Très beau roman psychologique sur la famille et ses secrets, ses souvenirs, ses blessures… D’emblée la lectrice assiste à des retrouvailles: au moment de la vente de la maison de famille, quatre frères et soeurs se rassemblent avec leur mère entre « quatre murs ». Dans ce roman choral, Saul, Hélène puis les jumeaux Réna et Elias prennent la parole pour revenir sur leur passé: « les souvenirs s’enracinent différemment « . Construit sur la base du chiffre quatre, ce roman nous parle d’enfance, de la perte de l’innocence tout en décryptant méticuleusement les relations fraternelles. Le style est particulièrement subtil et fluide. Chacun se retrouvera dans cette intrigue proche d’une certaine réalité familiale. Moment de lecture nostalgique.
Archives de l’auteur : Sophie Marie Dumont
Théorie de la vilaine petite fille. H. Haddad
Très jolie édition pour un roman qui s’inspire de la véritable histoire des soeurs Fox, à l’origine du spiritisme. En toile de fond, nous découvrons l’Amérique puritaine du 19ème siècle et la vie dans une petite ferme hantée de campagne puis à Rochester où les soeurs ouvrent un cabinet. Hubert Haddad décrit méticuleusement l’atmosphère, l’esprit de cette époque et des personnages mais n’arrive pas à captiver la lectrice. Le rythme de lecture est trop saccadé, interrompu par de multiples éléments et un vocabulaire alambiqué.
Tom Gates, c’est moi! L. Pichon
Un livre qui plaît à mon fils de 10 ans. Dans la même veine que le roman « journal d’un dégonflé », ce livre illustré est facile à lire. Le style est très cool et les personnages y sont particulièrement attachants. Divertissant, ce livre n’est pas de la grande littérature mais c’est une bonne alternative aux écrans! A mettre dans leurs petites mains pour un moment de lecture ludique. Prix Roald Dahl Funny Prize du meilleur roman humoristique 2011 pour la jeunesse.
La case de l’oncle Tom. H. Beecher-Stowe
Ce chef d’œuvre du dix-neuvième siècle est un plaidoyer de la cause anti-esclavagiste qui fait partie des dix œuvres littéraires classiques à lire à l’adolescence. L’histoire : Tom est un esclave noir du Kentucky vendu par son propriétaire, après un revers de fortune. Heureux au service de la famille Shelby puis chez les Saint Clare, Tom vit l’enfer chez Simon Legree. Le personnage de l’oncle Tom est particulièrement attachant. Il révèle la force de son caractère et de ses croyances malgré sa misérable vie. Ce roman reste accessible et agréable à lire, malgré son implacable réalité. Harriet Beecher-Stowe s’est basée sur de faits authentiques et les personnages sont des portraits d’après nature. A la base du roman, il y a bien la révolte de l’auteure contre l’esclavage en Amérique et contre des propriétaires chrétiens qu’elle qualifie de « despotes irresponsables ». Ce livre a été un des facteurs de l’exacerbation des tensions qui menèrent à la guerre de Sécession. Excellent moment de lecture.
Réparer les vivants. M. de Kerangal
Voici un roman rare et remarquable. Le temps d’une rotation terrestre, Maylis de Kerangal nous raconte l’histoire de Simon (19 ans) victime d’un accident de la route près du Havre. Arrivé à l’hôpital dans un coma dépassé, Simon devient un donneur potentiel d’organes mais il faut réussir à convaincre ses parents. D’un côté de la France, la mort de Simon est annoncée par étapes à une famille subitement terrassée par le chagrin. De l’autre côté, l’espoir illumine l’annonce d’une nouvelle vie à une femme en attente d’un coeur. Le style du roman est unique: Maylis de Kerangal écrit de manière chirurgicale, méticuleuse en n’omettant aucun détail. Elle nous livre une nouvelle définition de la mort dans ce roman qui traite du corps et de la greffe. Sa maîtrise narrative étonne; l’investissement est total. Le rythme est cardiaque frôlant parfois l’hyperventilation. La lectrice dispose de peu de temps pour reprendre son souffle au cours de sa lecture. Les personnages dégagent tous, à leur manière, beaucoup d’humanité. La palette de personnalités est particulièrement riche: la famille de Simon et Juliette la petite amie, la chaîne médicale de l’agence de la Biomédecine composée d’hommes et de femmes efficaces et la famille de Claire. Pour ma part, le chapitre consacré à Virgilio Breva ne me semble pas essentiel même si ce personnage joue un rôle crucial au sein de l’équipe médicale. La symbolique du coeur est singulière et magnifique dans cette histoire bouleversante. Maylis de Kerangal s’approprie magistralement « enterrer les morts et réparer les vivants » inspiré par le Platonov de Tchekhov et nous livre un roman profond, dense, poétique mais qui n’est pourtant pas à mettre entre toutes les mains. Grand Prix RTL-Lire 2014. Prix roman des étudiants France Culture-Télérama 2014.
La bête. C. Hermary-Vieille
A partir de faits et personnages historiques concernant l’histoire de la bête de Gévaudan, Catherine Hermary-Vieille brode une histoire entre mythe et réalité. Vers 1764, le petit village de La Besseyre Sainte Marie (Lozère) est terrorisé par un animal sauvage qui attaque et tue des habitants. Rapidement, des rumeurs circulent, jusqu’à Versailles, à propos de la raison de ces attaques: résultat du châtiment divin ou d’un maître maléfique qui dresse pour tuer? Des chasses et battues sont organisées par des troupes royales. Mais d’où vient cette bête? Qui la tuera? L’auteure excelle dans sa manière de raconter cette histoire à suspense. Au fil des saisons et avec beaucoup de précision et de détails, nous voici dans un petit village de France au XVIIIème siècle.
La ballade de Lila K. B. Le Callet
Ce roman, publié en 2010, m’a totalement échappé. Mon amie Aurore vient de me le prêter en précisant: « il est bien, tu verras. » J’ai littéralement dévoré les cinquante premières pages de ce roman sur la ligne 9 du métro entre Trocadéro et Nation. Le roman débute par une scène coup de poing où des hommes en noir s’emparent de Lila (six ans) et de sa mère. Placée dans un centre, opérée et soignée, Lila grandit à l’abris du monde, loin de sa maman. Le talent de Blandine Le Callet est de distiller méticuleusement les personnages et les indices de ce roman aux allures de policier: Mr Kauffmann sera l’éducateur érudit; Justinien, un collègue qui se révélera en chimère; la gardienne effrayante vipère; les amis Fernand et Lucienne etc… Derrière les mots, la voix de Lila se fait entendre; elle raconte l’histoire de sa reconstitution à Milo. Amnésique, notre héroïne grandit dans un centre. Déterminée et surdouée, elle est à la recherche de son passé et de sa mère. Le thème central est bien l’amour filial entre Lila et sa mère. Le style décalé de Blandine Le Callet plaît énormément. En effet, l’histoire se passe dans une centaine d’années à Paris. Intra-muros, la sécurité est assurée par un tas de caméras et robots. En dehors, en banlieue, il s’agit de « la zone » où rien ne va plus. Il y a donc à travers ce roman une réflexion sur la société et son avenir. Mais il y a aussi des éléments comme le chat arc en ciel qui apporte indéniablement une poésie au texte. Malgré la noirceur profonde du roman, l’humour tient aussi une place prépondérante. Enfin, il est également question d’une troublante histoire d’amour qui sert de fil conducteur à la lectrice. Un roman coup de coeur! Prix du Livre numérique, prix des Bibliothèques pour tous, Prix des Lecteurs du Livre de Poche…
L’indien du placard. L. R. Banks
Omri, un jeune garçon, reçoit des cadeaux pour son neuvième anniversaire dont un petit indien en plastique et un placard miniature. Le lendemain, il découvre que l’indien est bel et bien vivant dans le placard et une belle aventure commence! Beaucoup de suspense et une bonne dose d’humour dans ce livre qu’il faut également voir dans sa version cinématographique. Une comédie familiale sur le sens des responsabilités. Conseillé vivement aux 10-12 ans!
Joe millionnaire. D. Walliams
C’est l’histoire de Joe patate, 12 ans, l’enfant d’un riche industriel qui a inventé un papier toilette révolutionnaire. Joe voudrait avoir un ami mais ça ne s’achète pas. Il tente de passer incognito et fait la connaissance de Bob, un garçon qui lui ressemble. Ce roman anglais est surprenant et traite avec humour de l’amitié et du lien entre un fils et son père. Bon moment de lecture.
Le royaume de Kensuké. M. Morpurgo
C’est l’histoire passionnante d’un garçon qui embarque avec ses parents sur un voilier pour faire le tour du monde. Une nuit, il tombe à l’eau avec son chien pendant une grosse tempête. Le lendemain, ils se réveillent sur le sable d’une île déserte. Bizarrement, chaque matin et au même endroit, il trouve des victuailles pour lui et son chien. Un mystérieux Japonais, du nom de Kensuké, devient ainsi son ange gardien. Une aventure qui captive les enfants de 10-12 ans. Un suspense bourré d’émotions. A lire au fond de son petit lit. Excellent moment de lecture.
L’été des lucioles G. Paris
Ce roman me fait penser à l’oeuvre de Pagnol: « le château de ma mère ». Gilles Paris nous plonge, ici, dans une fiction très actuelle où le héros est un garçon de neuf ans, Victor. Guidée par sa voix et ses pensées, la lectrice va le suivre tout au long de ses pérégrinations estivales. Les parents de Victor sont séparés; il vit à Bourg-en-Bresse avec deux mamans et une soeur, ce qui n’est pas banal. Sa mère biologique est libraire et blogueuse. Son père vit à Paris mais tient une place importante dans la tête et le coeur de notre petit héros. En secret, Victor observe et commente les amours de sa soeur Alicia. En vacances au Cap-Martin, il arpente le chemin des douaniers accompagné de son copain Gaspard. L’aventure commence avec la rencontre des jumeaux Tom et Nathan. La baronne Hedwige est un personnage attachant qui va permettre à Victor d’élucider quelques mystères familiaux. Un roman sur l’amitié, l’amour et les secrets de famille. Le style est enfantin; Gilles Paris prolonge son enfance à travers une écriture empreinte de tendresse, d’émotions et d’humour. Un roman comme une porte ouverte sur son jardin secret plein de lucioles.
Parfois on tombe S. Bakowski
Arrivé par la poste, ce roman, à la couverture un peu trop colorée, ne m’interpellait pas spécialement. Je décidais pourtant de le lire sans être certaine de terminer ma lecture. En résumé, Sarah est une jeune mère trentenaire qui s’épuise dans le stress de la vie active. Un jour, elle perd pied et se retrouve brutalemment séparée de sa fille de cinq ans et de son mari. Après avoir fuit son métier et en pleine dépression, Sarah prend un avion pour la Chine et part à la rencontre d’elle même et de ce pays qu’elle connaît déjà. C’est ce voyage initiatique, fait de déceptions et de petits bonheurs, qui donne de la profondeur au roman. Solène Bakowski nous raconte une histoire qui ne lasse pas et c’est là son principal atout. Comme un journal de bord, le style est parfois très direct; l’écriture étonne par sa simplicité et sa sincérité. Une expérience de vie dans laquelle beaucoup de lectrices se retrouveront. Un roman-réalité qui redonne espoir.
Moment d’un couple N. Alard
Ce roman traite principalement d’infidélité et d’abus. Juliette est ingénieur en informatique; Olivier, son mari est journaliste et ils ont deux jeunes enfants. La petite famille bobo-bohème vit à Paris sous un beau soleil jusqu’à l’annonce d’une relation adultère entre Olivier et une certaine Victoire. Nelly Alard dissèque, ici, la trahison, le glissement du désir et le combat d’un couple pour survivre à leur histoire très contemporaine, illustrée par des mails, textos etc…L’auteur porte un regard lucide et indulgent sur ses personnages et fait référence à l’affaire Marie Trintignant. Un roman haletant même si tout au long de la lecture une envie de dire « stop! » prédomine. Juliette s’obstine dans son mariage face à la trahison et laisse la situation perdurer jusqu’à agacer la lectrice. Une guerre psychologique dans un triangle amoureux classique. Prix Interallié 2013.
Pourquoi être heureux quand on peut être normal? J. Winterson
Au moment de terminer la lecture de ce roman autobiographique, j’ai vu la pièce « Sonate d’Automne » d’Ingmar Bergman au théâtre de l’Oeuvre. Rachida Brakni y joue le rôle d’Eva avec justesse et donne la réplique à Françoise Fabian dans le rôle de Charlotte, la mère. Le thème principal coïncide étonnement avec le roman puisqu’il s’agit de la relation mère-fille. Jeanette Winterson, l’auteure du livre, a connu le succès en Angleterre avec son premier roman: « les oranges ne sont pas les seuls fruits ». Dans un style proche de celui de Gertrude Stein, à qui elle fait référence, cette auteure anglaise homosexuelle écrit avec fantaisie, ironie et cruauté à propos de sa relation avec sa mère adoptive Mrs Winterson. Issue du prolétariat de Manchester, à la fin des années cinquante, l’auteure a mené plusieurs combats: la quête de ses origines, de son bonheur, de sa liberté et de sa vérité. Pour y parvenir, Jeanette Winterson donne, très tôt, une place prépondérante à la littérature, cache une bibliothèque clandestine et se réfugie à la bibliothèque municipale. Mrs Winterson,obèse, malade et proche de la démence, fait obstacle avec violence aux projets de Jeanette. La mère adoptive n’est d’ailleurs épargnée à aucun moment: son portrait de mère indigne est empreint de colère et de férocité. Jeanette Winterson nous raconte l’humiliation, les brimades et la souffrance depuis son adoption. « Pourquoi être heureux quand on peut être normal » est la réponse de Mrs Winterson lorsque Jeanette tentera de justifier son homosexualité. Eperdue de liberté, elle fuit le milieu familial hostile pour se retrouver dans des conditions matérielles particulièrement précaires. Tardivement, elle se met à la recherche de sa mère biologique et nous donne un récit sous forme d’enquête qui passionne. Ce livre est un parcours d’émancipation raconté à travers des anecdotes et souvenirs d’une femme, intellectuelle, légèrement mégalo, qui se perd parfois jusqu’à la folie. La religion, le sexe, l’identité et le temps qui passe sont des thèmes d’ importance qui captivent tout au long d’une lecture qui se situe entre tragédie et humour. Prix Marie-Claire du roman féminin 2013.
Tout cela n’a rien à voir avec moi. M. Sabolo
Voici un roman fantaisiste qui sort de l’ordinaire. Monica Sabolo décrit les fragments d’une relation amoureuse désastreuse qui causera un vrai chagrin d’amour à son héroïne M. S. (qui n’a, bien sûr, rien à voir avec l’auteure). M. S. tombe éperdument amoureuse de son collègue de travail alors que celui-ci ne s’investit pas dans leur relation. Elle cherchera alors toutes sortes de tactiques afin de trouver une réponse à son amour. Ce petit roman (couleur amour) bourré d’humour et de dérision est illustré par des sms, mms et photos. La vraie intelligence de Monica Sabolo est d’interroger ce chagrin et d’en rechercher les origines familiales. Le roman est scindé en trois parties qui en disent déjà long: de l’aveuglement, des antécédents et de l’effondrement. Chaque lecteur, lectrice, se retrouvera à un moment ou à un autre à travers la quête de cette héroïne. Un roman qui se lit très facilement dans le métro, chez soi ou en vacances. Bon moment de lecture. Prix de Flore 2013.
Il faut beaucoup aimer les hommes. M. Darrieussecq
Marie Darrieussecq publie un roman d’aventure lumineux qui se lit comme on déguste quelque chose de délicieux. Juste, passionné, clairvoyant, ce roman décrit la passion et l’attente d’une femme amoureuse. Les sentiments, les craintes, les émotions de Solange, jeune actrice française fraîchement débarquée à Hollywood, sont méticuleusement décortiqués. Lors d’une soirée jet set, elle craque pour un acteur d’origine camerounaise, Kouhouesso, porteur d’une grande idée. Elle est blanche, lui est noir. Le couple mixte va s’aimer par intermittence avec sensualité et érotisme. Solange, folle amoureuse, va suivre Kouhouesso jusqu’en Afrique, dans la forêt équatoriale, où il dirige un tournage. Ce roman traite de la différence, de l’attente et de l’amour avec intensité. Solange cherche à se miroiter dans le regard de l’homme qu’elle aime et pourtant tout fait obstacle: les arbres de la forêt, les stéréotypes, l’obstination de Kouhouesso à réaliser son idée, les malentendus etc… Beaucoup d’anecdotes et de références viennent nourrir le tissu romanesque de ce roman très actuel. Prix Médicis 2013. Coup de coeur.
La dernière fugitive. T. Chevalier
Tracy Chevalier est une spécialiste du portrait de femme. Comme dans « la jeune fille à la perle » et « prodigieuses créatures » , la lectrice est plongée dans un univers particulier. Honor Bright est une anglaise qui débarque, en 1850, en Amérique. Appartenant à la communauté des quaker, elle passe son temps à broder des quilts, prier et faire silence. Voyageant avec sa soeur vers l’Ohio, elle se retrouve brutalement seule et fait, alors, la rencontre de plusieurs personnages clés du roman: Donovan (chasseur d’esclaves), Belle (la modiste), Adam Cox, Abigail, Dorcas et surtout Jack. Tracy Chevalier dresse, ici, le portrait intime de cette « dernière fugitive » avec en toile de fond l’Amérique esclavagiste et l’industrialisation. Son style classique, très riche en détails, nous embarque par sa puissance tranquille. Lentement, nous découvrons Honor, ses doutes et ses failles. Ce roman nous raconte comment la jeune femme va évoluer en défiant sa communauté et en imposant ses choix. Très bon moment de lecture.
Esprit d’hiver. L. Kasischke
Un roman surprenant qui traite principalement de la relation mère-fille et du déni. Holly est une quadra américaine qui, avec son mari Eric, a adopté une petite fille russe. Tatiana a maintenant 15 ans et pourtant, Holly a un pressentiment: « Quelque chose les avait suivies depuis la Russie » . L’intrigue se déroule le jour de Noël,dans la maison familiale où les invités n’arriveront pas, bloqués par une tempête de neige. Eric est absent. Holly se retrouve donc en huis clos avec sa fille adoptive. Il y a quelque chose de particulier dans l’écriture de Laura Kasischke, un style tragique, morbide; un climat pour le moins étrange fait de tensions presque palpables. Beaucoup de détours dans ce roman métaphorique où la narratrice est torturée psychologiquement. La fin du thriller est saisissante, glaciale comme le blizzard qui souffle dehors. Moment de lecture vénéneux et oppressant.
Le meilleur médicament, c’est vous! Dr F. Saldmann
Après avoir vu l’interview du docteur Saldmann au 13 heures de France 2, j’ai pu constater l’intérêt de ce livre pour beaucoup de personnes. Tout le monde cherche à améliorer son capital santé. A mon tour, j’ai donc lu ce livre qui me laisse légèrement sur ma faim. En effet, Le docteur Saldmann fait référence à de nombreuses expériences de toutes sortes (longévité, dépression, guérison spontanée…) qui nous informent mais ne nous donnent pas de véritables clés pour nous soigner au quotidien. Les passages qui traitent de notre alimentation et des alicaments naturels sont les plus intéressants. Mais le chapitre qui concerne les allergies, par exemple, ne fait que soulever des questions et n’apporte pas de véritables solutions pour les soigner. Ce livre grand public nous donne finalement des conseils de bon sens, notamment à propos du sommeil, de l’alimentation, de la sexualité ou du fonctionnement du cerveau, qui viennent tout simplement renforcer nos convictions.
Cinq jours. D. Kennedy
Dire que ce roman est « le plus bouleversant » de Douglas Kennedy est, d’après moi, très exagéré. Je n’avais plus lu cet auteur depuis « Quitter le monde » (2009) pour cause d’ennui profond. Je viens de terminer son dernier roman « Cinq jours » qui, malgré quelques longueurs et beaucoup trop de dialogues, n’est pas inintéressant. Le thème de l’amour déçu est très actuel et beaucoup de lectrices vont s’y retrouver. L’histoire est celle de deux inconnus, coincés dans leurs mariages respectifs, qui vivent une passion fugace à Boston. Laura est la narratrice de cette intrigue à l’eau de rose. Ce roman, grand public, est fondamentalement américain mais supporte la traduction. Il y est question de maladie, de famille, d’adultère, de passion amoureuse, d’espoir, de reconstruction etc…Un moment de lecture agréable même si Douglas Kennedy n’arrive plus à nous captiver comme du temps de ses meilleurs romans: « L’homme qui voulait vivre sa vie » , « La femme du Vème » , « La poursuite du bonheur » …
De tempête et d’espoir. M. Dédéyan
Ce deuxième tome nous entraîne, à nouveau, aux côtés d’Anne de Montfort; héroïne à la recherche de son frère par-delà les océans. Nous voici en 1763, en Inde, du côté de Coromandel. Anne est veuve et débarque dans ce vaste pays où elle rencontre beaucoup de personnages favorables à sa quête. Loin de décevoir, ce roman est tout à fait captivant. Le travail de recherche de Marina Dédéyan semble colossal tant elle détaille avec précision les ingrédients des plats, les coutumes, les vêtements, la décoration des maisons, le plumage des oiseaux etc… Nous voici à nouveau totalement embarqués dans cette aventure de 400 pages, entrecoupée du journal de Jean, le frère d’Anne. Suspense et émotions distillés jusqu’au bout de la lecture. Un roman sur fond de fresque historique orientale. Bon moment de lecture.
Des lauriers pour Momo. Y. Hassan
Momo est un élève enthousiaste malgré une vie difficile, à la cité des Bleuets. Mais Momo est admis dans un internat et va devoir quitter sa famille. Yaël Hassan nous fait revivre ce personnage attachant sur fond de crise, de maladie, d’immigration etc… Un livre touchant pour les enfants de 8 à 11 ans qui ont lu les deux livres éponymes précédents. Momo ou comment, derrière les livres, surgit l’espérance. Bon moment de lecture.
Momo des Coquelicots. Y. Hassan
La suite de « Momo, petit prince des Bleuets. » Toujours passionné par les livres, Momo fuit son quotidien familial pour retrouver son amie Emilie et retrouver Monsieur Edouard en pensées. Pour les enfants (8-11 ans) qui aiment les histoires réalistes. Prix Chronos Suisse 2012.
Sous le toit du monde. B. Pécassou
Bernadette Pécassou publie un roman qui dévoile la face cachée du Népal, l’envers de la carte postale. En bonne journaliste, elle expose les différentes problématiques liées à ce pays qui tutoie les sommets: le vol des terres, l’émancipation des femmes, les castes, la religion, la violence, le tourisme… Le roman débute par l’authentique assassinat de la famille royale népalaise, le 1er juin 2001. L’auteure s’est, d’ailleurs, inspirée de faits réels mais aussi de vraies personnes au destin parfois tragique. Difficile de ne pas lire ce roman comme un document tant la réalité semble tangible. Bernadette Pécassou connaît bien son sujet. Certains personnages sont particulièrement attachants comme Miss Barney. Le parcours d’Ashmi, jeune journaliste népalaise, captive la lectrice. Ashmi est une jeune fille d’un milieu rural qui subitement accède à la modernité lorsqu’un rédacteur en chef lui demande de rédiger des articles pour son journal. Beaucoup de poésie, au-delà de la violence, dans ce roman qui ne laisse pas indifférent.
La garçonnière. H. Grémillon
Après « le confident », je me suis lancée dans la lecture du second roman psychologique d’Hélène Grémillon. A nouveau, la lectrice retrouve en toile de fond une situation de conflit que l’auteure essaie de reproduire avec détails et véracité. Nous sommes en Argentine, à la fin des années 80 après les années sombres de dictature. Le thème principal du roman est la jalousie amoureuse, un sentiment qu’Hélène Grémillon semble particulièrement bien connaître. Lisandra, la femme du psychanalyste Vittorio Puig, est retrouvée morte en bas de chez elle, défenestrée. Sur un air de Tango, une enquête commence pour se terminer de manière théâtrale comme dans « le confident ». La qualité principale de l’auteure est bien sa capacité à maîtriser le scénario jusqu’à la dernière page. Suspense assuré, donc, mais malheureusement de l’ennui aussi. Le roman est un peu trop épais et la lectrice se perd entre les scènes de torture insoutenable, les rites Incas et la liste des pratiques sexuelles. Trop de personnages, trop de profils de culpabilité pour brouiller les pistes. Hélène Grémillon réserve pourtant de belles émotions à la lectrice, tout au long du roman, lorsqu’elle soulève le thème de la maternité.
Le confident. H. Grémillon
Ma chère amie Nelly vient de m’offrir le deuxième roman d’Hélène Grémillon: « la garçonnière » . Avant de débuter cette lecture, j’ai eu envie de découvrir l’auteure avec son premier roman « Le confident ». Ce roman à succès (qui a obtenu 5 prix littéraires) m’a un peu déçu mais je l’ai lu entièrement car une de ses qualités est de tenir la lectrice en haleine. La toîle de fond est la seconde guerre mondiale. En effet, Camille, trentenaire, reçoit des lettres anonymes suite au décès de sa mère en 1975. Les lettres évoquent le passé de plusieurs personnages durant la guerre 40-45. Cette forme épistolaire contribue largement au suspense de ce roman psychologique dans lequel se nouent des drames intimes. Les thèmes sont ceux de la maternité, du secret, de la trahison, du conflit…Le rythme de balancier entre les différents points de vue présentés est particulièrement bien mené par Hélène Grémillon. A noter que son travail de recherche est précis et offre à la lectrice des informations précieuses à propos de la période 1938-42 en France. Vrai coup de théatre à la fin! Un roman à offrir.
Comme les amours. J. Marias
Javier Marias (figure majeure de la littérature européenne; élu à l’Académie royale espagnole en 2006) nous offre un roman profond axé sur l’amour et la mort. En se référant au Colonel Chabert de Balzac, aux Trois Mousquetaires et à Shakespaere, l’auteur disserte magnifiquement. Le roman comporte, toutefois, quelques longueurs et répétitions mais l’auteur tient la lectrice en haleine grâce à son suspense. Maria Dolz est la narratrice de cette histoire qui débute dans un café où l’éditrice madrilène prend son petit-déjeuner. Elle y observe quotidiennement, à la dérobée, un couple offrant l’image rassurante du bonheur. Après l’été, le couple n’apparaît plus: le mari, Miguel Desvern, a été sauvagement assassiné. Maria sort alors de son anonymat pour exprimer sa tristesse à Luisa, la veuve de Miguel. De manière fortuite, elle rencontre celui qui fut le meilleur ami de Miguel, Javier Diaz-Varela. Ensemble, ils entament une discrète liaison. Au fil des pages, le doute sert de moteur à cette intrigue particulièrement bien ficelée. Javier Marias nous parle d’impunité face à beaucoup de crimes, de mensonge, de trahison et de sa déception de la condition humaine qui en résulte. La difficulté de se rapprocher de la vérité et de raconter est également centrale dans ce roman intense qui donne l’opportunité à la lectrice de se forger son opinion: « la vérité n’est jamais nette, c’est toujours un embrouillement. »
Le roman de Zelda. T. A. Fowler
Zelda n’est autre que la légendaire épouse américaine de F. Scott Fitzgerald, un des plus talentueux écrivains du XXème siècle. Si vous aimez l’écrivain alors ce roman vous passionnera car il nous parle de sa vie quotidienne et de l’élaboration de son oeuvre à travers les yeux de sa femme Zelda. Intelligente et douée pour l’écriture, la peinture et la danse, cette jolie brune au caractère affirmé restera, malgré elle, dans l’ombre de son illustre mari. La vie tumultueuse du couple mythique, l’alcool, la jalousie, l’argent et la maladie apparaissent ici comme les éléments qui ont contribué à l’échec de leur mariage. La lectrice assiste, tout au long de la lecture, à la descente aux enfers des deux artistes. Ce roman, écrit notamment sur base du courrier de Zelda, est aussi un formidable témoignage qui nous renseigne sur les personnalités qui évoluaient à Saint-Germain des Prés dans les années 20 . En effet, le couple a longtemps séjourné en France. Ernest Hemingway apparaît, à son désavantage, comme un personnage central de leur vie. Therese Anne Fowler se glisse merveilleusement bien dans la peau de Zelda et nous présente un roman agréable à lire, plein de poésie, de descriptions, d’humour et d’émotions. Le destin de Zelda, épouse, mère et muse surprend et désole. Un roman qui nous parle aussi du rôle et du travail d’écrivain au début du XXème siècle.
Momo, petit prince des Bleuets. Y. Hassan
Derrière ce titre bucolique se cache la cité des Bleuets où le petit Mohamed s’inscrit à la bibliothèque. Il fait, alors, la connaissance de monsieur Edouard, un vieux monsieur avec qui Momo tisse des liens tout au long d’un été. Ensemble, ils partagent des aventures…D’après mon fils Hugo (10 ans), ce livre est tout simplement génial! Prix Chronos, Prix du Triolo, Prix de Valenciennes et Prix Pithiviers.
Avec une légère intimité. C. Malraux
Cette biographie originale de Madeleine Malraux, écrite par sa petite fille Céline, interpelle la lectrice. Sous la forme d’un journal, le livre retrace le parcours de la troisième femme d’André Malraux, sa vie de mère puis sa carrière de concertiste, de 1944 à 2011. La référence à André Malraux est presque constante au point de se demander s’il s’agit d’une biographie sommaire de l’homme illustre? Pour autant, l’ouvrage est joliment illustré de reproductions de lettres, dessins, photos… invitant la lectrice dans l’intimité de cette grande dame française qui a sacrifié sa carrière de pianiste pour sa famille avant d’être sauvée par la musique. En effet, Madeleine Malraux a malheureusement été rattrapée par des évènements familiaux tragiques. C’est donc le portrait d’une femme singulière et courageuse qui interpelle. Madeleine Malraux est une grande artiste qui a notamment travaillé aux côtés de Georges Balanchine et Isaac Stern. Elle est la témoin d’une époque où se mêlent l’histoire, l’art, la culture et la politique. Prix de l’Héroïne, Madame Figaro, 2013.