La Maison. E. Becker

La Maison par Becker

Fascinée par l’univers des maisons closes, Emma Becker a travaillé dans un bordel berlinois pendant deux ans afin de nous livrer son expérience. En partant d’un point de vue journalistique, la jeune française s’est glissée dans la peau d’une « pute » pour pouvoir écrire, en toute honnêteté, son autofiction. Corsetée par une éducation catholique, l’auteure s’est inventée à travers le personnage de « Justine », prostituée libre dans une maison close de Berlin. Loin de la victimisation, il est ici question du choix d’une femme qui vend son corps. Curieuse, passionnée par la littérature française du 19ème siècle, Emma Becker assume totalement la démarche artistique que représente son objet littéraire dans un style cru, franc et adroit. Comment s’exprime le désir ? Loin de l’apologie de la prostitution, l’auteure démontre qu’il est aujourd’hui possible d’exercer librement ce métier tabou dans de bonnes conditions. Les lecteurs assouviront leur propre part de curiosité dans ce roman décomplexé. Bon moment de lecture. Prix du « RomanNews » 2019, Prix du roman « Blù Jean-Marc Roberts » 2019.

Le prince à la petite tasse. E. De Turckheim

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Ce petit livre est une joyeuse découverte. Emilie De Turckheim nous raconte une expérience singulière : accueillir un réfugié dans son appartement parisien. Reza est un migrant Afghan qui fuit son pays en guerre depuis dix ans ; une décennie d’errance. Emilie, Fabrice et leurs deux enfants décident de partager leur quotidien avec Reza en lui faisant instantanément confiance. Comment communiquer avec quelqu’un qui ne parle pas la même langue ? Ensemble, ils vont partager leurs expériences, leurs coutumes, leurs croyances et quelques confidences. L’importance des mots se révèle au fil des pages de ce journal surprenant. Grâce à cette rencontre bouleversante, Emilie De Turckheim nous offre un élan de fraternité bourré d’espoir, d’humour et de curiosité. Bon moment de lecture.

J’écris ton nom. S. Sbille

J'écris ton nom par Sbille

Dans son premier roman, Sylvestre Sbille nous renvoie aux années noires de l’Occupation en Belgique et plus spécifiquement à l’attaque du convoi n°20, le soir du 19 avril 1943. Ses personnages principaux, Youra et Choura, sont deux frères juifs idéalistes qui se lancent dans la résistance. Inspiré par la réelle personnalité de Youra Livchitz, Sylvestre Sbille retrace le destin de ce médecin bruxellois, à l’origine de  l’opération de sabotage d’un train de l’enfer. La lectrice découvre le personnage de Régine, une infirmière juive, qui donne accès à l’intérieur du convoi de la mort ; l’effroi. Le regard sur Kurt Asche, responsable de la question juive, est implacable, à l’image du monstre qu’il était. Tout au long de la fiction, l’officier allemand fait régner la terreur sous son règne maléfique. Pourtant, la frontière entre les collabos et les résistants reste étonnamment floue… Avec passion et violence, l’auteur évoque une jeunesse belge éprise de liberté et d’espoir malgré l’obscurité. En perpétuel questionnement, ses réflexions viennent parfois parasiter la lecture de ce roman sombre et bouleversant. Le titre fait référence au poème de Paul Eluard dont les mots résonnent encore aujourd’hui. Bon moment de lecture.

Caitlin. A. Nihoul

Caitlin par Nihoul

Ce polar, particulièrement bien construit, vient de remporter le Prix Saga Café. « Caitlin » est le prénom de l’amour de jeunesse du narrateur : Ian. Vingt-trois ans plus tard, en apprenant la soudaine disparition de Caitlin en Ecosse, Ian rejoint l’île de Laggan pour enquêter. Épouse de Morgan, le couple a eu deux enfants et vit dans un château relevé de ses ruines. Personnage énigmatique, Morgan est l’ami d’enfance d’Ian qui est devenu un auteur à succès. Sa jolie assistante, Mairead, vient compliquer l’enquête. Mais où se trouve Caitlin ? Arnaud Nihoul nous embarque dans une fiction à suspense poétique et bien ficelée, au milieu d’une nature sauvage dominée par les embruns. Bon moment de lecture.

La Curée. E. Zola

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Ce classique d’Emile Zola se déroule sous le Second Empire, à Paris, une période faste d’amusement et de transformation de la capitale. En effet, le Baron Haussmann perce les grands boulevards, change la physionomie de la ville, favorise l’enrichissement par la spéculation et repousse les ouvriers vers les faubourgs. D’ailleurs, le titre illustre parfaitement ce dépeçage du vieux Paris. Pour Emile Zola, le Second Empire déchaîne les appétits, favorise la dépravation spéculative et politique mais aussi la dépravation des mœurs par une recherche des plaisirs et jouissances. Renée est, ici, un personnage central qui incarne la trahison. Cette belle jeune femme se retrouve enceinte après un viol. Pour cacher son malheur, sa famille organise un mariage arrangé avec Aristide Saccard qui est veuf et père de deux enfants : Maxime et Clotilde. Les époux vivent dans un luxueux hôtel particulier de la plaine Monceau. Renée fait finalement une fausse couche. Instable et frivole, elle séduit Maxime, son beau-fils. Cupide et stratège, Aristide ne se doute de rien, bien trop occupé à spéculer sur les chantiers d’expropriations de la ville. Finalement, Maxime se détourne de Renée en épousant Louise. Pour la lectrice, Renée est à l’image des fleurs exotiques qui décorent son grand salon : belles, vénéneuses et éphémères. Tout au long de sa fiction, Zola démontre l’amoralité de ses personnages, emportés par la décadence d’un règne. Ce classique nous offre une incroyable photographie de Paris, une archive de la société parisienne au XIXème siècle. Bon moment de lecture.

Le bal des folles. V. Mas

Le bal des folles par Mas

Célèbre événement du Carnaval de Paris au XIXème siècle, « le bal des folles » avait lieu, chaque année, à l’hospice de la Salpêtrière en présence de personnalités. Pour l’occasion, les malades du service de neurologie étaient déguisées en arlequins, pierrettes, gitanes ou mousquetaires. Le temps d’une soirée, les internées dansaient joyeusement parmi les convives. En effet, celles qui étaient désignées comme hystériques ou folles par leurs familles et l’équipe médicale du professeur Charcot, attendaient avec impatience ce moment libérateur de la mi-Carême. Comme dans le roman d’Anna Hope, « La salle de bal » (2017), le premier roman de Victoria Mas lève le voile sur l’internement abusif de ces femmes, dominées par la société masculine d’une époque : Eugénie qui dialogue avec les morts, Thérèse la prostituée, Louise violée par son oncle…des personnages touchants, enfermés entre les murs crasseux d’un hospice digne d’une prison. La jeune auteure nous emporte dans une fiction saisissante. Ce portrait de Paris, véritable plaidoyer pour la condition féminine est, avant tout, un hymne à la liberté. A l’instar de sa mère, Victoria Mas se distingue pour la « toute première fois » dans le monde artistique.  Bon moment de lecture. Prix Stanislas, Prix Première Plume…

Encre sympathique. P. Modiano

Encre sympathique par Modiano

Le dernier roman de Patrick Modiano (Prix Nobel de littérature en 2014) s’inscrit dans la lignée de son oeuvre : une quête d’identité et de mémoire. Le titre évoque une encre invisible qui révèle les mots sous certaines conditions ; une voile qui se déchire comme dans un rêve. Dans cette fiction, un personnage principal masculin part à la recherche d’une femme disparue : Jean se remémore une période de sa jeunesse, au moment où il enquêtait sur la disparition de Noëlle Lefebvre pour le compte du détective Hutte. Au fil des pages, la lectrice déambule dans le Paris de Modiano, d’une poste restante à certains endroits énigmatiques du 15ème arrondissement à partir de noms issus d’un mystérieux agenda. D’Annecy à Rome, Jean reconstitue peu à peu des fragments de souvenirs ; le puzzle de son passé. L’absence, l’oubli, la mémoire, l’identité…sont les principaux thèmes de ce roman très réussi, des thèmes récurrents, imprégnés d’une mélancolie modianesque. Pour couronner le tout, Patrick Modiano ne nous laisse pas complètement sur notre faim. Excellent moment de lecture.

Manifesto. L. De Récondo

Manifesto

Ce roman a connu un certain succès depuis sa publication en 2018. Dans cette fiction, et en présence de sa mère, Léonor de Récondo veille son père à l’agonie dans une chambre d’hôpital. Le roman, à la fois difficile et lumineux, alterne entre la voix de l’auteure et la parole de son père en compagnie d’Ernest Hemingway. Au cours des chapitres, les deux hommes reviennent sur leur passé commun du côté de Pampelune, en Espagne. Au début de la lecture, l’alternance des voix déconcerte mais au fil des pages, c’est la beauté de l’écriture qui nous guide. Il est bien sûr question de la mort que Léonor de Récondo regarde bien en face mais aussi de la vie. Grâce à sa plume poétique, l’auteure nous parle de beauté, d’amour, d’art et de généalogie tout au long de ce manifeste vibrant d’émotions. « Pour mourir libre, il faut vivre libre ». Bon moment de lecture.

Une bête au Paradis. C. Coulon

Une bête au paradis par Coulon

Cécile Coulon publie un nouveau roman efficace qui débute par une scène d’amour troublante et déterminante pour la suite de la lecture. « Le Paradis » est un domaine agricole où vivent et travaillent Emilienne, Louis, Blanche et Gabriel. Blanche et Gabriel, les petits-enfants d’Emilienne, ont perdu leurs parents dans un accident de voiture. Louis, le garçon de ferme, travaille comme une bête tout en étant secrètement amoureux de Blanche. La lectrice regarde vivre ces personnages, en huis clos, et suit le parcours de Blanche de son enfance orpheline à sa vie de femme. Adolescente, Blanche rencontre son premier amour, Alexandre. La jeune femme se voue à son homme tout en se désignant comme gardienne du Paradis. Plus ambitieux, Alexandre rêve d’un ailleurs, cherche à gagner de l’argent. Au fil des chapitres, Cécile Coulon explore le monde rural pour nous livrer un roman charnel où la passion mène à la folie. Sa façon de décrire le rapport du corps féminin au corps animal est une révélation. Il est question de désir, d’amour, de retour à la terre, de violence et de vengeance. Mais qui est la bête au Paradis ? Bon moment de lecture. Prix littéraire du Monde.

Deux kilos deux. G. Bartholeyns

Deux kilos deux par Bartholeyns

Gil Bartholeyns publie son premier roman, véritable plaidoyer pour la cause animale. Le titre, « Deux kilos deux », représente le poids d’abattage idéal pour pouvoir vendre un poulet en supermarché. Nous voici dans les Hautes Fagnes en Belgique, dans un décor digne des grands espaces canadiens. Dès les premières pages, la lectrice découvre un univers singulier aux résonances américaines et poétiques. C’est dans ce contexte que Sully, un inspecteur belge, se dirige vers l’exploitation avicole « Voegele » afin de réaliser un contrôle vétérinaire et mener son enquête. Sur sa route sinueuse, une tempête de neige le contraint à interrompre son voyage. Sully trouve refuge dans un routier, un « diner », où il tombe immédiatement sous le charme de Molly…Gil Bartholeyns nous bouleverse à travers ses découvertes et son enquête, parfois technique, sur l’élevage intensif. Solidement documenté, l’auteur positionne la lectrice face à ses propres incohérences et cette manière de fermer les yeux lorsqu’il s’agit de s’alimenter. Animal ou chair ? A travers cette fiction, l’auteur belge dénonce les méthodes de l’industrie agroalimentaire : vite, mal et beaucoup. Ce roman polaire offre une réflexion argumentée qui interpelle nécessairement. Bon moment de lecture.

Et soudain, la liberté. E. Pisier et C. Laurent

Et soudain, la liberté par Pisier

Ce roman est d’abord une promesse entre Evelyne Pisier et, son éditrice, Caroline Laurent. L’éditrice a terminé puis publié le manuscrit d’Evelyne Pisier, décédée avant d’avoir pu y mettre un point final. Caroline Laurent a eu raison de poursuivre l’écriture de cette histoire qui nous parle de liberté et de féminité. Au fil des pages, Evelyne Pisier raconte sa vie, à travers celle de sa mère, sur une période de soixante ans. Le roman démarre au début des années quarante en Indochine. Mona est l’épouse d’André Desforêt, un haut fonctionnaire français. Heureux en ménage, ils sont parents d’une petite Lucie. Mais la guerre contre le Japon éclate. Mona et Lucie se retrouvent prisonnières au camp d’Hanoi ; la guerre dès l’enfance. En septembre 45, la petite famille embarque précipitamment sur un paquebot en direction du sud de la France puis s’installe à Nouméa. Une nouvelle vie débute dans une autre demeure coloniale : la villa aux Oiseaux. En fréquentant la bibliothèque locale, Mona rencontre Marthe et la littérature française sous la plume de Simone de Beauvoir, Sartre puis Gide. La mère de famille donne un fils à André, l’enfant tant espéré à une époque où un garçon vaut mieux qu’une fille. Lucie commence à se poser des questions. A l’ombre des palmiers, Mona se confronte dangereusement au désir jusqu’au déchirement : le divorce. Choquée, impuissante, Lucie assiste à la séparation de ses parents puis à leur surprenant remariage. De retour en France, Lucie est une adolescente amoureuse qui s’interroge de plus en plus à propos de son éducation et des contradictions familiales. Au moment où Lucie prend son destin de femme en main, il est de plus en plus question de la place des femmes en France : l’indépendance financière, la contraception, le droit à l’avortement, l’homosexualité…Lucie s’émancipe jusqu’à Cuba où elle croise un certain Fidel Castro…Un roman à mettre entre les mains de nos adolescentes. Bon moment de lecture. Prix des lycéennes de « Elle », Prix Marguerite Duras, Prix Première Plume. 

Antonia. G. Zalapi

Antonia

Antonia est le prénom d’une jeune sicilienne qui vit à Palerme, au milieu des années soixante. Mariée et mère d’un petit garçon, la jeune femme déteste sa vie bourgeoise, étriquée. Elle éprouve une certaine difficulté à être à la fois une bonne épouse et une bonne maman. A la mort de sa grand-mère, et grâce à des archives, Antonia retrace le passé de sa famille cosmopolite tout en témoignant dans son journal (1965 à 1966). Au fil de ce roman illustré, la lectrice découvre la voix d’Antonia et les fondements de sa souffrance. Gabriella Zalapi nous projette dans une époque et une société où la femme n’était pas maîtresse de son destin. Un premier roman bouleversant, le journal d’une femme rebelle. Bon moment de lecture. Grand Prix de l’Héroïne Madame Figaro 2019.

Mrs Hemingway N. Wood

Mrs Hemingway

Saviez-vous qu’Ernest Hemingway s’est marié quatre fois avant de se suicider en 1961? L’auteure anglaise, Naomi Wood, expose une autre facette de l’écrivain mythique. Séducteur, Ernest Hemingway reproduisait invariablement le même scénario: tromper sa femme avec sa future épouse. Avec talent, et dans un style élégant, Naomi Wood donne la parole à chaque « Mrs Hemingway » : Hadley, Pauline, Martha et Mary. Au fil des pages, chacune porte un regard sur sa vie maritale et retrace un épisode du parcours d’Ernest : de la Côte d’Azur au Paris bohème des années folles en passant par la guerre d’Espagne puis à Cuba et aux Etats-Unis. Alcoolique, impulsif, menteur et infidèle, Ernest Hemingway avait pourtant le don d’attirer les femmes par sa beauté, son talent et sa personnalité. À travers ce roman, et ces quatre histoires d’amour, l’auteure nous laisse entrevoir l’homme qu’il était. Excellent moment de lecture. 

Les jours de ton absence. R. Walsh

Les jours de ton absence par Walsh

En débutant la lecture de ce roman, je dois avouer à quel point j’étais sceptique. Rosie Walsh expose, ici, les dessous d’une histoire d’amour extravagante. Fraîchement divorcée, Sarah rend visite à sa famille, en Angleterre, à la date anniversaire d’un accident de voiture meurtrier. Sur les lieux du drame, et par un drôle de hasard, Sarah rencontre Eddie. Épris, les tourtereaux vont s’aimer passionnément pendant une (longue) semaine. Puis, Eddie annonce son départ pour l’Espagne en promettant de rester en contact avec Sarah. Mais, finalement, Eddie disparaît. Persuadée que le silence d’Eddie cache quelque chose, Sarah ameute toute la population et traque le moindre signe de vie. L’entourage de la jeune femme tente de la raisonner mais celle-ci insiste très lourdement en envoyant beaucoup trop de messages. Pour la lectrice, ces deux-cents premières pages mènent à une impasse tant l’intrigue agace. La traduction n’arrange rien et la lectrice est sur le point d’abandonner la lecture. Mais, bizarrement, il commence à se passer quelque chose : la fiction s’emballe. Rosie Walsh injecte du suspense et joue avec nos émotions. Et cela marche ! Bon moment de lecture.

Vers la beauté. D. Foenkinos

Vers la beauté par Foenkinos

Je termine ma « cure Foenkinos » par ce dernier roman. L’idée de départ est assez géniale : Antoine, un professeur des Beaux-Arts de Lyon, plaque tout pour devenir gardien de salle au musée d’Orsay.  L’idée est vraiment belle. Cependant, à peine arrivé au musée, Antoine doit quitter son poste en laissant la lectrice frustrée tant il y avait, là, une opportunité de parler plus profondément de l’Art et de la beauté. David Foenkinos n’avait-il pas prouvé sa sensibilité à la beauté picturale dans son joli livre consacré à Charlotte Salomon ? L’auteur revient ensuite sur le passé d’Antoine pour mieux comprendre sa fuite, sa souffrance. Il est évidemment question de rupture sentimentale et de dépression, thèmes de prédilection de l’auteur à succès. La lectrice découvre également le personnage de Camille, une jeune étudiante attachante, douée pour le dessin. Mais Camille cache un terrible secret qui la hante. Antoine ressent la douleur de son élève. Cette sensibilité crée une réelle connivence entre ces deux personnages…Le problème c’est que cette beauté qui apaise, qui sauve le monde, n’arrive pas à sauver les personnages du roman et cette contradiction perturbe profondément la lecture. Pourquoi ne pas avoir choisi l’espérance, la consolation ou la sincérité pour parler de la beauté ? Bon moment de lecture.

Le journal d’une femme de chambre. O. Mirbeau

Qui a dit que les livres « classiques » étaient souvent barbants ? Le roman le plus célèbre d’Octave Mirbeau est, à mes yeux, instructif et captivant. À travers le journal fictif d’une femme de chambre, nommée Célestine, la lectrice découvre l’univers du personnel de maison, en France, vers 1900. Catin, capricieuse et instable, Célestine change de place comme on change de chemise. Le roman débute par son arrivée en Normandie, dans une propriété où elle est employée comme femme de chambre. Le cocher est venu la chercher à la gare, un certain Joseph. Célestine critique tout ce qui l’entoure. La jolie servante n’a pas sa langue dans sa poche, son ton amuse lorsqu’elle décrit la vie cachée de ses maîtres, leurs petites manies, les mains qui se baladent, les infidélités, la saleté…Il est question ici de déterminisme social, du statut de la femme, du couple, de religion, de sexe… Dans un style caricatural, Octave Mirbeau arrive à nous émouvoir grâce au personnage malchanceux de Célestine. Mais l’auteur nous montre également la face cachée des domestiques… Après son succès littéraire, ce roman a été, plusieurs fois, adapté au cinéma. Bon moment de lecture.

Le mystère Henri Pick. D. Foenkinos

Le mystère Henri Pick par Foenkinos

Tomber sur un « mauvais » roman c’est comme tomber de cheval, il faut immédiatement remonter en selle, lire un autre livre du même auteur. Après la lecture décevante de « Deux sœurs », j’ai décidé de lire une autre fiction de David Foenkinos : « Le mystère Henri Pick » . Impossible de se défaire d’un sourire durant les cent premières pages qui sont un vrai régal ; une réconciliation. David Foenkinos a eu l’idée géniale de nous faire découvrir « la bibliothèque des livres refusés » sur la côte bretonne. Par hasard, une éditrice parisienne y déniche une pépite : « Les dernières heures d’une histoire d’amour » dont l’auteur serait un certain Henri Pick. Curieuse, l’éditrice cherche à découvrir ce prodige et apprend qu’il s’agit du pizzaïolo de Crozon. Malheureusement, Henri Pick est mort et le mystère de sa double vie d’écrivain-restaurateur éveille de nombreuses passions. Avec humour et cynisme, David Foenkinos nous parle de l’univers de l’édition parisienne, de ses auteurs, de la fabrique d’un succès… en jouant continuellement avec les mots. Comme à son habitude, l’auteur analyse méticuleusement le mécanisme du couple en disséquant la rupture sentimentale, la passion amoureuse et ses répercussions. Dans cette intrigue drôle, David Foenkinos dévoile une autre facette de son talent. Excellent moment de lecture. 

Deux sœurs. D. Foenkinos

Deux soeurs par Foenkinos

David Foenkinos est un auteur et réalisateur français qui aborde, dans la plupart de ses romans, des thèmes captivants, populaires et dramatiques. Certaines de ses fictions ont d’ailleurs été adaptées, avec succès, au cinéma (La Délicatesse, les Souvenirs, le Mystère Henry Pick…). Cette fois, l’auteur nous raconte l’histoire tragique de deux sœurs. La cadette, Mathilde, est une jolie jeune femme qui vacille dans une grave dépression suite à une rupture amoureuse. Peu de temps après, alors qu’elle se passionnait pour son métier de professeure de français, Mathilde est mise à l’écart après avoir giflé un élève. Pour couronner le tout, la voici contrainte de quitter son appartement. David Foenkinos décrit, avec un certain talent, l’effondrement d’une femme au moment où elle enchaîne les souffrances et assiste à la rupture de son propre destin. Comme à son habitude, l’auteur analyse également le couple et ses dérèglements. Mais quand tout va mal, qui est vraiment là pour vous secourir ? Face à son immense désarroi, sa grande sœur, Agathe, décide de la soutenir en l’accueillant chez elle. Mathilde s’installe dans l’appartement familial aux côtés du bébé et du mari d’Agathe. Evidemment, la présence de Mathilde va parasiter le couple car la jeune femme se révèle jalouse, manipulatrice et envieuse du bonheur de sa sœur. Même si les deux sœurs n’ont pas beaucoup d’affinités, la lectrice assiste, écœurée, à une mise en scène caricaturale qui dévoile la bassesse humaine comme personne ne souhaite la connaître. Pourquoi David Foenkinos entraîne t-il la lectrice dans cette histoire sombre, profondément malsaine ?

Americanah Ch. N. Adichie

Americanah par Adichie

« Americanah » est un terme nigérian qui désigne quelqu’un qui est parti vivre aux Etats-Unis et qui revient au pays exactement comme le personnage principal de cet épais roman au style incisif. L’auteure nigériane raconte, ici, le parcours d’une jeune étudiante, Ifemelu, qui quitte le Nigéria pour étudier à Philadelphie. Commence alors, pour la jeune femme, une nouvelle vie d’immigrée qui se révèle compliquée. Face à son mal-être, Ifemelu se pose pour la première fois des questions à propos de son identité et la couleur de sa peau car, en Afrique, elle ne s’est jamais sentie noire. Afin de pouvoir partager ses réflexions à propos des questions raciales, politiques, culturelles…la jeune femme tient un blog qui devient populaire. Finalement, Ifemelu décide de rentrer au Nigéria où elle retrouve son grand amour Obinze. Après des années d’absence, Ifemelu rentre chez elle, dans sa patrie, mais elle doit bien admettre que tout a changé : son pays a évolué, Obinze a vieilli et elle-même est différente. Bon moment de lecture.

Les moissons funèbres. J. Ward

Les moissons funèbres par Ward

Il règne un malentendu à propos du thème principal de ce roman américain. En quatrième de couverture, la lectrice découvre le sujet : la mort de cinq jeunes hommes noirs qui sont tous morts dans des circonstances violentes au Mississippi. En réalité, il faut bien comprendre que ces décès n’ont aucun lien entre eux et que ces jeunes n’ont pas été victimes de bavures policières avant de commencer la lecture. Les amis de Jesmyn Ward sont morts à cause de la drogue, de la dépression, de la violence routière…Ce roman est, en fait, un récit autobiographique qui expose les difficultés de la communauté afro-américaine. La lectrice aime la voix poétique de Jesmyn Ward qui raconte, de manière très touchante, son enfance et sa jeunesse dans une famille déchirée. De l’encre de sa plume coulent une colère, une amertume, une tristesse profonde, une soif de revanche ; au bord de la victimisation. La force des mères, de cette communauté noire qui se battent pour leurs enfants, impressionne. L’auteure épate grâce à son parcours vers la réussite et malgré les obstacles. Tandis que les hommes de son entourage profitent, trompent et abandonnent leurs familles. Le déterminisme social, le ravage des cyclones et inondations, le racisme, les disparités sociales, l’amour et l’amitié sont les grands thèmes de ce roman bouleversant. Bon moment de lecture.

Poupée volée. E. Ferrante

Poupée volée par Ferrante

L’auteure de la saga « L’amie prodigieuse » a publié ce roman, italien et féminin, en 2009. Derrière le mystère de la réelle identité d’Elena Ferrante, se cache certainement une mère tant elle parle de la maternité avec justesse. Leda, la narratrice, est une femme au caractère bien trempé qui part seule en vacances au bord de la mer. Sur la plage, Leda observe une famille italienne dont Nina et sa petite fille Elena. Un jour, la poupée d’Elena disparaît et la petite fille reste inconsolable. La poupée n’est pas perdue, elle a été volée par Leda. Mais pourquoi ce geste ? En analysant sa conduite, Leda revient sur son passé et se souvient de sa soif de liberté, de sa difficulté à assumer son rôle de mère et d’épouse. La poupée joue ici un rôle de catalyseur. Les thèmes de la famille, du couple, de l’abandon, de la culpabilité…sont traités avec talent. Anti-héroïne, Leda apparaît comme une femme irascible et égoïste, incapable de se confronter à la frustration…tout ce qu’une femme, une mère, tente de rejeter dans sa propre existence. Excellent moment de lecture.

Armance. Stendhal

Armance par Stendhal

Si vous aussi vous connaissez une fille qui s’appelle Armance, offrez-lui le premier roman de Stendhal (1827), peu connu du grand public. Stendhal situe son roman en France, à l’époque de la Restauration. Un aristocrate, Octave de Malivert, est amoureux de sa jeune et tendre cousine : Armance de Zohiloff. L’amour est-il réciproque ? Oui mais malheureux. Octave se refuse à aimer Armance pour une raison secrète. À la suite d’un accident, il souffrirait d’un mal mystérieux. Dans un élan d’amour, les deux tourtereaux se tournent autour sans jamais réussir à atteindre leur bonheur. Héros romantique et mélancolique, Octave est incapable de se satisfaire. Naïve, Armance ne vit que pour ce bel amour et subit les humeurs de son cousin dans la souffrance. André Gide a dit à propos du roman : « De tous les livres de Stendhal, je tiens celui-ci pour le plus délicat et le plus joliment écrit. » La lectrice ne partage pas l’avis de Gide car l’impossibilité d’aimer exaspère tout au long de ce récit énigmatique.

Rue des Pâquerettes. M. Charef

Rue des Pâquerettes

Mehdi Charef publie un récit autobiographique, première partie d’une trilogie. L’auteur algérien se souvient de cette année 1962, au moment où sa famille quitte Oran pour rejoindre leur père en France. Faute de logement, la famille campe dans un bidonville de Nanterre, là où va s’entasser la main d’œuvre immigrée. La lectrice découvre l’univers de cet enfant en exil, inscrit à l’école de la rue des Pâquerettes. La voix du petit berger résonne au-delà des mots pour décrire le quotidien, la banlieue, le choc des cultures…mais aussi ce maître, monsieur Raffin, qui lui enseigne la littérature française et la poésie. Du haut de ses dix ans, le narrateur évoque, avec tendresse, son amour pour ce père qui lui a tant manqué mais aussi la souffrance de sa mère. Sur son chemin, ce narrateur, particulièrement attachant, croise quelques personnages atypiques : monsieur Grégoire, la prostituée du café, Fékir, Bao, Gwenn…Avec talent, Mehdi Charef raconte une enfance au soleil puis le déracinement, du rire aux larmes. Avec émotion, nous découvrons sa solitude, sa naïveté, sa curiosité ; le temps des premiers émois. Bon moment de lecture.

Le Balcon de Dieu. E. Ebodé

Le balcon de Dieu

Eugène Ebodé publie un réquisitoire sous la forme d’un roman. L’écrivain nous parle de la situation de Mayotte, ce département français au bord de l’implosion. Un couple idéaliste blanc, Sud-Africain, s’installe à Mayotte pour apporter son assistance à la population locale. Après quelques démarches administratives laborieuses, Donovan enseigne l’anglais à l’école et Mélania ouvre son cabinet de kinésithérapeute. Le couple s’implique, s’engage…mais jusqu’où ? Eugène Ebodé a lui même enseigné le français, durant deux ans, sur cette île paradisiaque où la nature est luxuriante et les lagons étincelants. Rapidement, le couple découvre l’envers du décor : une île française à l’abandon comme ses hordes d’enfants mahorais. Délabré, l’archipel est soumis à toutes sortes de violences climatiques et sociales : glissements de terrain meurtriers, bidonvilles insalubres, violence, manque d’infrastructures, inceste, contamination de l’alimentation par des pesticides, islam rigoriste…effaré, le couple constate à quel point les solidarités locales ne fonctionnent pas, notamment à cause du passif esclavagiste de Mayotte et de cette haine, entre communautés, qui persiste. A travers sa fiction, Eugène Ebodé rend hommage aux écrivains locaux pour que l’écriture ne déserte pas. L’auteur cherche à interpeller le lecteur mais son plaidoyer étouffe l’intrigue, le rythme du récit est saccadé. Finalement, ce roman se lit comme le discours d’un homme qui nous alerte à propos de l’état de désolation de « l’île aux parfums ».

De terre et de mer. S. Van der Linden

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Comme à son habitude, Sophie Van der Linden nous livre une fiction délicate dont le personnage principal est peintre. À la veille de la première guerre mondiale, Henri débarque sur l’île de B. pour renouer avec Youna, la femme poète qui occupe son cœur. Mais rien ne se passe comme prévu et Henri erre sur l’île où il va rencontrer quelques personnages pittoresques. Par petites touches, par image, l’auteure cisèle son texte. Au fil des pages, la lectrice découvre la beauté de l’île à travers des paysages, des sensations ; l’état d’un lieu préservé de la modernité. Comme dans un tableau de Corot ou d’Eugène Boudin, une forme de romantisme émerge de ce roman d’amour singulier. Bon moment de lecture.

La goûteuse d’Hitler. R. Postorino

La goûteuse d'Hitler par Postorino

Saviez-vous qu’Hitler utilisait des femmes allemandes pour valider sa nourriture ? En lisant un journal, Rosella Postorino découvre l’existence de Margot Wölk, la dernière goûteuse du Führer. Inspirée, l’auteure italienne nous raconte l’expérience singulière de cette femme allemande qui a risqué quotidiennement sa vie durant la Seconde Guerre mondiale. La narratrice de cette fiction puissante s’appelle Rosa Sauer. Contre sa volonté, elle va goûter les plats du Führer alors que son mari est porté disparu en Russie. Dès les premières pages, la lectrice est décontenancée par le point de vue de la narratrice : une allemande qui fréquente les nazis et tombe amoureuse d’un SS. Sans jamais porter de jugement, l’auteure nous interpelle : qu’auriez-vous fait à la place de Rosa ? En s’appuyant sur diverses anecdotes, Rosella Postorino replace Hitler dans sa position d’être humain : un homme végétarien, paranoïaque, souffrant de flatulences et d’insomnies. Dans ce roman captivant, il est question de désir, d’amour, d’amitié, de fidélité, de culpabilité…Ce livre a déjà remporté une série de Prix littéraires en Italie, certainement parce qu’il relate remarquablement l’histoire singulière d’une femme à une époque particulière de notre histoire. Excellent moment de lecture.

Un château à Ipanema. M. Batalha

Couverture Un château à Ipanema

Nous sommes à Rio de Janeiro, en 1904. L’ambassadeur de Suède et sa femme, Johan et Birgit Jansson, s’installent dans la petite station balnéaire d’Ipanema, non loin de Copacabana. Ils se font construire un château et transforment Ipanema en une destination paradisiaque et prisée. L’auteure, Martha Batalha, s’inspire de la vraie vie de ce couple loufoque pour construire son roman. La première partie du livre captive. Birgit est une femme instable, mère de trois garçons, amoureuse et aimée par son mari. Ipanema a le pouvoir d’apaiser ce couple, malgré les tempêtes. Ensemble, ils aiment se promener sur le rivage…avant le drame. Ensuite, le rythme s’emballe. Les personnages se multiplient, les péripéties aussi et la lectrice se retrouve déboussolée. Pourtant, l’auteure a le mérite de nous faire découvrir un pan de l’histoire du Brésil. Il est question d’évolution urbaine jusqu’à l’émergence des favelas mais également de l’apparition du sida dans la communauté homosexuelle et de la place des femmes dans la société. Le style de Martha Batalha est vif et coloré ; elle parsème son roman de vocabulaire brésilien et de traditions culinaires. Avec talent, elle décrit la force des sentiments, la beauté des paysages et des villes, l’intérieur d’édifices ou d’appartements…comme elle décrit le quotidien d’une famille, d’une domestique ou l’état d’un couple au bord de la rupture. Moment de lecture singulier.

Salina. L. Gaudé

Pour bien commencer cette nouvelle année, voici un roman magnifique, publié en 2018. L’univers de cette fiction est imaginaire et antique mais Laurent Gaudé s’inspire de l’Afrique et de la situation actuelle des migrants pour raconter « Salina, les trois exils ». Salina est le personnage central de cette histoire ; une enfant aux larmes de sel, recueillie par le clan Djimba. Adolescente, Salina aime passionnément Kano mais la voici contrainte d’épouser Saro qui, au contraire de l’aimer, la maltraite pour la soumettre. Un jour, Saro agonise au combat. Salina éveille la colère du clan en accablant son mari au lieu de l’apaiser. Maudite, Salina va vivre une existence d’humiliation, de rage et de colère, loin du clan, à l’orée du désert. Finalement, au milieu d’un paysage minéral et désolé, Salina meurt à son tour. Son dernier fils, Malaka, va lui chercher une sépulture ; lui offrir un dernier repos sur une île, un cimetière… Fable mystérieuse d’amour, de vengeance et de haine, ce roman est à la fois puissant et profondément bouleversant. Excellent moment de lecture.

L’autre côté du paradis. S. Koslow

L'autre côté du paradis

Sally Koslow nous plonge dans le Hollywood des années trente pour faire revivre le flamboyant Francis Scott Fitzgerald, le grand écrivain américain, auteur du splendide : « Gatsby, le magnifique ». Séparé de sa femme Zelda (internée pour problèmes psychiatriques), scénariste pour le cinéma, Scott rencontre Sheilah Graham, une jolie chroniqueuse mondaine qui revient de loin. En effet, Sheilah ne s’appelle pas Sheilah. Elle cache son identité et sa misérable enfance à Londres…Loin de la Seconde Guerre mondiale et du fantôme de Zelda, nos deux tourtereaux vont s’aimer passionnément. Pourtant, l’alcoolisme de Scott et ses nombreux déboires viendront parasiter leur grand amour. À partir de documents et journaux intimes, l’auteure a réussi à retracer, talentueusement, cette liaison romantique et chaotique. Les personnages de Scott et Sheilah sont attachants, cyniques, drôles, intelligents…Grâce au rythme, au style et à l’écriture de Sally Koslow, la lectrice entre dans l’intimité de ce couple glamour avec, finalement, l’étrange impression de l’avoir connu. Le titre est un hommage au roman : « L’envers du paradis » de….Francis Scott Fitzgerald. Le destin est ce que nous faisons de la fatalité. Excellent moment de lecture.

La cuisinière. M. B. Keane

Voici un roman américain passionnant à propos de celle qui a été désignée comme étant « la femme la plus dangereuse d’Amérique » au début du XXème siècle. Pourquoi cette femme était-elle dangereuse ? Le roman raconte l’histoire vraie de Mary Mallon, une immigrée irlandaise qui débarque à New York pour travailler comme cuisinière dans des maisons bourgeoises où, bizarrement, certaines personnes décèdent de la typhoïde. Un médecin finit par faire le lien entre Mary et la maladie. Il découvre qu’elle est, malheureusement, porteuse saine de la typhoïde.  Face à cette employée qui sème la mort, malgré elle, les autorités sanitaires américaines décident de l’isoler et donc de l’envoyer en quarantaine sur une île face à Manhattan. Grâce aux journaux de l’époque et d’autres ouvrages, l’auteure retrace le parcours d’une femme qui perd sa liberté et, son seul amour, Alfred. Ce roman à suspense passionne car il est écrit comme un thriller, une enquête à rebondissements. Le personnage de Mary est attachant par sa sensibilité, sa force, son naturel. La lectrice est constamment partagée entre injustice et interrogation. Finalement, ce roman captive et offre un regard précis sur la vie, au début du siècle dernier, des domestiques et ouvriers de New York. Excellent moment de lecture.