Encore vivant. P. Souchon

Encore vivant

A l’instar de Gérard Garouste, Pierre Souchon dévoile, dans ce roman autobiographique surprenant, les méandres de sa maladie. Diagnostiqué bipolaire à l’âge de vingt ans, Pierre Souchon est interné une première fois, se fait soigner et jure de ne jamais retourner à l’hôpital psychiatrique. Ardéchois, il déménage à Paris pour trouver un emploi de journaliste, rencontre Garance et l’épouse. Ces moments de plénitude vont alors l’inciter à arrêter son traitement médical. Malheureusement, quelques mois plus tard lors d’une crise maniaco-dépressive, Pierre Souchon se retrouve enfermé en asile psychiatrique, exposé une nouvelle fois au monde médical et à une panoplie de patients paranos, schizophrènes, suicidaires…des personnages hauts en couleur comme Lucas, Jim, Cédric, Mounarelle… Au cours des visites quotidiennes de son père, Pierre Souchon tente de reconstituer l’histoire de ses ancêtres sur la terre Cévenole; délires identitaires. Au fil des pages, c’est bien le regard lucide de Pierre Souchon sur sa maladie, et ses irrémédiables conséquences, qui bouleverse. Son style est plein de fureur, de démesure et d’humour. La lectrice assiste impuissante à la chute d’un homme, troublant d’intelligence, qui tente de s’accrocher: « Ecris. Une fois encore, et pour toujours, tu le sais bien, au fond que nous ne tenons qu’à coups de littérature. »  Le titre du roman « Encore vivant » est inspiré par le nom d’un séquoia à feuillage persistant: « Sempervirens ». Parution: 16 août 17. Bon moment de lecture.

Mata Hari. La dernière danse de l’espionne. P. Collas

Mata Hari, la dernière danse de l'espionne par Collas

Mata Hari est entrée dans la légende, à l’aube du 15 octobre 1917, lorsqu’elle fut fusillée à Vincennes pour haute trahison. Mais qui était Mata Hari? Philippe Collas s’emploie à retracer le parcours de cette mystérieuse danseuse néerlandaise afin de mieux comprendre sa destinée. L’auteur de cette biographie est particulièrement bien placé pour faire revivre la reine du Paris de la Belle Epoque puisqu’il est l’arrière petit-fils de Pierre Bouchardon, juge d’instruction au procès. En nous faisant pénétrer dans les mécanismes de l’espionnage et du contre-espionnage français, l’auteur cherche à nous éclairer sur cette affaire qui s’est déroulée pendant la première guerre mondiale. Véritable plaidoyer pour la défense de cette icône sulfureuse, Philippe Collas fouille méticuleusement dans les archives familiales et les archives de l’armée française pour rétablir la vérité. Il nous présente une femme incroyable, mythomane, grande séductrice polyglotte et manipulatrice. Une femme qui aimait un peu trop l’uniforme. Bon moment de lecture.

PAMELA. Stéphanie des Horts

Inconnue du grand public, Pamela Digby avait pourtant toutes les qualités d’une héroïne de roman. Stéphanie des Horts s’attache à faire revivre cette charmante aristocrate anglaise tant désirée par les hommes. Très jeune, Pamela épouse Randolph, fils de Winston Churchill, et lui donne un fils. Elle portera, tout au long de sa vie, le nom de cette illustre famille; laissez-passer des cercles mondains. Après son divorce, Pamela Churchill collectionne les aventures: Ali Khan, Agnelli, Sinatra, Rothschild, Murrow, Druon, Harriman…et se forge une réputation sulfureuse. La vie est une fête pour cette femme libre qui s’installe notamment à Paris, dîne chez « Maxim’s » en robe « Dior » puis danse sur un rythme de jazz au « White Elephant ». L’amour est un jeu pour cette belle rousse insouciante qui se mariera trois fois. Avec beaucoup d’audace et de culot, l’auteure romance la vie de Pamela, décrit son quotidien, ses voyages, ses pensées, ses passions… La lectrice suit cette aristocrate singulière du Blitz, où elle espionne, jusqu’à Paris où elle sera l’Ambassadrice de Bill Clinton. Sans complexe, l’auteure nous la présente comme une courtisane, une femme qui donne tout: « son corps, son cul et même son cœur ». La lecture de cette biographie romancée est agréable même si certains passages s’attardent un peu trop sur des détails anecdotiques, des cancans et des ragots agaçants. Finalement, Stéphanie des Horts nous présente une femme enjouée, une grande amoureuse qui amuse et intrigue. Bon moment de lecture.

Weidmann, le tueur aux yeux de velours. P. Randa

Weidman, le tueur aux yeux de velours par Randa

Le 22 juin 1939, à Versailles, Eugène Weidmann est le dernier condamné guillotiné en place publique.  Philippe Randa trace le portrait de cet assassin de nationalité allemande à la fois dandy et escroc désabusé. Sa beauté physique lui a valu le surnom de « tueur aux yeux de velours » . L’homme amadouait ses victimes en espérant les kidnapper pour demander une rançon. Mais sa première expérience tourne à la tragédie; Weidmann tombe inéluctablement dans la spirale du crime médiocre. L’auteur se penche, tout spécialement, sur l’enquête du juge Berry avant la condamnation finale pour six meurtres et vols qualifiés. Le magistrat cherche une vérité plus proche du contexte de l’époque: Weidmann était-il un agent nazi? Colette, la romancière et journaliste, suivra le procès de cet assassin sordide qui, pourtant, l’interpelle. Sommes nous face à un monstre, un malade ou un homme? En annexes, Philippe Randa a eu la bonne idée de glisser quelques lettres, des extraits du journal intime de Weidmann et quelques rapports d’experts afin de nous éclairer sur la personnalité de cet homme maudit. Bon moment de lecture.

Qui je suis. C. Rampling et C. Bataille

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N’espérez pas découvrir Charlotte Rampling dans ce livre qui s’apparente à un recueil de souvenirs. Pas un mot sur son métier d’actrice, ni sur les hommes de sa vie ou ses enfants…Charlotte Rampling ne se livre pas facilement mais accepte d’évoquer ses parents et son enfance nomade entre l’Angleterre et la France. Pourtant, elle confie, ici, un lourd secret: le suicide de sa soeur Sarah, en 1967. Mariée en Argentine, Sarah est tombée dans le désespoir après la naissance de son fils (dépression périnatale?). L’onde de choc atteint la famille Rampling en Angleterre. Charlotte va s’affranchir pour ne pas sombrer comme ses parents. Elle deviendra la grande actrice que nous connaissons (« Le Portier de nuit » , « Max, mon amour » , « Sous le sable » , « Swimming pool » …) . C’est donc un livre émouvant, illustré de photos intimes, que nous présente cette mystérieuse actrice avec la complicité de Christophe Bataille. Charlotte Rampling cède une ou deux pièces du puzzle de sa vie…pour mieux la deviner. Bon moment de lecture.

Fairyland. A. Abbott

Fairyland

Cette biographie n’est pas un conte de fée. Alysia Abbott nous livre son histoire personnelle à la fois tragique et singulière: une enfant élevée par un père homosexuel à San Francisco dans les années 1970. Alysia n’a que deux ans lorsqu’elle perd sa mère dans un terrible accident de voiture. Le duo père-fille va alors se former: Steve Abbott déménage à San Francisco, avec sa fille, où il va mener librement sa vie de poète et de militant homosexuel. Aujourd’hui, Alysia a rassemblé tous ses souvenirs pour redevenir cette petite fille élevée dans la culture hippie. Vingt ans plus tard, la voici qui dresse, avec tendresse, un portrait de son père énigmatique. Avec intérêt, la lectrice découvre la scène intellectuelle de San Francisco (1970 à 1990) mais aussi le combat de la communauté gay décimée par le sida. Les annotations, photos, lettres et poèmes laissés par Steve Abbott donnent de la profondeur au récit.  Alysia nous parle de sa difficulté à grandir et à trouver sa place de femme dans cette vie marginale où les rôles s’inversent de façon étonnante. Chef de file du mouvement New Narrative, Steve Abbott est mort du sida en 1992. Ce témoignage engagé a remporté le Grand Prix de l’Héroïne Madame Figaro 2015. Bon moment de lecture.

Manderley for ever. T. de Rosnay

Voici une biographie captivante de Daphné du Maurier sous la plume de Tatiana de Rosnay, très inspirée par cette romancière anglaise disparue en 1989. Pour réaliser ce portrait, Tatiana de Rosnay fait le chemin à l’envers jusqu’aux Cornouailles et nous parle, avec passion, de son auteure fétiche. La lectrice découvre une femme d’un autre temps, une auteure prolixe ( Rebecca, L’auberge de la Jamaïque, Ma cousine Rachel, Les oiseaux et autres nouvelles, La poupée etc…) mais aussi une épouse et une mère de famille complexe car Daphné du Maurier préférait parfois les murs de ses belles maisons à la compagnie des hommes. Très bien documentée, cette biographie se lit comme un roman et dévoile le côté sombre d’une auteure sensible et tourmentée. Bon moment de lecture.

Le roman de Louise. H. Gougaud

le roman de louise - gougaud

Ce livre est à la fois un roman et une biographie car il retrace chronologiquement la vie d’une figure emblématique de la Commune, Louise Michel, depuis sa naissance en 1830 jusqu’à sa mort en 1905. Dès les premières pages, l’auteur rend un vibrant hommage à « la vierge rouge », cette militante anarchiste, féministe indomptable. La plume pleine de verve, Henri Gougaud nous emmène sur les barricades de Paris au milieu des bannières et des airs de clairons. Petit bémol: la lectrice se perd parfois dans les cortèges des rues embrumées de poussière. Très tôt, Louise Michel joue à cache-cache avec la mort; elle rêve de tuer Napoléon et sera finalement emprisonnée en Nouvelle-Calédonie où elle enseignera le français aux Canaques. Derrière cet hommage, Henri Gougaud tente de nous présenter son héroïne au plus près de la réalité. Cette femme de conviction, assoiffée de justice sociale, toujours au service des autres, est aussi une femme complexe, sèche et intransigeante. Proche de Victor Hugo, lectrice de Baudelaire et amoureuse de Téophile Ferré, Louise Michel sera, tout au long de sa vie, une femme engagée qui luttera contre la misère du peuple. Grâce à Henri Gougaud, nous redécouvrons un personnage révolutionnaire hors du commun, une femme au destin romanesque. Bonus: les repères historiques, à la fin du livre. Grand Prix de l’Héroïne, Madame Figaro, 2014.

Avec une légère intimité. C. Malraux

Cette biographie originale de Madeleine Malraux, écrite par sa petite fille Céline, interpelle la lectrice que je suis. Le livre retrace, sous forme de journal, le parcours de la troisième femme d’André Malraux, sa vie de mère puis sa carrière de concertiste, de 1944 à 2011. La référence à André Malraux est presque constante au point de se demander s’il s’agit d’une biographie sommaire de cet homme illustre? Pour autant, l’ouvrage est joliment illustré de reproductions de lettres, dessins, photos… invitant la lectrice dans l’intimité de cette grande dame française qui a sacrifié sa carrière de pianiste pour sa famille avant d’être sauvée par la musique. En effet, Madeleine Malraux, privilégiée à sa façon, a malheureusement été rattrapée par des évènements familiaux tragiques. C’est donc le portrait d’une femme singulière et courageuse qui interpelle. Madeleine Malraux est, fondamentalement, une grande artiste qui a notamment travaillé aux côtés de Georges Balanchine et Isaac Stern. Inspirée par la musique de Satie dont la composition « Avec une légère intimité » justifie le titre de ce livre, elle continue aujourd’hui à se produire lors de concerts. Une biographie comme témoin d’une époque où se mêlent l’histoire, l’art, la culture et la politique. Prix de l’Héroïne, Madame Figaro, 2013.

Joseph Anton. S. Rushdie

L’autobiographie de Salman Rushdie se lit comme un roman écrit à partir de faits réels. Ce grand auteur, d’origine indienne, avait été condamné à mort en 1989 par l’Ayatollah Khomeiny suite à la publication de son livre: « les versets sataniques ». Il raconte, ici, une décennie de sa vie sous protection policière, à la troisième personne du singulier. L’auteur justifie ce choix non pas par arrogance, mais afin de prendre de la distance avec son passé et l’homme qu’il a été. Très bonne traduction, à peine perceptible. Salman Rushdie a choisi le nom de « Joseph Anton » pour rendre hommage à deux illustres auteurs et à leurs univers: Joseph Conrad et Anton Tchekhov.  En effet, pendant toutes ces années d’isolement, Salman Rushdie sera, malgré lui, un homme invisible condamné à gérer, avec intelligence, sa peur pour lui et pour ses proches. C’est un livre sur la liberté d’expression, la solitude, l’exil et l’aliénation d’un auteur qui continue à écrire et à publier malgré la Fatwa. Certains passages, notamment ceux relatant sa protection policière quotidienne, sont véritablement surréalistes. Beaucoup d’humour également, tout au long des sept cent pages comme dans l’épisode de la perruque qu’il part tester, un jour, dans les rues de Londres. Les thèmes de la honte et de l’humiliation ont une place d’importance, ici, et Salman Rushdie ne cache pas ses douleurs les plus profondes. La lectrice découvre, également, son rapport à la vie politique internationale. La France apparaît comme un soutien bénéfique à travers diverses personnalités comme Jack Lang, Isabelle Adjani ou BHL. La franchise et la sincérité rendent l’ autobiographie souvent touchante. Certaines pages semblent extraites d’un journal intime où l’on découvre l’homme, le mari, le séducteur mais aussi le fils, le frère et le père de deux garçons. A travers ces évènements, Salman Rushdie rencontre beaucoup de personnalités et relate beaucoup de faits importants et moins importants. Grâce à ses amis, l’auteur a réussi à vivre et à se cacher malgré l’épée de Damoclès qui persiste au dessus de sa tête. Une autobiographie qui ouvre les portes du microcosme de Salman Rushdie. A réserver aux initiés. Sélection Grand Prix des Lectrices du « Elle » 2013.

Michel Berger. Y. Bigot

Voici une biographie à l’américaine, on ne peut plus exhaustive. Yves Bigot maîtrise parfaitement son sujet en tant que journaliste, ex patron de Mercury, directeur des programmes mais surtout comparse de Michel Berger disparu il y a vingt ans. Au premier chapitre, l’auteur justifie ses choix, son amour pour la musique et sa volonté de ne pas prendre parti, ce qui se révèlera parfois intenable. Il retrace ensuite chronologiquement la vie de ce chanteur meurtri par l’abandon. L’auteur fait intervenir les commentaires d’artistes et personnalités qui ont côtoyé Michel Berger de la période yéyé à la controversée période rock aboutissant à l’écriture de rock symphonique et de Starmania. Compositeur, parolier, réalisateur, producteur, chanteur etc… c’était un boulimique de travail, un intellectuel racé, exigeant, discret et ambitieux qui souffrait de trop peu de reconnaissance. Il est intéressant d’apprendre qu’il a été, tout au long de sa courte vie, omnibulé par la fatalité. La période Véronique Sanson est largement exposée. Les comportements erratiques de la chanteuse nous laissent deviner la souffrance de Michel Berger face à cet amour vain.  France Gall, sa femme et mère de ses enfants lui donnera enfin une stabilité, une complicité durant de longues années même si une certaine Béatrice Grimm se glisse dans les dernières pages de cette biographie. Ce que nous pouvons regretter ici, c’est cette impression parfois désagréable de nous trouver dans un dîner mondain entre Pierre Lescure et Yves Bigot se perdant dans des détails futiles ou trop intimes. Nous n’avons pas de mal à imaginer la malveillance et les rumeurs du show-biz de l’époque. Les longues listes de chansons sont également parasitaires dans la lecture de cette biographie. Admettons cependant que ces détails permettent aussi de nous immerger totalement dans le paysage de Michel Berger. La postface de Bayon est malheureusement illisible pour une lectrice novice. Cette biographie est une saga. Il faut bien reconnaître que nous avons tous en nous quelque chose de Michel Berger.

Sagan, un chagrin immobile. P. Louvrier

Sagan  un chagrin immobile par Louvrier

Pascal Louvrier retrace la vie de Françoise Sagan en analysant méthodiquement chaque période de sa vie. Françoise Quoirez est la cadette d’une famille bourgeoise française, une petite fille gâtée qui perdra son insouciance face aux images brutales de la seconde guerre mondiale. Vive et intelligente, elle se passionne très tôt pour Proust, Rimbaud, Stendhal et publie son premier roman, « Bonjour tristesse », à dix sept ans à peine, en 1954. Mélancolique à la lucidité effrayante, sa vie se déclinera en un long désenchantement. Cette androgyne, athée, qui fait volontiers l’école buissonnière va donner un sens à sa vie en écrivant. La biographie décrit sa métamorphose dès son premier succès en librairie. Elle nous renvoie aussi  au côté réactionnaire de Sagan, à ses excès, ses drogues, ses dettes, ses amants et ses accidents de voiture. Pascal Louvrier cherche une signification à son attitude odalique et son perpétuel chagrin. Femme et mère, Sagan va lentement s’assagir. Déçue par les hommes, elle cachera son homosexualité, trop loin de ses principes éducatifs. L’auteur a recueilli des témoignages inédits de personnalités, et de son fils Denis, et fait constamment le parallèle entre l’époque Sagan et la nôtre. Il décortique intelligemment les thèmes abordés dans l’ensemble de son oeuvre. Cette biographie enrichissante fait suite au film (présenté comme caricatural par Pascal Louvrier) de Diane Kurys en 2007: Sagan. Les biographies parues précédemment sont citées en fin d’ouvrage ainsi que « les essentiels » pour les passionnés de Sagan. Cette biographie a le grand mérite de nous éclairer un peu plus sur l’évolution fulgurante d’un petit génie de la littérature française.

Brigitte Bardot, plein la vue. M.D. Lelièvre

 

Brigitte Bardot - Plein la vue

Marie-Dominique Lelièvre idolâtre l’actrice en retraçant son parcours d’enfant bourgeoise, de femme, d’actrice et de mère à ses heures. Nouvel élément pour la lectrice puisque l’auteur dévoile l’amblyopie de Brigitte Bardot qui ne voit donc que d’un oeil. Ceci explique peut-être cela. Marie-Dominique Lelièvre est tellement passionnée par son sujet qu’elle s’égare parfois au cours des pages à la recherche de la véracité d’un détail, d’une anecdote. La lectrice découvre, à travers cette biographie, une femme égocentrique qui n’a pas de limites dans sa vérité et que l’auteur excuse presque systématiquement. La liste de ses amants est aussi impressionnante que celle de Carla. Son travail, ses films et les tournages, dont le livre fait référence, sont interessants car nous renseignent sur la période des années 50-80 en France. L’auteur va jusqu’à tenter de décrire le « style BB » dans un chapitre surprenant. Elle nous parle aussi de l’autre vie de Brigitte Bardot et de son combat pour les animaux. Il y a quelque chose d’étonnement moderne dans cette biographie singulière. Sélection « Madame Figaro » Grand Prix de l’héroïne 2012.

Diane Arbus. P. Bosworth

Diane Arbus, une biographie

Une autre biographie de la photographe mais qui résonne différemment. L’auteur retrace la vie de cette petite fille juive née en 1923 à New York. Une enfance dorée pour Diane, dans sa famille propriétaire des magasins « Russek ». La jeune fille était déjà différente des autres enfants car vive et intelligente, jolie aussi. L’auteur va s’étendre longuement sur cette enfance en apportant différents éclairages. Elle fait notamment le lien entre son travail caractérisé par les « freaks » (monstres) et son attirance pour l’interdit, le différent et la mythologie. Patricia Bosworth nous donne une clé pour mieux appréhender cette photographe, son oeuvre, sa vie, ses amours et son suicide. A noter aussi qu’à travers cette biographie, la lectrice découvre d’autres artistes faisant partie de l’entourage de Diane Arbus. Quelques détails à propos de sa vie de femme et de mère nous renseignent aussi sur son parcours familial chaotique. Son talent ne sera jamais reconnu de son vivant. « Tout est dans la sensation, pas l’émotion » disait la photographe.  Un autre instantanné de cette grande artiste. Sélection « Madame Figaro » Grand Prix de l’héroïne 2012.

Elizabeth, la reine mère. W. Shawcross

Elizabeth, la reine mère

Travail méticuleux presque scolaire de l’auteur qui retrace la vie centenaire de cette reine sujette aux bronchites. A noter que cette biographie est une commande et qu’un doute subsiste au sujet des véritables origines de la reine. Notons, la richesse des détails, la précision des faits et l’humour anglais dans cette biographie. L’auteur décrit le parcours de cette aristocrate qui traversa deux guerres après une enfance idyllique passée à Glamys. La lectrice assiste aux balbutiements de son histoire d’amour avec Bertie (cf « le discours d’un roi) ainsi qu’aux naissances de ses filles. A travers des lettres et témoignages, l’auteur nous fait découvrir les moeurs de la famille royale toute entière. Elizabeth semblait être la reine idéale, proche du peuple. Elle vivait chaque jour comme si demain « elle pouvait rouler sous un gros bus rouge! » C’était la doyenne d’une vie royale bien agitée, remplie de visites officielles et obligations diverses. Derrière ce témoignage, apparaît une femme, une mère, une grand-mère drôle et digne. Sélection « Madame Figaro » Grand Prix de l’héroïne 2012.

Olympe de Gouges. Catel& Bocquet

Grand Prix de l’Héroïne Madame Figaro, 2012, catégorie Biographie.                    Belle surprise pour une biographie sous forme de BD. Le portrait en pied d’une féministe qui paya de sa vie sa déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Née Marie Gouze en 1748, cette femme résolument républicaine, s’exprimait dans le registre du théâtre d’actualité pour faire passer ses idées comme « zamor et Mirza » à propos de l’esclavage des noirs ou « le couvent » à propos des femmes condamnées à la réclusion religieuse. Olympe fut également trahie par sa réputation de libertine qui nous vaut, d’ailleurs, quelques planches coquines dans cette biographie de 400 pages. Les dessins ne représentent pas le meilleur atout du livre. Mais le soucis du détail des auteurs livre une histoire, dans l’histoire, authentique. Une belle façon de réétudier cette riche période de la révolution française.

Brune. N. Avril

Brune, moi, Flora Tristan

Nicole Avril retrace la vie tumultueuse de Flora Tristan née à Paris en 1803. Avant-gardiste, pionnière féministe, éprise de liberté, Flora va évoluer de Paris au Pérou dans une société bourgeoise où elle cherchera vainement sa place. Ce petit bout de femme se battera notamment pour la condition des ouvriers tout en cherchant à faire le lien entre socialisme et féminisme. Le style romancé de cette biographie nous aide à nous replacer dans les modes et les moeurs de l’époque. Quelques anecdotes personnelles de l’auteur viennent ponctuer le récit. Nous sommes heureux de faire la connaissance de cette femme bousculée par la vie et les hommes. Une autodidacte qui développera des théories comme celle de l’universalisme en opposition à tous les nationalismes. Une mère  qui va se battre pour la garde de ses enfants suite à un divorce particulièrement sanglant. Le portrait de cette aventurière de l’absolu nous est révélé par Nicole Avril qui nous la présente sans jamais l’enjoliver. Sélection « Madame Figaro » Grand Prix de l’héroïne 2012.

Diane Arbus-V. Binet

Diane Arbus

 

 

 

 

 

Violaine Binet retrace avec brio la vie de la photographe Diane Arbus. Méticuleusement, l’auteur replace les pièces du puzzle de sa vie. La lectrice accompagne la photographe dans son travail, jusqu’aux coulisses glauques d’un certain Manhattan. Cette biographie est agréable à lire et fait montre d’un travail de recherche détaillé. Violaine Binet va plus loin que les faits, elle tente de donner une explication au geste irréparable de l’artiste en décrivant la vie d’une femme cassée, douée mais fragile. On ressent, à travers l’écriture, la compassion de l’auteur pour cette artiste maudite. C’est aussi la reproduction d’une époque précise, ce New York d’antan, illustrée par des anecdotes se rapportant à d’autres artistes américains. A travers ce document, Violaine Binet offre une photographie sur laquelle nous découvrons le vrai visage de Diane Arbus. Bon moment de lecture. Sélection « Madame Figaro » Grand Prix de l’héroïne 2011.

Gertrude Stein- N. Satiat

 

Gertrude Stein

Biographie coup de coeur! Nadine Satiat retrace le portrait de ce personnage hors du commun en se plaçant au diapason de cette écrivaine des 19 et 20ème siècles. Gertrude Stein apparaît incroyablement moderne à travers sa maturité précoce et son intelligence. Amatrice d’Art, voyageuse, elle croisera tous les artistes du début du 20ème siècle et se fera connaître à travers son atelier de la rue de Fleurus à Paris. Beaucoup de détails et d’anecdotes enrichissent ce livre de 1238 pages qui n’est, pourtant, jamais lourd. C’est aussi un livre qui traite de l’homosexualité des femmes à cette période. Nadine Satiat a mis huit ans à écrire ce livre et mérite un accueil à la hauteur de son ambition. Elle dépoussière une artiste méconnue qui nous subjugue dès les premières pages. Biographie d’une densité incroyable, bouleversante d’intelligence. Gertrude Stein est définitivement une artiste américaine surdouée, une héroïne de la vie et de la guerre. Nadine Satiat est, dans la vie, aussi enrichissante que sa biographie. Grand Prix de l’héroine « Madame Figaro » 2011. Elue meilleure biographie de l’année 2011 par le magazine « Lire ».

Françoise- L. Adler

Françoise

Grâce à Laure Adler, la lectrice fait connaissance avec Françoise Giroud qui, de par un travail de recherche important, apparaît dans toute sa dimension: une femme, une maîtresse, une amie, une mère mais aussi la co-fondatrice de L’Express. A l’aide de nombreuses anecdotes, la lectrice suit la vie de cette rebelle et referme le livre la gorge nouée. Cette biographie est un bel hommage au combat d’une femme, une part du patrimoine français. Bon moment de lecture. Sélection « Madame Figaro » Grand Prix de l’héroïne 2011.

Helena Rubinstein- M. Fitoussi

couverture

Contrairement à Picasso, Michèle Fitoussi peint avec brio le portrait de ce phénix au féminin: Helena Rubinstein. Avec un vrai soucis du détail, l’auteur retrace le destin de cette impératrice de la beauté, de la fin du 19ème au milieu du siècle dernier. D’Australie à Paris en passant par New-York, la lectrice suit cette femme amoureuse d’Art, une autodidacte. La biographie retrace l’histoire d’une marque, de ses balbutiements à son apogée, jusqu’à nos jours. Un excellent moment de lecture. Sélection « Madame Figaro » Grand Prix de l’héroïne 2011.