurent Binet fait aujourd’hui partie du programme de terminale. Le titre signifie : « Himmlers Hirn Heibt Heydrich » soit « Le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich. » Mais qui était Heydrich ? SS allemand sanguinaire, Reinhard Heydrich a joué un rôle majeur dans l’organisation de la Shoah. Professeur de français, Laurent Binet souhaitait axer son roman sur l’opération « Anthropoïd », un attentat visant à liquider Heydrich, à Prague en 1942. Pourtant, tout au long de la reconstitution de l’opération de résistance, Laurent Binet avoue avoir été « impressionné » par le personnage d’Heydrich. Finalement, celui qu’Hitler surnommait « L’homme au cœur de fer », prend la place de personnage principal dans le récit. Pour la lectrice, c’est ici que le bât blesse : pourquoi mettre en lumière un personnage aussi ignoble au lieu de se focaliser sur les protagonistes de l’opération « Anthropoïd » ? D’un autre côté, la lectrice salue le travail de recherche de Laurent Binet car les scènes, dialogues ou informations ont été soigneusement vérifiés dans les archives. Au fil de son écriture, l’auteur fait part de ses doutes d’écrivain, apostrophe la lectrice tout en se référant à Shakespeare, Flaubert ou Houellebecq. Grâce à sa rigueur, Laurent Binet parvient à décortiquer la montée du nazisme et son mécanisme, au plus près de la vérité historique. Finalement, ce roman a le mérite de servir de manuel d’histoire. Prix Goncourt du Premier Roman.

Quand tu écouteras cette chanson. L. Lafon

Quand tu écouteras cette chanson par Lafon

Cette collection « Ma nuit au Musée » (Stock) est une belle découverte. J’ai tellement aimé « Le parfum des fleurs la nuit » par Leïla Slimani, dans la même collection, que je garde le livre près de moi. Cette fois, c’est Lola Lafon qui nous parle de son choix : une nuit au Musée Anne Frank, à Amsterdam. L’écrivaine française a évité la question de la judaïté dans ses romans précédents mais elle a souvent donné la parole aux adolescentes comme dans « La petite communiste qui ne souriait jamais », « Mercy, Mary, Patty » ou « Chavirer ». Depuis des décennies, « Le journal d’Anne Frank » est mondialement connu mais qui le connaît vraiment ? Lola Lafon s’offusque de la manipulation du journal avant d’entrer à petits pas dans le musée tant elle a peur de profaner la mémoire de cette jeune auteure, morte dans un camp de concentration. De son côté, la lectrice est impatiente de découvrir le regard que porte Lola Lafon sur l’Annexe où, pendant plus de deux ans, huit personnes ont vécu clandestinement. L’Annexe est désormais un musée vide qui témoigne, avant tout, de l’absence. Tout au long de la nuit qui s’étire, Lola Lafon livre une expérience intellectuelle singulière où il est question de peur, d’exil, d’extermination. La lectrice découvre une auteure à fleur de peau, intelligente et touchante qui se dévoile à travers son histoire personnelle jusqu’à cette chanson qu’elle n’arrive plus à écouter. Excellent moment de lecture.

Où vivaient les gens heureux. J. Maynard

Où vivaient les gens heureux par Maynard

Le dernier roman de Joyce Maynard est un best-seller américain. En débutant la lecture, je dois avouer que la première partie du livre me tombait littéralement des mains tant il était empreint de bons sentiments. Pourtant, Joyce Maynard a été récompensée par quelques prix littéraires en France. Beaucoup de lectrices et de lecteurs se sont retrouvés dans cette histoire familiale américaine : une rencontre amoureuse, l’achat d’une maison, les enfants, la vie professionnelle, l’adultère, le divorce…Tout commence par une enfance malheureuse et une adolescence endeuillée par la mort des parents d’Eleanor. La rencontre avec Cam bouleverse la vie de la jeune femme qui devient mère de famille. Bien sûr, le couple connaît des moments de bonheur, de joie et de colère aux côtés de leurs trois enfants : Toby, Ursula et Alison. Ensemble, ils habitent dans une charmante ferme du New Hampshire. Auteure et illustratrice, Eleanor pourvoit principalement aux besoins de la famille. Tout semble parfait dans le meilleur des mondes, jusqu’au jour où Toby manque de se noyer. Quelques semaines plus tard, Eleanor découvre la liaison de Cam avec Coco, la baby-sitter. Le rêve d’Eleanor s’écroule.  Afin de protéger ses enfants et de ne pas dire du mal de leur père, Eleanor décide de quitter le foyer sans exprimer les raisons de la rupture. Au fil des pages, l’identification à la vie de cette femme est de plus en plus évidente car Joyce Maynard a particulièrement bien construit son récit, les caractères de ses personnages et les montagnes d’émotions. La lectrice se repère dans le temps grâce aux évènements américains comme la conquête spatiale, l’épidémie du sida, la mort de John Lennon puis celle de Mickael Jackson….Finalement, ce roman axé sur l’amour, les enfants et le pardon, se révèle poignant. Bon moment de lecture. Grand Prix de littérature américaine,  Grand Prix de l’héroïne « Madame Figaro », Prix Samantha.

Les envolés. E. Kern

Les envolés par Kern

Etienne Kern rend, ici, hommage à un homme au destin surprenant : Franz Reichelt. Tailleur pour dames à Paris, Franz Reichelt avait un rêve : confectionner un parachute performant aux prémices de l’histoire de l’aviation. Malgré des premiers essais négatifs, l’inventeur loufoque saute du premier étage de la tour Eiffel, un matin de février 1912, pour tenter de valider son prototype. C’est en visionnant les images de cet incroyable saut dans le vide qu’Etienne Kern a décidé d’écrire ce joli roman qui offre une palette d’émotions ; angoisse, peur et espoir. Au fil de son écriture, le passé vient le hanter : la mort d’un grand-père et d’une amie, tombés dans le vide. Ces personnages, Etienne Kern les baptise : « Les envolés ». Ce roman poétique a été très justement récompensé par le Goncourt du premier roman, un envol poétique et passionné. Excellent moment de lecture.

 

Nos mères. A. Wauters

Nos mères par Wauters

J’avais envie de découvrir l’écriture d’Antoine Wauters, l’écrivain compatriote. Lauréat de nombreux Prix littéraires, Antoine Wauters a publié ce petit roman en 2014. Quelque part, sous les bombes du Proche-Orient, Jean vit aux côtés d’une mère pleine de contradictions, à la fois aimante et brutale. Le père de Jean a été tué à la guerre. Sa veuve, embourbée dans un passé rempli de chagrin et de colère, va tenter de protéger son fils en l’enfermant au grenier. Finalement, afin de lui assurer un avenir meilleur, Jean est adopté en Belgique par une nouvelle maman. Mais le monde de cet enfant s’est écroulé et sa nouvelle vie se révèle tout aussi chaotique. Antoine Wauters traite ici de la difficulté des femmes à élever des enfants qu’elles soient dans un pays en guerre ou prisonnière d’une guerre intérieure. Il est aussi question de la souffrance d’un enfant qui tente de vivre malgré l’exil et l’abandon. Le rythme du roman est saccadé par des souvenirs, des citations, des résolutions…Au fil de la lecture, la sensibilité de l’auteur transparaît derrière la poésie des mots. Bon moment de lecture.

Faites votre glucose révolution. J. Inchauspé

Faites votre glucose révolution : Perdez du poids et gagnez de l'énergie par Inchauspé

Spécialiste de la vulgarisation scientifique et biochimiste française, Jessie Inchauspé nous invite à agir sur notre glycémie pour améliorer notre santé et gagner de l’énergie. Son best-seller cartonne déjà et les membres de sa communauté « Glucose Goddess » partagent leurs idées et leurs expériences sur Instagram. L’objectif de cette méthode est d’apprendre à lisser la courbe de notre glycémie sans régime restrictif. En s’appuyant sur 300 études scientifiques, Jessie Inchauspé livre beaucoup d’explications à propos des pics de glycémie et de leurs impacts sur notre santé à l’aide d’une multitude de graphiques. Tous les conseils pour faire notre « glucose révolution » sont bien adaptés et sont facilement réalisables. A la clé, l’auteure nous promet une perte de poids, une diminution des risques de démence et des symptômes liés à la ménopause, une amélioration des désagréments liés au diabète, une régression des épisodes dépressifs et des risques de cancer etc…Facile à lire, ce best-seller nous promet de changer notre vie dans le bon sens. Bon moment de lecture.

La collection disparue P. Baer de Perignon

La collection disparue par Baer de Pérignon

Depuis quelques années, des familles juives spoliées par les nazis, retrouvent heureusement des œuvres d’art. Le sujet passionne la lectrice qui a littéralement dévoré ce récit autobiographique, la quête de Pauline Baer de Perignon, sœur d’Edouard Baer. Il a suffit d’une remarque pour que l’auteure se mette à chercher les traces de la collection disparue de son arrière-grand-père collectionneur parisien et banquier juif : Jules Strauss. De témoin en témoin, de musée en musée, l’auteure fouille les archives, questionne Patrick Modiano, voyage à la recherche d’un tableau ou d’une information concernant Jules Strauss. Au-delà de cette quête matérielle, le besoin de réparer, l’auteure part à la rencontre de ses origines. Au fil des pages, elle tente de comprendre le contexte ; reconstituer le puzzle du passé familial. Bien écrit, le récit se lit facilement au rythme des découvertes et des déconvenues. Pauline Baer de Perignon a, enfin, trouvé l’occasion d’écrire un premier récit passionnant empreint de courage et de sincérité. Bon moment de lecture.

La plage des sept dormants. C. Dussuchaud

La plage des sept dormants par Dussuchaud

Cette première enquête d’Ernest Bahin nous entraîne dans un paysage maritime breton, empreint de légendes et d’histoire. Sur la plage dite des sept dormants, le cadavre d’un homme est retrouvé dans le sable. En compagnie de son acolyte Wilfred, Ernest Bahin découvre rapidement l’identité de l’homme décédé : Blaise Faringhe. Dépressif, Blaise était professeur de français et tenait un journal intime qui se révèlera d’une grande utilité pour l’enquête. Entre les lignes, Ernest Bahin comprend à quel point Blaise était déçu par sa fonction pédagogique et par le non respect de ses convictions écologiques. Blaise s’est-il noyé après avoir dévalé le sentier rouge ? S’est-il suicidé en sautant de la falaise ? Avec talent, Cyrill Dussuchaud construit cette fiction aux accents poétiques et actuels en s’appuyant sur des questions écologiques mais aussi sociales et pédagogiques. Les nombreux personnages qui gravitent autour de Blaise donnent une certaine profondeur au récit. L’écriture, la bande son et les diverses références littéraires lui confèrent une tonalité singulière. Facile à lire, ce thriller garde sa part de mystère jusqu’au bout de l’enquête. Bon moment de lecture.

Maïmaï, l’ombre du chardon. A. Shimazaki

Maïmaï par Shimazaki

Mon père est mort au début du mois de juillet. Pendant mon deuil, il me fallait une lecture apaisée, un dépaysement immédiat. J’ai donc choisi un roman d’Aki Shimazaki, auteure à succès d’origine japonaise. « Maïmaï » fait partie d’un cycle romanesque de trois volumes. C’est sa couverture qui m’a tout de suite intriguée : un escargot sur un fruit de physalis. Tarô est le narrateur de cette fiction qui se déroule au Japon, au début de l’été. Le jeune homme sourd et muet se retrouve brusquement orphelin suite au décès inopiné de sa mère, la propriétaire de la librairie Kitô. Proche de sa grand-mère, Tarô va, au fil de la succession, découvrir quelques surprenants secrets de famille. « Maïmaï » signifie escargot en japonais et représente un symbole dans cette fiction qui nous éclaire un peu plus sur la société traditionnelle japonaise, ses coutumes et ses mœurs. Par son écriture simple, poétique et imagée, l’auteure nous enseigne à quel point chaque chose a un sens dans la vie. Un récit au style fluide et épuré qui assure le dépaysement et apporte une forme de réconfort, une harmonie. Excellent moment de lecture.

Broadway F. Caro

Broadway par Fabcaro

Je vous conseille de lire ce petit roman particulièrement drôle pendant un voyage en train ou en avion. Ecrivain à succès, Fabrice Caro est également auteur de bandes dessinées, ce qui explique son don pour décortiquer en séquences une vie familiale banale. Axel est le narrateur de cette fiction désopilante. Après avoir reçu la fameuse enveloppe bleue de dépistage du cancer colorectal, Axel s’inquiète et devient parano. Père de famille, il a l’art de s’interroger, de remettre en question le comportement de ses enfants ou ses relations de voisinage sans pouvoir réagir de manière appropriée. Un jour, le proviseur du collège de son fils le convoque afin de lui montrer un dessin salace…Chaque lecteur/lectrice se retrouvera dans les réflexions de ce père de famille dépassé par les événements et tellement représentatif de notre société. Un roman tragi-comique à lire pour vaincre l’angoisse.  Lecture coup de cœur.

Le messager. L.P. Hartley

Le messager par Hartley

Ce roman d’apprentissage nous plonge dans le monde aristocratique anglais. Devenu un homme âgé, Léon se souvient de vacances singulières dans le Norfolk, en 1900. Cet été là, le jeune garçon est invité à la campagne par un copain de classe aristocrate. Issu d’un milieu modeste, Léon cherche ses marques tout en apprenant la vie de château ; un univers codé et singulier. Admiratif et amoureux de la sœur de son copain de classe, Léon accepte de rendre service à Marian et devient, malgré lui, son « messager ». En secret, Léon porte des lettres au fermier du coin, Ted Burgess. Au fil de la lecture, la lectrice découvre toute la naïveté et l’incompréhension de ce jeune garçon qui se retrouve coincé dans un triangle amoureux ; spectateur impuissant. D’après la lectrice, le roman comporte parfois quelques longueurs notamment lors des parties de cricket. Finalement, Leslie Poles Hartley mêle habilement suspense et sentiments dans cette fiction surannée et dramatique. Bon moment de lecture.

Le dernier été en ville. G. Calligarich

Le dernier été en ville par Calligarich

Publié pour la première fois en 1973, ce roman italien dévoile l’élégance surannée d’une époque ; les années soixante. Gianfranco Calligarich nous conte une histoire d’amour désenchantée qui se passe le temps d’un été, à Rome. Le narrateur se nomme Léo. Antihéros et journaliste trentenaire, Léo vit au sein de la société romaine avec laquelle il se sent souvent en décalage. Lors d’une soirée mondaine, il rencontre Arianna, une belle femme au parfum de lilas. Tombé sous le charme de cette italienne frivole et décomplexée, Léo entame une histoire en pointillé avec Arianna. A travers cette passion incandescente, son amour pour la mer et pour Rome, le personnage de Léo exprime, au fil des pages, une mélancolie contagieuse, presque palpable. Au cours du récit, le narrateur lit et boit beaucoup, ne quitte pas sa vieille Alfa Roméo et croise des gens de toute sorte, eux aussi cabossés par la vie. Teintée d’humour, l’écriture sensible, sarcastique et poétique de Gianfranco Calligarich finit par toucher au cœur la lectrice. Excellent moment de lecture.

Les enfants de la nuit. E. Ionesco

Les enfants de la nuit par Ionesco

Eva Ionesco nous offre un roman à la fois troublant et romanesque, celui de son adolescence parisienne chaotique, à la fin des années 70. A l’époque, la mère d’Eva est connue dans la capitale pour avoir réalisé des portraits pornographiques de sa fille, ruinant au passage son enfance, son amour et sa confiance. Mais depuis qu’Eva ne fréquente plus l’école, les services sociaux enquêtent, spéculent sur son avenir. En attendant la décision du juge, Eva fugue, découche et s’amuse follement. Icône du Palace, la jolie adolescente évolue avec sa bande d’amis ; oiseaux de nuit au milieu des célébrités. Sur fond culturel et dans un style trash, Eva raconte ses sorties déjantées, sa rage et sa débauche : prostitution, drogue, vol et mensonges. Au fil des chapitres, la lectrice ressent la vulnérabilité d’une enfant propulsée trop tôt dans le monde des adultes et qui frôle parfois la mort au moment de ses premières fois. Atypique, ce roman explore la vie et la sexualité d’une enfant égarée, évanouie dans la nuit parisienne, irrémédiablement blessée. Excellent moment de lecture.

L’affaire Alaska Sanders J. Dicker

L'Affaire Alaska Sanders par Dicker

Présenté comme la suite de « La vérité sur l’affaire Harry Quebert », ce polar déroute, au début de la lecture, tant il fait référence aux thrillers précédents. Mais Joël Dicker est doué pour mener l’intrigue avec ses ingrédients habituels et dans un style qui lui est propre. A partir d’un nouvel élément de l’enquête, l’auteur ouvre un nouveau chapitre puis un autre et finalement le roman accumule plus de 560 pages. La scène d’ouverture est particulièrement réussie car elle tient en haleine et plonge la lectrice dans une longue enquête à rebondissements : Alaska Sanders, une jolie jeune femme, est retrouvée morte au bord d’un lac dans la région du New Hampshire, en avril 1999. A l’époque, un suspect a été rapidement arrêté puis emprisonné. Mais, onze ans plus tard, une lettre anonyme vient relancer l’enquête. Les lecteurs fidèles retrouveront Marcus Goldman, venu prêter main forte aux enquêteurs afin de résoudre cette affaire proche du crime parfait. Bon moment de lecture.

Une famille à Bruxelles C. Akerman

Combien de fois avez-vous acheté un livre parce que le titre vous plaisait ? En ce qui concerne la lectrice, le choix du livre repose sur le fait que sa propre famille vit aussi à Bruxelles. Au-delà du titre et au cours de sa lecture, la lectrice découvre le style de la cinéaste qui déroute par sa singularité. Sa manière d’écrire, au sujet de son quotidien et de son passé à Bruxelles, se révèle touchante, empreinte de sincérité et de justesse. Lu en un seul souffle, le recueil contient des phrases longues où les paroles s’entremêlent étonnamment. Issue d’une famille juive polonaise, Chantal Akerman conte son intimité, ses douleurs, les souvenirs de ses deux filles mais aussi la disparition récente de son mari et de plusieurs membres de sa famille durant la Shoah. Comme une confidence, Chantal Akerman décrit son monde en explorant l’intime dans un style unique. Bon moment de lecture.

La femme gelée. A. Ernaux

La femme gelée par Ernaux

Au moment où Annie Ernaux publie un nouveau roman, j’ai choisi de lire « La femme gelée » qui traite de son expérience de femme mariée et mère de deux enfants, au début des années 80. Hasard ou coïncidence, un documentaire de Michèle Dominici, à propos des mères au foyer, est proposé sur ARTE et fait même l’objet d’un article dans le « Elle » magazine (France) de cette semaine. En ce qui concerne « La femme gelée », la lectrice découvre l’enfance de la narratrice dans un monde rural et pauvre, puis son adolescence, terreau des premiers émois. Sa quête de l’amour aboutira à la rencontre avec son futur mari. Les amoureux s’installent, vivent heureux dans un petit appartement sans confort. C’est l’arrivée d’un premier enfant qui bouleversera l’équilibre du couple. La narratrice finit par ne plus se reconnaître dans cette nouvelle vie de femme d’intérieur. C’est cette vie inégale, une vie où les tâches ménagères contrarient son quotidien pendant que monsieur travaille, qui fait de la narratrice une femme gelée, figée dans ses ambitions par sa condition de femme. Tout au long de la lecture, il est bien sûr question de liberté et d’éducation dans une société française patriarcale. Comme d’habitude, Annie Ernaux ne nous épargne rien, utilise un style direct sans chercher à plaire. Un texte qui parle à la lectrice comme à toutes les femmes. Bon moment de lecture.

Un barrage contre l’Atlantique. F. Beigbeder

Un barrage contre l'Atlantique par Beigbeder

Ce tome 2 du meilleur livre de Frédéric Beigbeder « Un roman français » surprend dès les premières pages car il s’agit d’un alignement de phrases et non d’un texte. La lectrice se sent arnaquée mais elle poursuit sa lecture, curieuse de découvrir où l’auteur va l’emmener. Au fil des pages, certaines phrases résonnent en elle, des coïncidences surgissent, la beauté du bassin d’Arcachon apparaît. L’oiseau de nuit parisien, au profil de flamand rose (c’est lui qui l’écrit), ne manque pas de culot ni de clairvoyance même s’il est parfois très pessimiste par rapport à l’avenir de notre planète. C’est vrai que Frédéric Beigbeder agace quand il cloue au pilori un auteur dans sa rubrique du « Figaro Magazine ». C’est vrai qu’il a tout d’un enfant gâté, sorte d’icône d’une jeunesse dorée parisienne mal aimée et malheureuse. Pourtant, comme dans le premier tome de son roman le plus sincère, Frédéric Beigbeder apparaît en auteur sensible, à fleur de peau, touchant. Le personnage de Benoît Bartherotte captive, lui aussi, en sentinelle du Cap-Ferret et mentor de l’écrivain depuis sa relation avec Laura Smet. La mission de ce patriarche passionne la lectrice qui, entre nous, a passé une après-midi dans le clan Bartherotte ; Eden menacé par la montée des eaux. Une nouvelle fois, Frédéric Beigbeder passionne lorsqu’il prend le temps d’être sincère, lorsqu’il s’éloigne de son personnage de bobo parisien. Conscient du temps qui passe, Frédéric Beigbeder aborde des thèmes qui lui tiennent à cœur comme le divorce de ses parents, son enfance, ses amours, ses souffrances et ses nouveaux bonheurs. Bon moment de lecture.

Etre une femme et autres essais. A. Nin

Etre une femme et autres essais

Anaïs Nin est une écrivaine franco-américaine, célèbre pour ses livres érotiques mais aussi pour ses journaux intimes où elle aborde les thèmes de l’inceste, du désir, de l’amour, de l’homosexualité et de la féminité. Disparue depuis 1977, ses publications connaissent un nouveau succès notamment à propos de sa vision des femmes. Dans ce livre poche, les extraits d’articles et interviews d’Anaïs Nin nous éclairent sur sa perception du monde. Dans le premier texte « L’érotisme au féminin », l’écrivaine aborde ses thèmes de prédilection en se référant aux auteurs classiques de la littérature. En ce qui concerne la lectrice, « La nouvelle femme » représente un extrait de conférence captivant car Anaïs Nin y explique pourquoi elle écrit : « J’ai dû créer un monde à moi, un climat, un pays, une atmosphère dans lesquels je pourrais respirer, régner et me recréer chaque fois que la vie me détruirait. Voilà, je pense la raison de toute œuvre d’art. » Les textes, publiés dans les pages suivantes, sont des critiques de romans renommés et de magnifiques récits de voyages au Maroc, à Bali et dans les îles. Bon moment de lecture.

La femme de Gilles M. Bourdouxhe

La femme de Gilles par Bourdouxhe

Madeleine Bourdouxhe est une écrivaine belge qui a connu un succès posthume grâce à ce joli roman, réédité en 1985 et adapté au cinéma. Dès les premières pages, c’est l’univers du récit, l’atmosphère et le choix des mots qui captivent la lectrice. L’auteure nous introduit dans un milieu ouvrier vers les années trente. Près des hauts fourneaux, Elisa et Gilles vivent avec leurs jumelles dans un petite maison ouvrière. Gilles travaille à l’usine, se préoccupe de lui même et rêve parfois d’un ailleurs. Enceinte, Elisa s’occupe de la maison et des enfants, tout en attendant patiemment le retour de Gilles ; son grand amour. Un jour, Elisa comprend que Gilles aime une autre femme. A l’opposé du personnage de Gilles qui se révèle brutal, Elisa tait sa douleur, ravale ses larmes et souffre en silence au moment où son unique amour lui échappe. L’espoir fera t-il renaître une nouvelle saison dans le cœur blessé d’Elisa ? Au fil de la lecture, c’est bien le style de Madeleine Bourdouxhe qui touche la lectrice par sa subtilité, sa puissance et sa sensualité. Bon moment de lecture.

Liv Maria J. Kerninon

Liv Maria par Kerninon

Une femme éprise de liberté, voilà ce qui caractérise le personnage de Liv Maria tout au long de ce joli portrait de femme. Julia Kerninon déploie toute sa créativité et son imagination pour nous raconter la trajectoire de cette fille de marin, née sur une île bretonne, en 1970. Passionnée de littérature et de nature, Liv Maria grandit dans une famille aimante où il est souvent question de transmission. A la suite d’une agression sexuelle, les parents de Liv Maria décident de l’envoyer chez sa tante, à Berlin, afin de l’éloigner de son agresseur. C’est finalement dans les bras de Fergus, son professeur d’anglais, qu’elle se console, découvre la tendresse et l’amour. Plus âgé, Fergus est malheureusement marié et père de famille. A la fin de l’été, au moment de la séparation, les amoureux décident de continuer à s’écrire. Pourtant, les lettres d’amour de Liv Maria vont rester sans réponse. En poursuivant sa vie nomade, au fil de ses rencontres, la jeune femme va, malgré elle, s’enfermer dans le piège du mensonge. C’est une fiction pleine de rebondissements, de coïncidences et de drames que nous propose Julia Kerninon ; un roman philosophique qui continue d’interpeller la lectrice. Bon moment de lecture.

Ohio. S. Markley

Ohio Stephen Markley de Stephen Markley (Roman) : la critique Télérama

Voici un roman choral décapant à propos de la jeunesse américaine du Midwest. Dès l’incipit, l’auteur foudroie la lectrice, donne le ton. Dans l’Ohio, c’est autour d’un cercueil vide que se rassemblent les habitants de New Canaan : le cercueil du soldat Rick, tué pendant la guerre en Irak. En 2013, quatre copains trentenaires se croisent dans la ville décadente de leur enfance. Au sein de ce grand espace désindustrialisé, chacun évoque son parcours, ses attentes ; sa façon de régler ses comptes. Au fil du temps et de la mémoire, les souvenirs s’entremêlent de trahisons, les secrets émergent peu à peu et confèrent au roman des allures de polar. Stephen Markley a trempé sa plume dans l’encre noire afin d’écrire cette fiction empreinte de justesse, d’émotions et de révélations. Ses personnages sont puissants, leurs récits marqués par la cruauté, la violence, les abus sexuels et la drogue. Avec talent, l’auteur rend son constat, déploie une palette d’émotions et de références pour mieux nous éclairer à propos de cet état de l’Ohio et de sa jeunesse déboussolée ; l’échec du rêve américain. Bon moment de lecture. Grand Prix de Littérature Américaine 2020. 

Le passeur. S. Coste

Le passeur par Coste

Voici un petit roman efficace qui nous emmène loin, le long de côtes libyennes. Seyoum est un trentenaire, un passeur de migrants sans pitié, qui remplit des embarcations précaires en direction de Lampedusa. Narrateur de ce roman coup de poing, Seyoum est, en réalité, un homme brisé par la dictature. A la fois cruel, désenchanté et suicidaire, le passeur n’a plus une once d’espoir en lui. Un soir, il se décide même à embarquer parmi les désespérés…Avec brio, Stéphanie Coste choisit ses mots pour offrir, en version poche, un premier roman bouleversant, malheureusement proche de notre actualité. Bien construite, parfaitement rythmée, cette fiction puissante, imprégnée de violence et d’atrocité, tient la lectrice en haleine. Alors que tout paraît incroyablement sombre, au fil de la lecture, il est aussi question d’humanité et d’amour. Excellent moment de lecture. Prix de La Closerie des Lilas, Prix littéraire du barreau de Marseille, Prix du Premier Roman du Chambon-Sur-Lignon. 

Philosophie de la maison E. Coccia

Philosophie de la maison par Coccia

Emanuele Coccia nous offre, ici, une vision philosophique de la maison sous toutes ses formes : appartement, chambre d’hôtel, grotte, palais… Il faut dire que pendant la pandémie, la ville a disparu au profit de la maison car le confinement nous a confronté à notre « chez soi »; un endroit du monde. Au fil des pages, le philosophe italien nous donne des clés pour mieux appréhender cet espace-temps, notre rapport aux objets et aux autres, sous un toit. Pour Emanuele Coccia la maison est une entité morale bien plus que physique ou architecturale, c’est un petit monde qui assure notre bonheur ; un sas entre nous et les autres. D’après lui, ce qui rend habitable la maison, ce n’est pas l’ossature mais les agencements d’objets et les transformations que nous entreprenons pour pouvoir y vivre.  En nous parlant de domestication entre les choses et les personnes, l’auteur nous livre son expérience des lieux mais aussi son rapport à l’écriture, ce qui est passionnant : « L’écriture permet à la vie de ne jamais appartenir à personne, de demeurer une éternelle vagabonde. »  Excellent moment de lecture.

La carte postale. A. Berest

La Carte postale par Berest

Suivre une enquête est souvent passionnant, c’est une bonne manière de happer un lectorat. Dans ce « roman vrai » d’Anne Berest, il est question d’une enquête qu’elle mène en compagnie de sa mère, suite à la découverte d’une carte postale anonyme, reçue vingt ans auparavant. Sur cette carte représentant l’Opéra Garnier, figurent les quatre prénoms d’ancêtres déportés et assassinés à Auschwitz durant la Seconde Guerre mondiale. Les recherches pour retrouver l’auteur(e) de la carte postale permettent aux lecteurs de comprendre l’histoire familiale des Rabinovitch, leurs parcours, leurs unions et leurs destins retracés méticuleusement sur une période de cent ans. Durant trois ans, la narratrice questionne sans cesse sa mère, fait des démarches, rencontre des témoins de l’époque. A travers cette quête, Anne Berest s’interroge également à propos de son identité juive, à propos de transmission et de la notion de déplacement. Au cours de la lecture, la lectrice est surprise par la densification du récit et de son réalisme. Anne Berest n’épargne aucun détail et bouleverse tout au long de ce travail de mémoire. C’est justement cette clairvoyance et cette détermination, à mener l’enquête jusqu’au bout, qui tiennent la lectrice en haleine.  Bon moment de lecture. Prix Renaudot des lycéens 2021. 

Madame Hayat. A. Altan

Madame Hayat par Altan

Journaliste renommé en Turquie, Ahmet Altan a été prisonnier politique pendant quatre ans. Du fond de sa cellule, privé de liberté, il a pris sa plume pour écrire ce roman lumineux. Dès la première page, la lectrice fait la connaissance du narrateur, un jeune Turc nommé Fazil. Au moment du décès de son père, Fazil découvre brutalement que  sa vie a changé. Colocataire d’un appartement occupé par des étudiants pauvres, un travesti et un poète rebelle, Fazil poursuit ses études en lettres et obtient une bourse. Fauché, le jeune étudiant trouve un boulot de figurant dans une émission de télévision. Là, il rencontre Madame Hayat, une quinquagénaire sensuelle et libre qui lui ouvre la voie de la réflexion amoureuse. En sa compagnie, Fazil découvre de nombreux petits bonheurs, une autre existence, d’autres réalités. Ensuite, Fazil tombe sous le charme de Sila, une étudiante en lettres de son âge avec laquelle il vit une histoire d’amour parallèle. Suite aux rafles de la police et aux terrifiantes bastonnades, Sila propose à Fazil de s’exiler au Canada afin de mener une vie nouvelle et sereine. Tiraillé entre son amour pour Madame Hayat et la jeunesse de Sila, Fazil est confronté à un choix. Ahmet Altan nous offre un roman d’amour magnifique qui interpelle la lectrice. Au fil des pages, sa réflexion à propos du rôle des écrivains et des critiques littéraires vient enrichir la fiction. En poussant les murs de sa cellule, Ahmet Altan propose un roman poignant, un formidable hymne à l’amour qui nous parle de liberté. Prix Transfuge du Meilleur Roman européen 2021. Prix Femina étranger 2021. Excellent moment de lecture.

Là où le crépuscule s’unit à l’aube. M. Dédéyan

Là où le crépuscule s'unit à l'aube par Dédéyan

Le nouveau roman de Marina Dédéyan est un voyage au pays de son cœur : la Russie. Quelques années après le décès de sa grand-mère adorée, l’écrivaine décide de partir sur les traces de ses ancêtres, rassembler les pièces du puzzle familial. Nous voici à Riga, au 19ème siècle, dans un paysage de forêts, lacs et rivières. L’héroïne du roman est l’arrière-grand-mère de l’auteure : Julia, une jeune ouvrière qui confectionne des fleurs en tissu dans une fabrique. Renvoyée injustement, Julia décide de rejoindre sa sœur à Saint- Pétersbourg et tire un trait sur son passé. Là-bas, la jeune femme rencontre William Emmanuel Brandt, l’un des plus beaux partis de Russie, proche de la famille impériale. Subjugué par le regard gris de Julia, son naturel et sa beauté désarmante, William ne la quitte plus. A l’image de leurs premiers pas sur la patinoire de la Neva gelée, ils s’élancent dans l’intimité d’un couple malgré la différence sociale. Avec talent, Marina Dédéyan retrace le parcours de ses ancêtres sans oublier l’histoire de la Russie et de l’Europe, en toile de fond. Attachante, l’écrivaine choisit consciencieusement ses mots, convoque le passé à travers ses nombreuses lectures, touche du doigt l’émotion. Inspirée, bercée par le folklore, les contes et légendes russes, elle nous offre une fresque familiale captivante où l’on croise Pouchkine, Pagnol, Dumas, Fabergé, Nabokov…A sa façon, Marina Dédéyan fleurit magnifiquement les tombes de ses ancêtres ; la mémoire de son patrimoine familial recomposée. Excellent moment de lecture.

 

L’éternel fiancé. A. Desarthe

L'éternel fiancé par Desarthe

Le roman s’ouvre sur une déclaration d’amour d’un petit garçon à une fille : « Je t’aime parce que tu as les yeux ronds. » Ce jour-là, la petite fille répond négativement à cette déclaration. Pourtant, cette scène la marquera pour le restant de son existence. Tout au long de sa jeunesse heureuse, de sa vie d’épouse et de mère, la narratrice repense à ce garçon ; Etienne. D’ailleurs, à plusieurs occasions, elle croisera le chemin de celui qui est devenu, à ses yeux, « l’éternel fiancé ». Et elle se demande : quelle serait sa vie aux côtés d’Etienne ? Au fil de cette fiction mélancolique, le thème du temps qui passe se révèle central. La lectrice suit ces deux destins tout en s’identifiant à la narratrice et à son époque. Au cours de la lecture, la musique classique s’impose. Grâce au Quatuor en Mi Majeur de Fanny Mendelssohn, Agnès Desarthe donne une intensité, une singularité et une profondeur à son émouvant récit. Bon moment de lecture.

Vivre ! F. Lenoir

Vivre ! par Lenoir

Dans ce petit ouvrage, publié en pleine crise sanitaire, Frédéric Lenoir fait le constat de la vulnérabilité de notre monde. Pour le philosophe français, la cause principale de la pandémie est liée à notre logique consumériste dans un contexte de mondialisation dérégulée. Comment vivre le mieux possible en temps de crise ? Voilà le thème de ce « manuel de survie » qui revient sur la satisfaction de nos besoins, le fameux principe de résilience et notre capacité d’adaptation à un monde imprévisible. En convoquant quelques philosophes, les neurosciences et son expérience personnelle, Frédéric Lenoir nous incite à développer nos ressources intérieures, à faire les bons choix, à donner du sens à notre vie, à retrouver notre liberté intérieure mais aussi à apprivoiser la mort et cultiver nos émotions positives pour vivre pleinement, ensemble. Un livre à lire, ou à écouter, lors d’un déplacement ; un nouveau départ. Bon moment de lecture.