Villa triste. P. Modiano

Ce roman publié, en 1975, est véritablement singulier. En effet, même si la lectrice retrouve quelques ingrédients récurrents chez Modiano, quelque chose de différent se dégage de cette fiction. En toile de fond, il y a la ville d’Annecy sous un soleil d’été; une ville de province surannée fréquentée par la bourgeoisie non chalante des bords du lac. Victor, le narrateur, retrace son histoire d’amour, en 1962, avec Yvonne Jacquet, une jolie femme, mannequin et actrice débutante. Pour la séduire, le narrateur se fait passer pour le « comte Victor Chmara » et jongle admirablement bien avec le mensonge. Dans un premier temps, le couple séjourne à l’hôtel L’hermitage puis dans la « villa triste » du docteur René Meinthe, un bourgeois homosexuel se faisant passer pour « la reine des Belges ». A nouveau, Patrick Modiano tente de reconstituer le passé sans vraiment y parvenir. Il situe des rues, des endroits, des cafés et se remémore des personnages avec une certaine nostalgie. Le ton est souvent léger et humoristique dans cette fiction au caractère universel. La force de l’auteur réside essentiellement dans sa capacité à reconstituer une atmosphère élégante et pleine de charme.

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