Le roman de Louise. H. Gougaud

le roman de louise - gougaud

Ce livre est à la fois un roman et une biographie car il retrace chronologiquement la vie d’une figure emblématique de la Commune, Louise Michel, depuis sa naissance en 1830 jusqu’à sa mort en 1905. Dès les premières pages, l’auteur rend un vibrant hommage à « la vierge rouge », cette militante anarchiste, féministe indomptable. La plume pleine de verve, Henri Gougaud nous emmène sur les barricades de Paris au milieu des bannières et des airs de clairons. Petit bémol: la lectrice se perd parfois dans les cortèges des rues embrumées de poussière. Très tôt, Louise Michel joue à cache-cache avec la mort; elle rêve de tuer Napoléon et sera finalement emprisonnée en Nouvelle-Calédonie où elle enseignera le français aux Canaques. Derrière cet hommage, Henri Gougaud tente de nous présenter son héroïne au plus près de la réalité. Cette femme de conviction, assoiffée de justice sociale, toujours au service des autres, est aussi une femme complexe, sèche et intransigeante. Proche de Victor Hugo, lectrice de Baudelaire et amoureuse de Téophile Ferré, Louise Michel sera, tout au long de sa vie, une femme engagée qui luttera contre la misère du peuple. Grâce à Henri Gougaud, nous redécouvrons un personnage révolutionnaire hors du commun, une femme au destin romanesque. Bonus: les repères historiques, à la fin du livre. Grand Prix de l’Héroïne, Madame Figaro, 2014.

Les enfants de Titaniah. S. Fribourg

Les enfants de Titaniah - Alice Jeunesse

J’ai fait la connaissance de Sugeeta lors d’un atelier d’écriture. Ce livre est à l’image de son auteure, loufoque et poétique, et s’adresse aux très bons lecteurs adolescents. Sur la planète Titaniah, un incendie ravage l’île du Vieux Chêne. Sylvio, un héros de 12 ans, a la particularité de communiquer avec les animaux et la nature. Débute, alors, une aventure pleine de rebondissements mais aussi de magie, de rêve, de poésie et d’humour. Les nombreux personnages sont singuliers et nous font passer du rire aux larmes, sans lassitude. La plume pleine de virtuosité, Sugeeta nous raconte une histoire très actuelle sur fond de sauvegarde écologique. Bon moment de lecture.

Y. M. Celona

Marjorie Celona - Y.

Voici un roman canadien dont le titre « Y » se lit « why? ». Et, il s’agit bien d’un roman en forme de quête et de questionnement. A l’aube de son premier jour, Shannon est abandonnée par sa mère devant les portes d’un YMCA, une association de chrétiens à Vancouver. Depuis sa voiture, un homme est témoin de la scène. Il se prénomme Vaughn et servira de personnage-clé à la fin du roman. Ce qui plaît à la lectrice, c’est d’abord le climat original et l’écriture méthodique de Marjorie Celona. Elle décrit, avec beaucoup de détails, une société moderne et malade, pleine de marques, de commerces et de malbouffe où le temps s’écoule lentement; une ambiance très particulière, glauque et ordinaire mais d’un réalisme saisissant. Les personnages sont, en grande partie, des inadaptés sociaux, des désoeuvrés ou des gueules cassées qui, grâce à leurs imperfections, sont souvent attachants. Shannon est notre narratrice, notre héroïne, et nous la suivons de sa naissance au jour de ses dix-sept ans. Alors que pour la plupart des gens, la vie est faite de nombreuses possibilités, la vie de Shannon est faite de nombreuses impossibilités. Certains ont de la chance dans la vie, d’autres pas; c’est ce que l’auteure souligne tout au long du roman. L’intrigue est judicieusement bien construite car elle retrace la vie de cette jeune fille parallèlement à celle de sa mère Yula. L’héritage maternel, le déterminisme social et la famille dysfonctionnelle sont les grands thèmes traités par Marjorie Celona. De familles d’accueil en famille d’accueil, Shannon va subir la maltraitance, l’abus et, une nouvelle fois, l’abandon. Ce qui frappe, c’est le désordre qui règne dans la vie de Shannon et dans ce roman insolite. Entres les chats, le chien Winkie et les frites du McDo, Shannon se trouve moche: « un Schtroumpf avec un oeil qui foire ». Cette gamine émouvante, pour laquelle nous ressentons beaucoup d’empathie, traîne son mal être et cherche ses origines jusqu’au jour où…un roman borderline, coup de coeur! Grand Prix de l’Héroïne « Madame Figaro », 2014.

La petite communiste qui ne souriait jamais. L. Lafon

La petite communiste qui ne souriait jamais

Voici un roman singulier qui retrace librement le parcours d’une petite fée roumaine: Nadia Comaneci. Cette petite gymnaste, qui ne souriait jamais, est le produit du système communiste de Ceausescu. A cette époque, la Roumanie est une prison et son peuple crève de faim. Les rationnements, les dénonciations, la surveillance et la peur de la Securitate favorisent pourtant la solidarité et les rassemblements. Après un énorme travail de documentation, l’auteure se lance dans un dialogue imaginaire avec Nadia Comaneci. En quête de vérité, Lola Lafon cherche à saisir l’icône évanescente sans jamais y parvenir. Son écriture acérée épouse la forme du sujet: le corps maîtrisé et le mouvement. Tout au long du roman, la lectrice oscille entre la dichotomie des clichés Est/Ouest. Le talent de Lola Lafon est de nous montrer, ici, toutes les facettes et contradictions de ce bras de fer à travers des images contrastées. L’image de Nadia Comaneci, enfant adulée dans une aura de magnésie, se froisse au fil des pages. La jolie petite fille asexuée ne devait pas grandir; Lola Lafon tente également de comprendre la violence des propos des commentateurs sportifs de l’époque. Finalement, c’est le parallèle entre le parcours de Nadia Comaneci et la révolution roumaine qui passionne. Ce roman est rouge comme le sang des femmes surveillées par la police des menstruations; rouge comme la honte de Nadia dans sa lutte hormonale; rouge comme la lumière des églises illuminant les icônes; rouge comme son rouge à lèvres des soirées d’excès…Bon moment de lecture. Grand Prix de l’Héroïne Madame Figaro, 2014. Prix de la Closerie des lilas, 2014. Prix Littéraire d’Arcachon, 2014. Prix des lecteurs de Levallois, 2014. Prix Ouest-France Etonnants Voyageurs, 2014.

Confiteor. J. Cabré

Confiteor

J’attendais beaucoup de ce livre épais (sept cent pages) qui m’est finalement tombé des mains. Confiteor! Ce roman confession ne s’adresse certainement pas à tout le monde car Jaume Cabré écrit, ici, des morceaux de mémoire sans cohérence évidente et il faut être une très bonne lectrice pour suivre le narrateur au fil des pages. L’auteur nous tutoie, vouvoie, passe du « je » au « il » et nous entraîne dans des récits, des époques (Inquisition, Franquisme, Shoah…) trop variés. La liste des personnages est, elle aussi, bien trop longue. La lectrice se retrouve plongée dans une sorte de chaos épuisant tant l’amplitude du roman est grande. Pourtant, la vie intime d’Adria Ardevol, et de ses parents antiquaires, captive au cours des premiers chapitres. Nous suivons l’histoire, brouillée, de cette famille espagnole depuis les années cinquante jusqu’à nos jours avec un certain enthousiasme et une bonne dose de suspense. Adria est un personnage surdoué et attachant comme son ami Bernat. Sa foi en l’Art est un thème qui passionne comme remède face au mal. L’histoire de son violon Storioni est réellement attrayante et sert de fil rouge à la lectrice, avant de le perdre. D’ autres thèmes sont abordés comme ceux de la culpabilité, du mensonge, du secret, du mal, de l’enfance, de l’amour…dans ce roman démesuré.

Le bonheur s’apprend, la santé aussi. Dr. G. Leborgne

Le bonheur s´apprend, la santé aussi. La médecine officielle et les autre médecines : pour y voir clair

Un petit livre, plein de bon sens, à propos de la médecine et les remèdes naturels. Comment se soigner? Comment prévenir la maladie? En partant du témoignage du peuple Hounza, qui ignore la maladie, l’auteur nous parle de bonheur et de santé et nous transmet sa longue expérience de médecin. Illustrée par de nombreuses anecdotes de  patients, sa démarche consiste à nous aider à participer à notre santé en nous sensibilisant aux différentes approches médicales. Un livre ponctué de « récréations » et de dessins qui a été écrit avec une bonne dose d’humour. Beaucoup de répétitions utiles qui ne lassent jamais la lectrice. Un manuel de médecine naturelle à garder dans son armoire à pharmacie.

Le dragon du Trocadéro. C. Izner

Le dragon du Trocadero par Izner

Sous le pseudonyme de Claude Izner, se cachent deux sœurs qui publient, ici, leur douzième roman policier. La lectrice retrouve Victor Legris pour une nouvelle enquête dont la toile de fond est l’Exposition Universelle de 1900, à Paris. Un homme est abattu d’une flèche en plein cœur, juste après avoir reçu une mystérieuse lettre. Un peu plus tard, plusieurs clients d’un hôtel parisien meurent dans des circonstances étranges. Entre alors en scène : Victor Legris…Ce roman est, avant tout, une reconstitution historique passionnante ; son atout majeur. Petit bémol, la lectrice se perd parfois dans une nuée de détails. Cependant, le suspense est particulièrement bien amené et nous conduit au bout d’une enquête rocambolesque dont le rythme est soutenu. Grâce à l’énorme travail de recherche, le duo Claude Izner reconstitue une atmosphère particulière qui nous plonge dans la Belle Epoque, du côté du Trocadéro. Bon moment de lecture.

Le fil des souvenirs. V. Hislop

Le fil des souvenirs

Après le succès mérité de son premier roman « l’île des oubliés » , Victoria Hislop publie, ici, une fresque historique qui retrace l’histoire de Thessalonique et de la Grèce de 1917 à nos jours. Ce livre de 545 pages ne se lit pas d’une traite. Comme sur celui de la couverture, la lectrice embarque à bord d’un paquebot pour une longue traversée historique. L’énorme travail de recherche représente le grand mérite de ce livre. Nous découvrons l’histoire méconnue de Thessalonique, ville qui fut déchirée, au fil du temps, par un immense incendie, la guerre, la haine des autres, l’exil, le séisme…Les destins des personnages comme Olga, Léonidas, Katerina, Dimitri, Kyria, Kyrios… se croisent et se lient dans cette saga à rebondissements. La lectrice a rencontré une certaine difficulté à entrer dans le roman qui débute par un incendie interminable. Certains passages captivent; d’autres ressemblent à un documentaire. Cependant, il s’agit d’un bon roman car il nous projette dans un univers très visuel qui défile tel un film. Pourtant, malgré son style romanesque, il manque de profondeur et inflige trop d’actions et de faits à la lectrice. Beaucoup de thèmes sont soulevés comme celui de la transmission, du secret, de la fraternité,de l’amour, du travail…Tous les détails qui nous renseignent à propos des moeurs et traditions, recettes culinaires et vocabulaire sont évidemment très intéressants. La qualité principale de ce roman est de nous renseigner pas de divertir. Une histoire aussi complexe que les points de broderie des « modistras ».  Long moment de lecture.

Rosa Candida. A. A. Olafsdottir

Après la parution des romans, « l’exception » et « l’embellie », il fallait absolument lire le premier roman d’Audur Ava Olafsdottir devenu, entretemps, un bestseller. Après lecture, je le trouve différent des deux autres romans car mieux écrit, plus abouti. En effet, ce livre est un trésor et offre aux lecteurs une palette d’émotions très variées. Arnljotur est un rouquin islandais de 22 ans, passionné d’horticulture, à la recherche de lui-même. Après la mort accidentelle de sa mère et le placement de son frère jumeau en institut, il se retrouve seul face à son père. Alors, ce jeune héros va se déraciner, comme ses boutures de rosiers, pour se reconstruire dans le jardin d’un monastère loin de l’Islande. Père d’un enfant non désiré, il suit son étoile, son lien à sa mère, sa rose pourpre à huit pétales: la rosa candida. Frère Thomas, un moine cinéphile, lui servira de guide spirituel lorsque l’imprévu surgit. La lectrice suit instinctivement cette histoire aux allures de conte moderne. Tout est plausible dans ce roman où il est question d’amour filial, de sentiments amoureux, de religion, de sexe, d’accident, de choix de vie… Le fait de ne pas nommer le pays où le narrateur part s’installer est, pour la lectrice, le seul bémol car ce manque de repères déroute. Le roman est, cependant, très réussi car il traite de thèmes actuels avec douceur et intelligence. Comme dans ses autres romans, l’auteure nous incite à nous poser les bonnes questions. Les notes poétiques et métaphoriques ajoutent une touche lumineuse à cette fiction initiatique. Excellent moment de lecture.

Wiggins et le perroquet muet. B. Nicodème

Wiggins et le perroquet muet par Nicodème

Le ministère de l’Education nationale (France) a sélectionné ce petit roman policier pour nos enfants de 10 à 12 ans. Ceux ci apprécient l’intrigue de ce livre doté d’un lexique de vocabulaire et d’une carte géographique pour faciliter la compréhension. A Londres, en 1889, un jeune garçon pauvre offre ses services de détective à Sherlock Holmes car une jeune femme a été étranglée, deux jours après avoir reçu un joli perroquet empaillé. L’enquête commence. La manière dont l’auteure écrit ce livre social et réaliste, en se mettant à la hauteur des jeunes lecteurs, est remarquable. Une excellente invitation à découvrir un roman policier en édition jeunesse.

Le silence de ma mère. A. Silber

Le Silence De Ma Mère de Antoine Silber

Premier roman d’Antoine Silber. Un roman, et non un récit, pour raconter son histoire personnelle au plus près de la vérité. En toile de fond, nous nous replongeons dans la France des années cinquante. Les parents d’Antoine Silber se rencontrent juste avant la seconde guerre mondiale mais les circonstances ne sont pas favorables. En effet, son père est juif et le mariage se fait contre l’avis des deux familles. Quatre enfants vont naître de cette union. L’auteur grandit dans une maison près de Paris, à l’ombre de la figure maternelle: une femme singulière qui voulait être peintre. Le désir d’un garçon pour sa mère est le thème de ce joli roman. Antoine Silber tente de reconstituer le puzzle de son histoire; la lectrice assiste aux émouvantes séances de sa psychanalyse. Par cette démarche, il cherche à comprendre son propre rapport aux femmes et esquisse le portrait de cette mère rebelle. Un roman sur le silence et le malentendu. Bon moment de lecture. 

L’Exception. A. Ava Olafsdottir

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Très belle édition pour cette fiction particulière. Un roman d’Audur Ava Olafsdottir c’est, d’abord, une atmosphère lunaire (cf « l’embellie »). En effet, les volcans et les rivières de glace qui inondent les sables d’Islande et les champs de lave donnent une couleur singulière à cette histoire. L’héroïne et narratrice est une jeune trentenaire, maman de jumeaux de trois ans. Maria est mariée depuis onze ans à Floki qui, le jour du nouvel an, fait son coming out. Il lui annonce qu’il part vivre chez son amant et collègue de travail. Après la stupeur, Maria commence à se repasser les épisodes de leur vie commune afin de comprendre. Au même moment, elle rencontre son père biologique pour la première fois. Perla, sa voisine naine et romancière, la soutient dans cette épreuve pendant qu’un autre voisin l’observe amoureusement. Dans la lueur pâle de l’hiver boréal, nous suivons l’histoire de cette mère de famille désemparée. L’auteure nous livre ses secrets d’écriture grâce au personnage de Perla et dévoile une part de son travail. Elle embarque totalement la lectrice dans son ciel nocturne de midi et décortique minutieusement les relations amoureuses compliquées. Ce qui frappe la lectrice, avant tout, c’est le calme de l’héroïne qui l’emporte sur la rancune et la haine. Un roman social écrit avec grâce et bienveillance. Excellent moment de lecture.

Les derniers Géants. F. Place

Ce livre d’aventure a été écrit par François Place et récompensé par plusieurs prix littéraires. Beaucoup de très belles illustrations dans cet album qui s’adresse aux lecteurs de 11 à 12 ans. L’esprit du livre s’inspire de l’univers de Jules Verne puisqu’il s’agit de l’histoire d’un explorateur du dix neuvième siècle. Tout commence par une promenade sur les docks de Londres et l’achat d’une dent de géant à un vieux matelot…Archibald partira, ensuite, en expédition à la recherche du peuple des géants. Ce narrateur curieux et touchant raconte magnifiquement bien son extraordinaire voyage. Un conte sur la découverte, la différence, la beauté, l’amitié mais aussi la cruauté de l’homme et la trahison.

Marie Curie. X-L.Petit

Marie Curie : Elle a découvert l'énergie nucléaire par Petit

Cette biographie de Marie Curie permet aux élèves de CM2 (6ème primaire) de découvrir une grande scientifique. Xavier-Laurent Petit nous raconte sa vie de manière chronologique et sans ennui. Il découpe en chapitres l’histoire de celle qui a découvert l’énergie nucléaire, depuis son arrivée en France en 1891 jusqu’à son admission au Panthéon (1995). Un livre à glisser entre les mains de nos enfants et à lire ensemble pour une bonne compréhension. Moment de lecture pédagogique.

 

La petite marchande de souvenirs. F. Lelord

La Petite Marchande De Souvenirs de François Lelord

Suite à la parution de ce roman en édition poche, j’ai décidé de rattraper le temps perdu. François Lelord nous raconte, ici, une très jolie histoire qui se déroule au Vietnam. Vers 1995, à Hanoi, un jeune médecin, nommé Julien, travaille pour l’Ambassade de France. En rapport avec des vietnamiens, des expatriés et des diplomates, il souhaite perfectionner la langue et suit des cours de vietnamien avec la charmante Mademoiselle Fleur. Parallèlement, il entretient une relation avec une femme médecin britannique, Cléa. Un jour, au bord du lac, il rencontre une jolie marchande de souvenirs qui porte le doux prénom de Minh Thu, « lumière d’automne » en français. Julien est partagé par ses sentiments, son désir et sa propre censure. En toile de fond, nous découvrons un pays qui commence à s’ouvrir au monde avec ses moeurs et ses pratiques; un peuple marqué par l’histoire et la guerre. Peu avant Noël, une épidémie se déclare. Nous suivons, alors, avec angoisse les ravages de ce mystérieux virus à travers le Vietnam. Quelques références littéraires viennent illustrer cette belle fiction: « le chagrin de la guerre » de Bao Ninh, la traduction de « sans famille » en vietnamien ou le livre de Kim Vân Kiêu. La question de l’influence du christianisme est soulevée. L’auteur ne souhaite pas refaire l’histoire mais questionne intelligemment par le biais de ses personnages. L’amour entre deux personnes que tout sépare est le thème central de cette invitation au voyage particulièrement poétique. Bon moment de lecture.

 

 

Belges&Buts. A. Du Bus et M. Vellut

Détails sur le produit

Voici un pur produit belge: les petites histoires des diables rouges, l’équipe nationale de football. Impossible de ne pas lire ce petit livre sans sourire et se remémorer Enzo Scifo, Jean-Marie Pfaff, Preud’Homme, Goethals etc… Anecdotes, scandales, citations hilarantes, résultats de match et quizz ponctuent ce livre bourré d’autodérision. D’un coup, la voix d’Arsène Vaillant surgit derrière les mots et les souvenirs d’enfance affluent…  Matthieu Vellut (et son compère) démontre, ici, son implacable humour de supporter. Bon moment de lecture!

La maison atlantique. P. Besson

Voici un roman moderne et efficace. Le narrateur se souvient des vacances passées avec son père dans leur maison familiale, l’été de ses dix-huit ans. Il raconte, ici, son histoire et dévoile ses pensées, ses réflexions intimes. Sa mère est morte, dans cette maison de bord de mer, quelques années auparavant. Commence alors un séjour où se trame un drame aux accents de vengeance. Entre le père et le fils, beaucoup trop d’incompréhensions et de sous entendus. Le fils est jeune, narcissique, désinvolte et rancunier tandis que le père est présenté comme un personnage puissant, prédateur, égoïste et responsable de la mort de sa femme. Philippe Besson écrit dans un style incisif, sans fioriture ni détour, et dissèque avec justesse les relations humaines. A la manière de Sarraute, il cherche, derrière les mots et les regards, une vérité. Il y a aussi un semblant de négligé, de désinvolture, comme chez Sagan dans ce roman empreint de cruauté. La lectrice entrevoit parfaitement les images de cette fiction prenante et ses personnages englués dans le piège de la trahison: deux maisons voisines entre lesquelles le désir circule dans la chaleur de l’été. Philippe Besson maîtrise le suspense, avec talent, dans ce roman tragique. Excellent moment de lecture.

Les cyprès de Patmos. A. Silber

Les cyprès de Patmos

Avant de partir quelques jours en Grèce, j’ai trouvé ce livre qui m’en apprend un peu plus sur les coutumes et traditions helléniques. Antoine Silber vient de publier ce roman où il nous raconte l’acquisition de sa petite maison blanche, un spitaki, sur l’île de Patmos. Sur fond de crise, commence alors une incroyable chronique faite d’actes notariés, de travaux, de cyprès, de peinture, d’eau, de chèvres etc…La lectrice suit Antoine et son amoureuse dans ce projet un peu fou où tout semble impossible à réaliser. Tout en racontant, l’auteur marche sur les traces de St Jean qui a vécu sur l’île. Afin de retrouver la grotte sacrée du disciple, Antoine Silber cherche des indices dans les textes anciens sous le regard étrange d’Eftimios, son voisin pope. Beaucoup d’humour, d’émotions et des personnages attachants dans cette histoire qui raconte la résurrection d’une maison, d’un lieu et d’un amour. La lectrice marche sur les chemins ensoleillés de Patmos, suivie d’un troupeau de chèvres et de leurs clochettes. Elle ressent le parfum du jasmin mêlé à l’eucalyptus et s’imagine, un instant, face à la mer Egée. Antoine Silber transmet, avec humilité, son rêve grec dans ce récit de résidence. Bon moment de lecture.

 

Le bleu des abeilles. L. Alcoba

Argentine, 1976. Laura, neuf ans, va rejoindre sa mère exilée en France. Son père, guérillero, est en prison à La Plata. Commence alors une relation épistolaire entre le père et la fille. En France, elle se lance dans la lecture du livre « la vie des abeilles » de Maurice Maeterlinck pendant que son père le lit, en espagnol, en Argentine. C’est un véritable plaisir de lectrice d’accompagner Laura dans son apprentissage du français et de suivre son combat pour perdre son accent. Laura Alcoba nous raconte son amour de la langue française, chante sa mélodie, ses onomatopées et décrit son admiration pour le « e » muet ou le « c » cédille. La cité de la voie-verte au Blanc-Mesnil ne sera pas vraiment l’appartement parisien de ses rêves. Elle nous le décrit, méticuleusement, à travers son regard d’enfant et son imaginaire. Tout au long de la lecture, les souvenirs de Laura défilent comme ses petits camarades sur le chemin de l’école: Luis, Inès, Ana, Nadine et Astrid. Beaucoup de fraîcheur et de finesse dans ce texte poétique; éloge de la langue française avant tout. La lectrice découvre avec amusement Laura Alcoba, enfant intelligente, curieuse et aimante dans son petit monde. L’écolière grandit au fil des pages et son éveil à la France est un émerveillement littéraire.

Maladie d’amour. N. Rheims

Nathalie Rheims - Maladie d'amour.

Nathalie Rheims nous avait ébloui avec son roman « laisser les cendres s’envoler » car elle y dévoilait quelque chose d’intime et sincère. Elle publie maintenant ce nouveau roman qui déçoit. L’histoire est celle de deux amies trentenaires, bourgeoises parisiennes, qui tombent amoureuses d’un chirurgien. Alice est un personnage romanesque, assoiffée d’amour alors que Camille mène une vie rangée et calme. Beaucoup trop de clichés dans ce roman qui a tout de même le mérite d’aborder un sujet méconnu: l’érotomanie. La lectrice intriguée va jusqu’au bout de sa lecture mais sans conviction.

Eloge du Chat. S. Hochet

Stéphanie Hochet - Eloge du chat.

Un essai qui nous donne une autre image de notre catus. En effet, Stéphanie Hochet traverse l’histoire et la littérature pour analyser la représentation du chat dans l’inconscient de l’homme. Entre séduction, souplesse et fascination, l’auteure nous parle de l’ambiguïté, de la liberté et de la crainte de la racine féline. L’intérêt de cet essai est de mieux comprendre la place prise par le chat dans nos sociétés, dans la littérature (« Alice au pays des merveilles », « la Chatte » etc…)  mais aussi dans le cinéma à travers divers auteurs. Un éloge qui rend hommage à notre animal domestique préféré en traitant de l’humain. Stéphanie Hochet cherche à démontrer, dans cet essai, la part divine du chat.

Léon et Louise. A. Capus

Alex Capus - Léon et Louise.

Un roman formidable qui possède beaucoup d’atouts pour vivre un bon moment de lecture. Alex Capus a publié en 2012  ce roman qui nous raconte l’histoire réinventée de son grand-père Léon. En toile de fond, nous découvrons la Normandie pendant la première guerre mondiale puis Paris sous l’Occupation avec un sens du détail particulièrement soigné. Léon rencontre Louise dans un village de Normandie, ils ont dix-huit ans. Les événements tragiques liés à la guerre, les vents contraires et le caractère indépendant de Louise vont transformer leur histoire d’amour en un éternel retour. Léon est un personnage attachant, loyal, droit et simple tandis que Louise est fantasque, drôle et franche. Yvonne est la femme de Léon, au caractère bien trempé, qui tient son rôle de manière exemplaire dans ce ménage à trois. Alex Capus nous invite à découvrir l’histoire épatante de cet amour inachevé dans un style mélancolique, doté d’un humour fin et délicat. Certaines scènes sont vraiment très drôles et d’autres tellement tristes…la palette d’émotions est absolument considérable. Les thèmes principaux sont ceux de l’amour, de la fidélité, de la véracité, de la fuite, du mariage, de la loyauté, de la famille…L’auteur décrypte, en filigrane, les relations humaines de longue durée avec justesse et profondeur. La simplicité des personnages, leur destinée sans gloire à l’échelle humaine, rend ce roman presque familier et fait parfois penser au roman « Fanfan » d’Alexandre Jardin. Un livre qui nous fait remonter le temps à bicyclette et nous plonge dans une histoire intrigante et inattendue. A lire absolument.

 

Une collection de trésors minuscules. C. Vermalle

Voici le deuxième titre de la sélection « la vie est un roman » . Au fil des premières pages, j’ai eu un peu de mal avec le style de cette auteure, le choix du vocabulaire et l’utilisation du mot « minuscule » à tout-va. Mais, au bout du compte, ce roman grand public, dont le thème principal est la quête du bonheur, s’est révélé être une agréable surprise. Les toiles impressionnistes de Monet servent de fil conducteur à la lectrice tout au long de cette chasse au trésor instructive et poétique. Beaucoup de fraîcheur, d’imagination et de créativité se dégagent de ce roman très actuel qui comporte, toutefois, beaucoup de clichés. En résumé: Frédéric Solis est un jeune avocat parisien brillant qui vit au-dessus de ses moyens, dans tous les sens du terme. Un jour, un notaire lui annonce un héritage mystérieux tandis que le vent tourne pour Frédéric…Caroline Vermalle transmet, ici, quelques recettes de bonheur et d’espoir qui font de son livre un moment réjouissant de lecture. La lectrice se laisse entraîner, au fil des pages, dans cette chasse au bonheur sans lassitude.

Deux veuves pour un testament. D. Leon

Deux veuves pour un testament

Lors d’un merveilleux voyage à Venise, un vénitien m’a parlé des romans de Donna Leon. J’ai, donc, lu la 20ème enquête du commissaire Brunetti qui vient de paraître. Ce policier était annoncé « tortueux comme les ruelles de Venise » ce que je confirme. En effet, l’auteure américaine, vénitienne d’adoption, nous livre une fiction, bien rôdée, sans effusion de sang (ou très peu) dont la chute me laisse perplexe. En résumé, une dame âgée est retrouvée morte, dans son appartement de Venise, victime d’une crise cardiaque. Pourtant, son corps porte des traces de violence ce qui éveille des soupçons. Ne se fiant qu’à son instinct, le commissaire Brunetti se lance dans une longue enquête sans véritable rebondissement. D’après moi, le véritable intérêt de ce policier se situe en toîle de fond puisque Donna Leon dénonce les travers de la société vénitienne et ses subtilités. Cette intrigue, agréable à lire, est l’occasion d’arpenter les rues de la cité des Doges et de vivre dans ce microcosme, le temps de la lecture.

Standard. N. Bouraoui

Bruno Kerjen est l’antihéros de ce roman tragique, très actuel. Bruno est un trentenaire « standard » puisqu’il est presque invisible, terne et sans ambition. Employé dans une entreprise de composants électroniques, il mène une vie pépère sans amour, sans surprise et surtout sans prise de risque jusqu’au jour où il recroise le regard de Marlène. Cette femme représentait pour Bruno, du temps du lycée, le fantasme absolu de la beauté féminine. Nina Bouraoui nous donne une représentation de la femme castratrice, toxique et manipulatrice à travers le personnage de Marlène. Et la vie de Bruno va alors basculer…mais de quel côté? Ce roman me laisse perplexe car j’ai eu l’impression de ressasser les mêmes idées, la même détresse, avant l’arrivée de Marlène. En revanche, la fin du roman ne laisse pas de place à l’ennui. La plume de Nina Bouraoui est dense, acerbe. La seule chose que je déplore c’est la vulgarité qui adhère au roman, à propos de la misère sociale et sexuelle notamment. Nina Bouraoui  est une auteure reconnue qui n’a pas besoin de trivialité pour être crédible.

Les fidélités. D. Brasseur

Diane Brasseur - Les fidélités.

Comment vivre l’adultère? Diane Brasseur se met intelligiblement dans la peau d’un homme de 54 ans qui se partage entre sa jeune maîtresse Alix (à Paris) et sa femme (à Marseille). L’homme n’est pas, à proprement parler, « un salaud »; cette histoire lui est tombée dessus. A la veille de Noël, le narrateur a programmé un voyage à New York avec sa femme, son père malade et sa fille. Doit-il quitter sa femme ou sa maîtresse? Beaucoup d’interrogations et de fantasmes dans cette fiction au style sobre. Un roman pour les femmes et surtout pour les hommes qui s’y reconnaîtront. Très bon premier roman.

Expo 58. J. Coe

Expo 58

Le nouveau roman de Jonathan Coe est une fiction truculente à l’humour British. Bien évidemment, il était impossible, pour moi, de passer à côté de ce livre dont l’intrigue se déroule au pied de l’Atomium, mon quartier natal. L’auteur nous embarque dans une comédie vintage réjouissante au moment de « l’Exposition universelle et internationale de Bruxelles », en 1958. Le héros du roman est Thomas Foley, un fonctionnaire naïf et modeste, responsable de la logistique du pavillon britannique sur le site de l’Exposition. Ce jeune trentenaire va devoir partir en mission à Bruxelles, loin de son quotidien, en laissant sa femme et sa fille à Londres. Bien documenté, Jonathan Coe reconstitue tous les éléments de cet événement historique et nous fait revivre avec grand plaisir la « Belgique joyeuse », heure de gloire du temps du roi Baudouin. Dans un climat proche de la comédie « OSS117  » notre héros se lie à une belle hôtesse belge et se retrouve, malgré lui, impliqué dans une affaire d’espionnage. Les personnages de Wayne et Radford forment, d’ailleurs, un duo irrésistible d’agents secrets à la Dupond et Dupont. Chersky, en journaliste russe mêlé au KGB, est un autre personnage mystérieux du roman lié à Emily, une jeune actrice américaine. Jonathan Coe nous livre, ici, une histoire à rebondissements pleine de stéréotypes nationaux, liés au passé, dans un décor factice et temporaire. Roman coup de coeur pour tous!

Sans oublier. A. Bois

Sans oublier

En participant à l’événement « la vie est un roman » organisé par le magazine Lire, L’Express et les éditions Belfond, j’ai rencontré des femmes passionnées et passionnantes. Le roman d’Ariane Bois est le premier de cette sélection. Rencontrer l’auteure du roman est toujours intéressant car cela permet de mieux comprendre sa démarche d’écriture. « Sans oublier » est un roman largement autobiographique. En couverture: la famille d’Ariane Bois du temps de l’innocence. La lectrice ressent beaucoup de compassion pour cette femme qui raconte, sans détour, son histoire douloureuse: suite au décès accidentel de sa mère, la narratrice plonge dans une dépression qui la mènera aux portes de la folie. Dans la seconde partie du roman, la narratrice revient sur le passé de sa mère, enfant juive cachée dans le village du Chambon-sur-Lignon. Les thèmes du secret, du hasard, de l’amour, de la maternité, du deuil et de la rédemption sont largement abordés dans ce roman qui s’adresse à toutes les mères, femmes et lectrices. Suivez la suite de cette rencontre sur Facebook: Sophie Marie Dumont.

Ratburger. D. Walliams

David Walliams - Ratburger.

Zoé a un hamster et elle rêve qu’il soit danseur de hip-hop. Un jour, en rentrant de l’école, Zoé retrouve son hamster mort. Qui l’a tué? Elle adopte, ensuite, un raton qu’elle surnomme Armitage. La belle-mère de Zoé, Sheila, entreprend de se débarrasser du rat mais c’est mal connaître Zoé…Cet autre roman à suspense de David Walliams plaît beaucoup aux pré-ados. Nous retrouvons, en toile de fond, une situation familiale très actuelle, presque dramatique. Pourtant, les personnages renvoient aux jeunes lecteurs beaucoup d’émotions et d’humour. Un bon bouclier contre les écrans!