
Eugène Ebodé publie un réquisitoire sous la forme d’un roman. L’écrivain nous parle de la situation de Mayotte, ce département français au bord de l’implosion. Un couple idéaliste blanc, Sud-Africain, s’installe à Mayotte pour apporter son assistance à la population locale. Après quelques démarches administratives laborieuses, Donovan enseigne l’anglais à l’école et Mélania ouvre son cabinet de kinésithérapeute. Le couple s’implique, s’engage…mais jusqu’où ? Eugène Ebodé a lui même enseigné le français, durant deux ans, sur cette île paradisiaque où la nature est luxuriante et les lagons étincelants. Rapidement, le couple découvre l’envers du décor : une île française à l’abandon comme ses hordes d’enfants mahorais. Délabré, l’archipel est soumis à toutes sortes de violences climatiques et sociales : glissements de terrain meurtriers, bidonvilles insalubres, violence, manque d’infrastructures, inceste, contamination de l’alimentation par des pesticides, islam rigoriste…effaré, le couple constate à quel point les solidarités locales ne fonctionnent pas, notamment à cause du passif esclavagiste de Mayotte et de cette haine, entre communautés, qui persiste. A travers sa fiction, Eugène Ebodé rend hommage aux écrivains locaux pour que l’écriture ne déserte pas. L’auteur cherche à interpeller le lecteur mais son plaidoyer étouffe l’intrigue, le rythme du récit est saccadé. Finalement, ce roman se lit comme le discours d’un homme qui nous alerte à propos de l’état de désolation de « l’île aux parfums ».